Investir au meilleur ou au pire moment n’est pas si important

De nombreux investisseurs cherchent le meilleur moment pour investir ou désinvestir. Dans un article précédent, nous avons montré qu’il est préférable de ne pas choisir quand investir ou désinvestir car, en adoptant cette approche, les investisseurs perdent en moyenne entre 1 et 1,5 point de pourcentage de rentabilité annuelle pour leur portefeuille.

D’autre part, il est courant que les investisseurs attendent le meilleur moment pour investir car il est habituel que les marchés boursiers proche de leur niveau record, et investir quand le marché est à son niveau le plus haut, cela peut donner le vertige à certains.

Dans cet article, nous voulons montrer à l’aide de données que, tant que vous conservez votre investissement sur le long terme, le moment où vous effectuez vos investissements est très peu important. Pour le démontrer, nous nous sommes inspirés de l’article « Bob the timer« , qui nous a été recommandé par notre associé et conseiller Luis Viceira. (vice-doyen de la Havard Business School).

Nous avons réalisé l’exercice suivant

  • Supposons que vous investissiez 10 mille dollars.
  • Vous les placez dans le premier fonds indexé à l’indice S&P 500 qui ait été créé, d’août 1976 à décembre 2018 (la date à laquelle nous avons réalisé cet exercice). Le nom du fonds est Vanguard 500 Index Fund (ISIN : US9229081081). La raison pour laquelle nous incluons ce fonds est qu’il s’agit d’un actif pouvant être investi alors que l’indice lui-même ne l’est pas.
  • Nous supposons qu’il y ait deux investisseurs : l’un avec une chance infaillible et l’autre avec aucune chance :
    1. Celui qui a une chance infaillible investit chaque année au point le plus bas. La probabilité que cela arrive est de 1/200 chaque année, sur 42 ans, soit (1/200)^42, moins de une chance sur 10 exp95..
    2. Celui qui n’a pas de chance investit chaque année au point le plus élevé. La probabilité que cela arrive est la même, une chance sur 10 exp95 (pratiquement 0).
  • Aucun des deux investisseurs ne vend et chaque année ils investissent 10 mille dollars en plus.
  • En 42 ans, ils ont chacun investi un total de 420 mille dollars.

A priori, on pourrait penser que le gestionnaire hyper-chanceux devrait obtenir une rentabilité beaucoup plus élevée que le gestionnaire malchanceux. En réalité, ce n’est pas le cas :

Investissement ($)

Portefeuille au 31/12/2018

Rentabilité pondérée par la valeur

Investisseur chanceux

420.000

3.206.042

7,9 %

Investisseur malchanceux

420.000

2.553.628

7,1 %

Alors que l’investisseur chanceux, qui a toujours investi au plus bas de l’année, se retrouve avec une rentabilité annuelle de 7,9 %, le malchanceux, qui a toujours investi avec le S&P500 au plus haut de l’année, obtient 7,1 %. La différence de rentabilité n’est pas très importante.

Ce qui est pertinent dans cet exemple, c’est qu’aucun des deux investisseurs ne vend. Si le malchanceux, en plus de choisir le pire moment pour investir, décidait aussi de vendre lorsque son portefeuille avait baissé de 5% ou lorsque son portefeuille retrouvait la valeur de l’investissement, alors la différence serait très importante.

Conclusion

Tant que vous conservez votre investissement, le moment où vous l’effectuez n’a que peu d’importance à long terme, et il n’est donc pas utile de consacrer du temps à essayer de choisir le meilleur moment. L’important est d’investir et de ne pas vendre après les chutes de marchés.

Les crises économiques n’impliquent pas des chutes du marché boursier

Avec l’annonce récente d’une récession technique aux États-Unis, soit deux trimestres consécutifs de baisse du Produit Intérieur Brut (PIB), certains de nos clients nous demandent si c’est le bon moment pour investir ou si, au contraire, il est préférable qu’ils attendent que la crise se calme pour poursuivre leur investissement.

Pour mieux répondre à cette question, nous avons étudié le comportement historique du marché avant et après ce type d’annonce de récession.

En conclusion générale de l’analyse, nous observons que le marché a normalement déjà chuté durant les deux premiers trimestres avec un PIB négatif, avant que la récession ne soit confirmée, et qu’en moyenne, le marché tend à remonter l’année qui suit l’identification d’une récession. Cela peut s’expliquer par le fait que c’est l’anticipation d’une récession avant qu’elle ne soit confirmée qui affecte le marché plus que la confirmation réelle d’une récession. Le marché est plus rapide à ajuster les prix des actifs financiers lorsqu’il voit des signes d’une éventuelle récession et se prépare avant de connaître les données avec certitude.

Cette conclusion renforce l’importance d’investir à long terme, avec des apports périodiques, quelle que soit la situation du marché, car personne ne peut prédire les mouvements futurs du marché.

Pour cette analyse, nous allons utiliser deux exemples. D’une part, nous allons analyser le cas des États-Unis, pays pour lequel nous avons le plus de données historiques. Nous utiliserons les données du PIB publiées par FRED (Federal Reserve Economic Data, Bank of St. Louis) depuis juin 1947 et nous observerons la performance de l’indice de référence S&P 500 jusqu’en juin 2022 en fonction des variations du PIB du pays.

D’autre part, nous avons également effectué l’analyse pour l’Union européenne, qui, en raison de sa proximité, est la région qui nous intéresse le plus. Pour ce faire, nous utilisons les données de PIB publiées par Bloomberg depuis juin 1995 et allons regarder la performance de l’indice STOXX Europe 600 (qui inclut les entreprises britanniques) en fonction de l’évolution du PIB de la région.

Rappelons que par récession, nous entendons une période composée de deux trimestres ou plus au cours de laquelle on observe une baisse du PIB. Par conséquent, la récession n’est pas annoncée jusqu’à ce qu’au moins six mois ne se soient écoulés depuis le début de la récession. De plus, les données prennent généralement environ un mois pour être publiées, nous pouvons donc techniquement être en récession jusqu’à sept mois avant de pouvoir le confirmer.

Comportement du marché américain

Aux États-Unis, onze récessions ont été enregistrées depuis juin 1947 (à l’exclusion de celle en cours), dont à huit reprises la récession a été de deux trimestres de variation négative du PIB, à deux reprises de trois trimestres négatifs et à une seule occasion de quatre trimestres en négatif (crise financière de 2008). On peut ainsi dire qu’une récession normale aux États-Unis ne dure techniquement que deux trimestres (73 % des cas).

Évolution de l'indice S&P 500 et récessions aux États-Unis

Dans le graphique ci-dessus, nous pouvons voir l’évolution de l’indice de référence S&P 500 depuis 1946 et les périodes de récession technique aux États-Unis. De l’analyse de ces données, nous pouvons obtenir le tableau suivant et tirer les conclusions suivantes :

Rentabilité moyenne du S&P 500 (%) Trimestrielle Semestrielle Annuelle
Toute la période, depuis juin 1947 2,1 4,4 9,2
Rentabilité moyenne du S&P 500 (%) 3 mois 6 mois 12 mois
Avant l’annonce d’une récession -5,2 -6,8 -3,7
Après le début d’une récession 0,6 -1,9 10,2
Après l’annonce d’une récession 2,9 11,8 22,4

Nous observons que la rentabilité moyenne avant le début d’une récession est négative et bien inférieure à la moyenne (le marché prend en compte les anticipations de récession), et qu’elle est supérieure à la moyenne après l’annonce d’une récession (lorsque la récession se confirme, elle a déjà été intégrée dans les prix du marché).

Les rentabilités ont été en moyenne de -3,7 % au cours des 12 mois précédant le début de la récession, 12,9 points de pourcentage (p.p.) en dessous de la moyenne du S&P 500 depuis 1946, qui fut de 9,2 % par an.

Au contraire, la rentabilité s’est établie en moyenne à 22,4% pendant 12 mois après l’annonce d’une récession, 13,2 p.p. au-dessus de la moyenne du S&P 500 depuis 1946 (9,2 % par an).

Ces données confirment qu’en moyenne, le marché a déjà chuté avant l’annonce d’une récession. Et, une fois les données publiées et les soupçons confirmés, la rentabilité du marché est en moyenne positive et même supérieure à la rentabilité d’une période normale.

Comportement du marché européen

Nous avons également des données sur le PIB pour l’Union européenne depuis 1995, date à laquelle les données ont commencé à être calculées. Depuis 1995, dans l’Union européenne, il y a eu trois périodes de récession technique : en 2008 (quatre trimestres consécutifs), en 2012 (six trimestres) et en 2020 (deux trimestres).

Évolution de l'indice STOXX Europe 600 et récessions dans l'Union européenne

Dans le graphique, nous pouvons observer l’évolution de l’indice de référence STOXX Europe 600 depuis 1994 et les périodes de récession technique dans la région de l’Union européenne. Bien que le temps d’étude soit plus court que dans la région des États-Unis et qu’il n’y ait que trois moments de crise dans cette période, les conclusions suivantes peuvent être tirées :

Rentabilité moyenne du STOXX Europe 600 (%) Trimestrielle Semestrielle Annuelle
Toute la période, depuis juin 1947 1,5 3,2 6,9
Rentabilité moyenne du STOXX Europe 600 (%) 3 mois 6 mois 12 mois
Avant l’annonce d’une récession -9,1 -9,7 -2,7
Après le début d’une récession -2,8 -4,4 -9,2
Après l’annonce d’une récession -9,0 -6,1 10,6

Dans cette analyse, nous voyons également que la rentabilité moyenne est négative et bien inférieure à la moyenne avant le début de la récession. Mais dans le cas européen, elle n’est positive et supérieure à la moyenne que 12 mois après l’annonce de la récession.

Les rendements ont été en moyenne de -2,7 % au cours des 12 mois précédant le début de la récession, 9,6 points de pourcentage (p.p.) en dessous de la moyenne du STOXX 600 depuis 1994, qui était de 6,9 ​​% sur un an.

Au contraire, la rentabilité s’établit en moyenne à 10,6% depuis 12 mois après l’annonce d’une récession, 3,8 p.p. au-dessus de la moyenne du STOXX 600 depuis 1994 (6,9 % par an).

Dans cette analyse, il convient de noter que la rentabilité 12 mois après le début de la récession est également négative, -9,2 %, 16,1 p.p. inférieure à la rentabilité moyenne du STOXX 600 depuis 1994 (6,9 % par an).

Si nous comparons l’Europe aux États-Unis, nous pouvons conclure qu’en période de récession, l’Europe a eu tendance à subir des baisses de marché plus prononcées que les États-Unis et que les reprises du marché n’ont pas été aussi rapides ni aussi prononcées.

Une fois de plus, nous constatons les avantages d’un portefeuille diversifié à l’échelle mondiale. Les portefeuilles de nos clients ne sont pas seulement investis dans des fonds indiciels européens, mais forment un portefeuille investi à l’échelle mondiale dans différentes régions dont les marchés font face aux turbulences économiques de différentes manières.

Conclusions et recommandations

On ne sait pas ce qui va se passer sur le marché, et encore moins à court terme. Les données montrent que les marchés ont tendance à chuter avant que les récessions techniques ne soient confirmées. Connaître la situation macroéconomique ne nous aidera donc pas à anticiper les krachs boursiers.

Les données montrent que prévoir les crises économiques avant qu’elles ne surviennent permettrait d’anticiper les krachs boursiers. Mais encore une fois, prévoir les crises économiques mieux que le marché est une tâche très complexe. Ce que nous savons, c’est qu’en essayant de le deviner les investisseurs réduisent leur rentabilité annualisée d’en moyenne 1 à 1,5 point de pourcentage par an.

Nous ne savons pas non plus si cette étude est pertinente pour l’avenir, car nous ne savons pas si le marché se comportera à l’avenir de la même manière que par le passé.

Pour autant, notre conseil en investissement est :

  • Ne pas retirer après des baisses : si nous retirons l’investissement en période de baisse des marchés, de peur de perdre de l’argent, la perte est consolidée et nous ne pourrons pas profiter des éventuelles hausses de marché qui surviennent généralement après les baisses.
  • Faire des apports périodiques : de cette façon, nous oublions le bruit et les nouvelles du marché, et nous programmons un apport récurrent. Ainsi, d’une part, nous ne nous sentons pas mal lorsque le marché ne tourne pas en notre faveur et, d’autre part, cela nous permet d’investir dans des moments de marché bas à de meilleurs prix.
  • Ne pas changer de profil de risque : il est important de ne pas réduire le profil dans ces moments d’incertitude, car à long terme cela nous fera gagner moins d’argent que si nous maintenons notre profil d’investissement, qui a été estimé sur la base des pertes maximales que nous sommes prêts à endurer.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min), afin de voir quel portefeuille nous pouvons vous proposer, ses pronostics de rentabilité, ses coûts. Sans engagement et sans devoir nous transmettre de données personnelles.

Analyse de la composition de nos portefeuilles 2022

Dans ce nouvel article, nous allons analyser et souligner les principales différences entre nos portefeuilles d’il y a quatre ans et ceux d’aujourd’hui.

Chez Indexa, nous construisons des portefeuilles en utilisant des fonds indexés mondialement diversifiés. Les portefeuilles actuels sont composés de 2 à 12 fonds d’investissement qui cherchent chacun à répliquer le comportement d’une classe d’actif, par exemple, les actions européennes ou les obligations des États-Unis.

Cette façon de voir les portefeuilles nous permet d’avoir une vue d’ensemble de l’investissement que nous faisons, bien qu’elle ne permette pas de savoir exactement dans quelles entreprises nous investissons ou à quels gouvernements nous ou entreprises nous prêtons de l’argent. Nous allons maintenant examiner les différentes expositions d’un portefeuille type et les comparer au portefeuille type que nous avions il y a 4 ans.

Pour illustrer notre propos, nous choisissons un portefeuille 6/10 pour les comptes entre 10 et 100 mille euros. Ce portefeuille investit dans les classes d’actifs suivantes :

Classe d’actif 04/2018 05/2022 Différence
Total actions 52% 52% 0%
Actions Europe 13% 12% -1%
Actions États-Unis 26% 25% -1%
Actions pays émergents 8% 6% -2%
Actions Japon 5% 4% -1%
Actions globales à petite capitalisation 0% 5% 5%
Total obligations 48% 48% 0%
Obligations d’entreprises européennes 9% 9% 0%
Obligations d’États européens 16% 13% -3%
Obligations européennes liées à l’inflation 23% 5% -18%
Obligations d’entreprises États-Unis couvertes en EUR 0% 8% 8%
Obligations d’États-Unis couvertes en EUR 0% 13% 13%

Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, il existe des différences significatives dans la pondération des différentes classes d’actif. Néanmoins, la distribution entre actions et obligations a été maintenue à 52 % et 48 % respectivement, ce qui maintient ce portefeuille à un risque moyen.

En termes de poids par actif, on note que dans les actions, la classe « Actions globales à faible capitalisation » a été ajoutée, en échange d’une diminution du poids de toutes les autres classes d’actions. Nous l’avons fait parce que nos portefeuilles n’étaient exposés qu’aux sociétés à grande et moyenne capitalisation, mais pas aux sociétés à petite capitalisation.

En ce qui concerne le poids part actif des obligations, deux nouvelles catégories d’obligations des États-Unis ont été ajoutées, l’une pour les entreprises et l’autre pour le gouvernement des États-Unis. En contrepartie, la pondération des fonds d’obligations d’État européennes et d’obligations liées à l’inflation a été réduite. Ces deux classes ont été ajoutées pour inclure une diversification entre les obligations européennes et étatsuniennes et ainsi diversifier le risque de crédit.

Vous pouvez en savoir plus à ce sujet dans notre article  » Incorporation d’obligations des États-Unis et d’actions d’entreprises à petite capitalisation« .

Émetteurs principaux

À continuation, nous allons analyser les principaux émetteurs de ce portefeuille. Un émetteur est l’entité qui émet des actions ou des obligations auxquelles les investisseurs peuvent souscrire. Il s’agit principalement de gouvernements, d’entreprises et d’entités supranationales (telles que l’Union européenne). Les 30 premiers émetteurs sont :

Ces 30 émetteurs représentent 41,9 % du portefeuille. Ce portefeuille compte 7.165 sociétés (actions) et 2.923 émetteurs d’obligations. Il s’agit donc d’un portefeuille très diversifié.

Dans les premières positions, on trouve les obligations d’État. Le premier, dont le poids est nettement supérieur aux autres, est celui des obligations d’État états-uniennes, qui représentent 13,2 % du portefeuille. Viennent ensuite les pays européens tels que la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne, qui représentent 15,4 %. Les émissions des gouvernements belge et néerlandais occupent des positions plus modestes, avec un poids combiné de 1,4 %. L’ensemble des entités supranationales que nous avons actuellement en Europe, la Banque Européenne d’Investissement, les obligations de l’Union Européenne et le Fonds Européen de Stabilité Financière, représentent également un poids important dans le portefeuille, soit 0,9 %. Les obligations d’État européennes dans leur ensemble représentent 21,8 % du portefeuille total. Le pourcentage total d’obligations d’État dans ce portefeuille est de 36,8 %.

En termes d’entreprises, les premières places sont occupées par Apple, Microsoft, Alphabet (Google) et Amazon. Les entreprises technologiques représentent 5 % du portefeuille. Par la suite, et avec de petites représentations de moins de 0,5 % par entreprise, nous trouvons des entreprises telles que Tesla, de l’industrie automobile, des entreprises financières telles que JPMorgan Chase, Berkshire Hathaway et Bank of America, les compagnies pétrolières Exxon Mobil et Shell, ainsi que des entreprises du secteur technologique telles que Taiwan Semiconductor, Nvidia, Meta Platform (Facebook) et ASML (circuits intégrés), et des entreprises pharmaceutiques telles que UnitedHealth, Johnson & Johnson, Roche et AstraZeneca.

Les seules entreprises européennes figurant dans cette liste des principaux émetteurs représentent un total de 1,8% : deux entreprises suisses, Nestlé et Roche, avec un poids total de 0,8%, l’entreprise britannique Shell, et l’entreprise néerlandaise ASML, premier producteur mondial de circuits intégrés avec un poids de 0,3 % chacune.

La seule société asiatique de cette liste est Taiwan Semiconductor, un fondeur de semi-conducteurs, qui représente 0,4 % du portefeuille.

Le graphique ci-dessous montre, par émetteur, les principales différences entre le portefeuille actuel et celui que nous avions il y a 4 ans :

Dans ce graphique, nous voyons que la principale différence est la diminution drastique du poids des obligations européennes, qui diminuent de 18,5 points de pourcentage, et l’augmentation significative de 13,2 points de pourcentage des obligations d’État des États-Unis. Cela a permis de diversifier considérablement le risque de crédit du portefeuille.

Les sociétés asiatiques telles que Tencent, Alibaba et Samsung Electronics et les sociétés financières telles que Wells Fargo et HSBC ne figurent plus parmi les principaux émetteurs du portefeuille. Et de nouveaux émetteurs tels que Tesla, Nvidia et ASML apparaissent. Il convient également de mentionner la montée en puissance des sociétés pharmaceutiques au cours de cette période, puisqu’elles apparaissent dans la liste des principaux émetteurs tels que UnitedHealth, Roche et AstraZeneca, qui n’apparaissaient pas auparavant, et qui, avec Johnson & Johnson, représentent désormais 1,2 % du portefeuille. Ce changement est dû au fait que la capitalisation des entreprises entrant dans la liste a augmenté de manière substantielle au cours de cette période et, surtout, a augmenté plus que celles qui en sortent.

Compte tenu de ce qui précède et en rappelant qu’il y a quatre ans, les 30 premiers émetteurs du portefeuille représentaient 46,7 %, nous pouvons conclure que le nouveau portefeuille est plus diversifié qu’il y a quatre ans par émetteur, par zone géographique et par classe d’actif.

Secteurs principaux

Si nous effectuons l’analyse globale par secteur pour le portefeuille actuel, nous pouvons constater que les principales positions sont occupées par les gouvernements européens (y compris les entités supranationales ou les émetteurs soutenus par des gouvernements) avec 21,8 %, le gouvernement des États-Unis avec 15,0 %, les sociétés industrielles représentant 11,7 % du portefeuille et enfin les sociétés financières et les compagnies d’assurance représentant 11,5 %.

Le graphique ci-dessous montre une comparaison du portefeuille actuel avec le portefeuille d’il y a 4 ans en utilisant la sectorisation GICS (Global Industry Classification Standard) :

La plus grande différence est à nouveau l’ajout de la classe d’actif des gouvernements des États-Unis, puisqu’il y a 4 ans, nous n’avions pas cette classe d’actif, ce qui a significativement affecté la diminution du poids des gouvernements européens.

L’autre différence majeure réside dans le poids du secteur industriel, qui passe de 5,6% à 11,7% dans le portefeuille actuel. La raison principale en est que dans le fonds d’obligations d’entreprises états-uniennes récemment ajouté, 41,9 % des obligations sont de sociétés industrielles.

Les autres secteurs plus fortement représentés dans le portefeuille actuel qu’il y a 4 ans sont les services de communication, en raison de l’essor des services Internet, et les compagnies d’électricité, avec une différence de 1,8 % et 0,5 % respectivement. Comme on pouvait s’y attendre, les sociétés pharmaceutiques représentent 0,6 point de pourcentage de plus dans le portefeuille actuel qu’il y a 4 ans.

Ci-dessous figurent les entreprises les plus pertinentes par secteur dans le portefeuille actuel :

Secteur Poids Principaux exemples
Gouvernements Europe 21,8% France, Italie, Allemagne, Espagne
Gouvernements États-Unis 15,0% Gouvernements États-Unis
Industriels 11,7% Siemens, Airbus, General electric, Caterpillar
Sociétés financières et d’assurance 11,5% Berkshire Hathaway, JPMorgan Chase, Bank of America
Technologie de la información 10,0% Apple, Microsoft, Nvidia, ASML
Pharmaceutique 6,5% Jhonson & jhonson, UnitedHealth, Roche, AstraZeneca
Consommation discrétionnaire 6,0% Amazon, Tesla, Toyota, Home depot, Louis Vuitton
Consommation de base 4,0% Nestlé, Procter & Gamble, Coca-cola, Pepsi, Unilever
Services de communication 3,8% Alphabet (Google), Meta platform (Facebook), Verizon, Tencet
Matériaux 2,8% Linde, Air liquide, Rio Tinto, Shin-etsu chemical
Énergie 2,8% ExxonMobil, Shell, Chevron, Totalenergies
Électricité et gaz 2,5% Naxtera Energy, Iberdrola, Enel, National Grid
Immobilier 1,6% American Tower, Prologis, Crown Castle, Equinix

Nous choisissons les classes d’actifs et les indices, et non les émetteurs ou les secteurs.

Le processus de construction des portefeuilles chez Indexa ne sélectionne pas les émetteurs ou les secteurs dans lesquels investir. Notre construction de portefeuille choisit des classes d’actifs, comme les actions des États Unis par exemple. Pour chaque classe d’actif, nous choisissons un indice, le plus représentatif, par exemple l’indice S&P 500 pour les actions états-uniennes, et un fonds, celui qui correspond le mieux à cet indice en termes de coût, de liquidité et de tracking error. Dans nos portefeuilles, nous avons choisi le fonds Vanguard US 500 Stk Idx Eur – Ins pour représenter la catégorie des actions de sociétés cotées aux Etats-Unis.

Les actions et obligations dans lesquelles nos clients sont investis sont donc celles indexées par l’indice de référence. Cet indice est défini par des sociétés de construction d’indices, comme Standard and Poors dans le cas de l’indice S&P 500. Et, en général, elles sélectionnent les sociétés ayant la plus grande capitalisation boursière et la plus grande liquidité ou les obligations ayant le plus grand volume émis et la plus grande liquidité.

Quant au poids de chaque émetteur dans leurs indices, il est défini de la même manière, par la capitalisation boursière de chaque société dans leur indice, et par le montant émis de chaque obligation au sein de l’indice. Ainsi, les grandes entreprises et les grands émetteurs auront plus de poids dans les indices.

Portefeuilles de moins de 10 mille euros

Dans les portefeuilles de moins de 10 mille euros, l’exposition aux actions utilise un fonds d’actions mondiales de pays développés, Vanguard Global Skt Idx Eur – Ins, de sorte qu’il y a également une exposition à des zones géographiques telles que le Pacifique ex – Japon ou le Canada.  Par exemple, des investissements sont également réalisés dans des sociétés telles que Royal Bank of Canada, Enbridge, South32 ou Commonwealth Bank of Australia.

L’exposition aux obligations est également mise en œuvre par le biais d’un fonds obligataire mondial, Vanguard Global Bnd Idx Eur – Ins, de sorte que ces portefeuilles seront exposés à d’autres gouvernements développés, tels que le Japon, le Canada ou d’autres pays du Pacifique.

Ce portefeuille compte 1559 sociétés (actions) et 2861 émetteurs d’obligations.

Portefeuilles de plus de 100 mille euros

Les portefeuilles de plus de 100 mille euros sont investis dans les mêmes actifs que les portefeuilles de 10 à 100 mille euros, ainsi que dans des actions du Pacifique ex-Japon, et dans des obligations de pays émergents en devise locale. Par conséquent, ils sont également exposés aux émissions gouvernementales de pays tels que le Mexique, la Chine ou le Brésil. Ce portefeuille comprend 7287 entreprises (actions) et 3005 émetteurs d’obligations.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min), afin de voir quel portefeuille nous pouvons vous proposer, ses pronostics de rentabilité, ses coûts. Sans engagement et sans devoir nous transmettre de données personnelles.

Couvrir ou ne pas couvrir la devise

Lorsque vous souhaitez investir à l’échelle mondiale, il faut garder à l’esprit que la majorité de vos investissements ne seront pas libellés en euros et par conséquent, il faudra prendre des décisions quant au risque de fluctuation des taux de change. Principalement, il y a trois options :

  • Couvrir les devises.
  • Ne pas couvrir les devises.
  • Parfois couvrir et d’autres fois non, pour essayer de générer un peu plus de rentabilité.

La troisième option n’apporte pas de valeur à long terme, car il n’est pas possible de savoir à l’avance si une devise va s’apprécier ou se déprécier. En revanche, les deux premières options sont potentiellement valides. Dans cet article, nous allons expliquer pourquoi il est préférable de ne pas couvrir le risque de devise des investissements en actions mais qu’il est cependant préférable de le faire dans le cas des investissements en obligations.

La réponse rapide est de couvrir le risque de devises avec des assurances de change ayant un certain coût et davantage de coût signifie moins de rentabilité à long terme. Cependant, couvrir le risque de devise permet de réduire la volatilité de l’investissement et par conséquent il faut analyser comment la couverture affecte le rapport rentabilité/risque et ne pas seulement se fixer sur la rentabilité.

Investissements en actions

Pour illustrer ces résultats, nous analysons d’abord le risque et la rentabilité de l’indice S&P 500 à travers 3 classes du même fonds de Vanguard, depuis leur création (06/03/2006) :

  1. Classe en USD (dollar) : dans cette classe de fonds, l’investissement est directement réalisé dans les actions qui composent le S&P 500, le risque de devise n’est pas couvert et le fonds est libellé en dollar états-uniens. La rentabilité sera celle de l’indice S&P 500 moins les coûts du fonds.
  2. Classe couverte, en EUR (euro) : cette classe de fonds libellée en euros est couverte grâce à une assurance de change contre le risque de devise. La rentabilité devrait être similaire à celle d’un investissement dans la classe en USD, moins les coûts du fonds.
  3. Classe sans couverture, en EUR (celle de nos portefeuilles) : dans cette classe libellée en euros le risque de devise n’est pas couvert. Le taux de change affecte la rentabilité et par conséquent la rentabilité sera celle du S&P 500 en euros, moins les coûts du fonds.

Nous écartons la première alternative, car un investissement dans un fonds libellé en dollars étas-uniens (USD) entraîne d’importants coûts de transactions supplémentaires pour convertir les euros en dollars au moment de souscrire ou rembourser les fonds.

Le doute à lever est celui d’investir dans le fonds 2 (EUR avec une couverture de la devise) ou dans le fonds 3 (EUR sans couverture). Cependant, pour pouvoir estimer le coût de la couverture nous allons étudier la différence de rentabilité entre le fonds en USD (fonds 1) et le fonds couvert (fonds 2). Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons observer chaque classe.

 

Comme nous pouvons le constater, le fonds en USD se sépare progressivement de la classe couverte en euros. Cela est du aux frais de transaction et aux coûts de couverture :

  1. Frais de transaction : il s’agit des frais facturés par le fournisseur de couverture.
  2. Coûts de couverture : ils se composent de la différenceentre le taux d’intérêtUSD et celui EUR (par exemple, un compte courant en USD rapporte désormais 1 % alors qu’un compte courant en EUR rapporte 0 %) et de la demande plus ou moins forte d’USD par rapport à l’EUR (mesurée par le cross currency basis spread). Pour la période étudiée, la différence moyenne de taux est d’environ 0,8 %.

Dans le tableau ci-dessous, nous comparons les rentabilités et les volatilités de trois investissements depuis leur création jusqu’au 01/09/2017 :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
(rentabilité/risque)
Classe en USD 7,06% 18,0% 0,39
Classe couverte en EUR 5,85% 18,3% 0,32
Classe sans couverture EUR 7,74% 18,6% *0,42

Données Bloomberg. EUR. Période :03/11/2006 (création des fonds) au 01/09/2017.

Les résultats sont clairs : la classe couverte en euros a rapporté 5,85% tandis que la classe en USD a enregistré une rentabilité de 7,07%. De cette différence de 1,22%, le coût de la couverture est 0,8% et les frais de transaction sont d’environ 0,4% annuel. On constate également que la rentabilité entre la classe sans couverture en EUR et la classe en USD est très similaire (différence de 0,64%). Cela est une coïncidence, et dépend entièrement de la période choisie, mais reflète assez bien le comportement des devises « réserve » (USD, EUR, JPY, …) : elles ont tendance à fluctuer et à montrer un important retour à la moyenne, de sorte qu’à long terme, l’effet de la monnaie tend à être moins important.

Quant à la volatilité, nous pouvons constater que les 3 fonds ont pratiquement la même volatilité, les fluctuations de tous ces fonds sont donc très similaires.

En conclusion, comme la rentabilité a été moindre et que le risque est similaire, nous choisissons la classe en EUR sans couvrir le risque de devise, qui offre un meilleur rapport rentabilité / risque (ratio de Sharpe).

Cette analyse ne vaut que depuis la création des fonds (en 2006) et nous allons vérifier les conclusions auxquelles nous sommes parvenus en augmentant le temps de l’étude. Pour ce faire, nous avons réa     lisé la même analyse avec l’indice du S&P500 en USD et en EUR depuis la création de l’euro (08/01/1999), et les résultats sont très similaires :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
S&P 500 USD 5,53% 17,6% 0,31
S&P 500 EUR sans couverture 5,38% 19,3% 0,28

La rentabilité est pratiquement la même avant les frais (notez que dans ce cas, aucun coût de couverture n’est appliqué parce-que nous comparons les indices au lieu de comparer des fonds) et la volatilité est également très similaire. La conclusion reste donc la même : le rapport rentabilité/risque de l’investissement en EUR avant frais est très similaire à celui de l’investissement en USD.

Investissements en obligations

Pour l’analyse de l’effet de la devise sur les obligations, nous allons utiliser un fonds de Pimco puisque nous n’avons pas trouvé de fonds indexés qui investissent dans des obligations ayant une classe couverte et une autre non couverte avec suffisamment de données historiques pour que l’analyse soit pertinente. Le fonds est Pimco Total Return Bond Clase E d’accumulation, qui investit principalement dans des émissions libellées en USD. Nous allons observer les effets de la devise en comparant les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couverture de la devise
  2. Investissement en EUR avec couverture de la devise
  3. Investissement en EUR sans couverture de la devise

 

De nouveau, nous observons comment les graphiques en USD et EUR couvert se séparent sous l’effet des frais et du coût de la couverture. Si vous comparez le rapport rentabilité / risque des 3 classes, vous pouvez voir une différence très importante par rapport aux actions : le risque de la classe en EUR sans couverture est sensiblement plus important (données entre le 31/03/2006 et le 01/09/2017).

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
1. Classe en USD 4,38% 4,0% 1,10
2. Classe couverte en EUR 3,91% 4,0% 0,98
3. Classe sans couverture en EUR 4,59% 9,9% 0,46

La volatilité de l’indice en EUR avec la devise couverte est 60% plus faible que la volatilité de l’indice en EUR avec la devise sans couverture. Cela fait de ce dernier presque une autre classe d’actif : si vous ne couvrez pas le risque de devise lors d’un investissement dans des obligations, vous investissez dans la devise, et non dans des obligations car le risque de change est très supérieur au risque des obligations. Pour cette raison, il est préférable de couvrir le risque de devise lors d’investissements dans des obligations. Sur le graphique précédent, vous pouvez noter que l’investissement qui ne couvre pas l’euro a un comportement très différent des deux autres.

Nous avons également réalisé une analyse sur le plus long terme en utilisant des indices. Nous utilisons l’indice Bloomberg « Barclays Global-Aggregate Total Return Index Value » qui se compose d’obligations émises par les plus grands émetteurs (États et entreprises) dans leur propre devise et qui inclut notamment des obligations en yens (JPY), en dollars (USD) et en euros (EUR). Nous observons l’effet de la devise dans les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couvrir les devises de l’indice
  2. Investissement en EUR en couvrant les devises
  3. Investissement en EUR sans couvrir les devises de l’indice

 

Comme nous pouvons l’observer sur le graphique ci-dessus, les 3 indices atteignent des rentabilités similaires (il faut cependant garder à l’esprit que ce sont des indices, il n’est donc pas pris en compte les coûts de couverture de l’investissement dans un fonds), mais la volatilité de l’indice avec la devise couverte est sensiblement plus faible (ligne bleue).

Dans le tableau suivant, nous quantifions ces données en comparant les rentabilités et les volatilités des trois indices depuis le 29/01/1999 jusqu’au 31/08/2017 :

Rentabilité annuelle (avant frais) Volatilité Ratio de Sharpe
1. Investisseur en USD sans couverture de devises 4,22% 5,7% 0,74
2. Investisseur en EUR avec couverture de devises 4,26% 2,8% 1,52
3. Investisseur en EUR sans couverture de devises 3,98% 6,8% 0,59

Nous obtenons de nouveau que la volatilité de l’indice en EUR avec la couverture de devises est 60% plus faible que celle de l’indice en EUR sans la couverture de devises. Pour cette raison, nous préférons couvrir le risque de devises pour les investissements dans des obligations.

Conclusion

Pour maximiser le rapport rentabilité / risque, il est préférable de choisir des fonds actions qui ne couvrent pas les devises, car la couverture a un coût élevé et n’améliore pas la rentabilité ni la volatilité à long terme. Mais il est cependant préférable de choisir des fonds qui couvrent les devises pour les obligations (excepté pour les obligations de pays émergents en devise locale) car dans le cas d’obligations la meilleure volatilité compense le coût de couverture des devises.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min).

Si vous êtes déjà client, n’hésitez pas à inviter vos amis pour bénéficier d’une réduction des frais de gestion d’Indexa, tant pour vous que pour eux.

La gestion indexée

La gestion indexée est une gestion qui cherche une rentabilité proche de celle offerte par les indices de marché. Ces derniers ont pour philosophie d’« acheter et maintenir », comme par exemple l’indice S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises de la Bourse des États-Unis. Au contraire, la gestion active prétend obtenir une rentabilité supérieure à celle de son indice de référence. La gestion active suppose que son équipe de gestion a une capacité d’analyse et un accès à l’information spécialisée suffisants.

Le gestionnaire actif est celui qui choisit activement les actions ou les obligations dans lesquelles il investit, tandis que le gestionnaire indexé investit dans tous les actifs qui composent l’indice.

Warren Buffett lors de la réunion annuelle des actionnaires de Berkshire Hathaway en 2016, a exposé avec un exemple simple le problème auquel la gestion active fait face. Imaginons qu’un groupe de 100 personnes s’emparent de toutes les actions disponibles sur le marché mondial, elles seraient alors les seuls investisseurs en capital du monde et tout le marché leur appartiendrait.

Divisons ce groupe en 2 groupes de 50 personnes, de telle manière que chaque groupe ait la moitié de toutes les actions de chaque entreprise du monde. Un groupe met en place une gestion indexée et l’autre une gestion active. Un investisseur indexé aura toujours toutes les actions du marché, chacune dans les mêmes proportions que celles du marché. Par conséquent, si une action X représente 3 pour cent de la valeur des titres sur le marché, le portefeuille d’un investisseur indexé aura 3 pour cent de sa valeur investie dans cette action X.

Un investisseur actif est quelqu’un qui n’est pas indexé. Son portefeuille sera par moment (ou toujours) différent de celui des gestionnaires indexés. De fait, les gérants actifs agissent généralement suivant leurs perceptions des prix, et parce que celles-ci changent relativement fréquemment, ces gestionnaires tendent à acheter ou vendre relativement souvent – de là le terme « actif ».

Au cours d’une période de temps donnée, la rentabilité du marché est la moyenne pondérée des rentabilités des actions du marché, en prenant les valeurs de marché initiales comme poids dans le portefeuille. Chaque gestionnaire indexé obtiendra avec précision le rendement du marché avant coûts. Ainsi, nous pouvons clairement déduire que la rentabilité moyenne de la gestion active doit être égale à la rentabilité du marché. Pourquoi ? Parce que la rentabilité du marché doit être égale à la moyenne pondérée des rentabilités de la gestion indexée et de la gestion active. Si les deux premiers résultats sont les mêmes, le troisième doit être le même aussi. De cela, nous pouvons conclure qu’avant les coûts, la rentabilité moyenne du groupe de gestion active sera égale à la rentabilité moyenne du groupe de gestion indexée.

Par contre, les coûts moyens de la gestion active seront supérieurs aux coûts moyens de la gestion indexée. Tandis que les gérants indexés ne changent pas leurs positions et ont peu de coûts de gestion et de transactions, les gérants actifs doivent payer leurs recherches, les commissions d’achat et de vente de leurs actions, leurs conseillers et d’autres coûts encore. Pour cette raison, il est facile de voir que la rentabilité moyenne de la gestion active après coûts sera inférieure à la rentabilité moyenne de la gestion indexée.

Ceci est la théorie. Par la suite, nous allons reprendre les éléments qui démontrent que la grande majorité des gestionnaires professionnels n’est pas capables d’obtenir une rentabilité à long terme supérieure à celle de leur indice de référence. Ils ne parviennent pas à battre le marché. Les travaux qui analysent ce point, avec les données du marché des Etats-Unis, qui est le plus développé, sont nombreux (vous pouvez consulter les références académiques ci-dessous, à la fin de l’article).

Dans l’industrie européenne de la gestion active, le rapport de fin d’année 2019 de SPIVA Europe Scorecard 2019, montrent que 98% des fonds européen de la catégorie Global Equity à 10 ans n’ont pas obtenu une rentabilité supérieure à leur indice de référence, et qu’en moyenne ils ont obtenu une rentabilité de 4,6 points de pourcentage par an en-dessous de leur indice de référence.

La gestion active est généralement une bonne affaire pour ses gérants, mais dans 98% des cas ne l’est pas pour ses clients. Cela ne signifie pas que la gestion indexée obtient une rentabilité supérieure à la gestion active chaque année ou chaque mois. Avec une vision court-termiste, certaines années, la gestion active offre une meilleure rentabilité annuelle que celle des indices (généralement les années où les actions qui pèsent peu dans les indices ont une rentabilité sensiblement supérieure à celles des entreprises qui y pèsent plus, car les gérants actifs tendent à avoir des portefeuilles relativement plus équipondérés que les indices).

Certains penseront qu’il suffit alors de regarder quel gestionnaire actif a fait mieux dans le passé et investir avec lui. Pourtant, il n’y a que très peu de relation entre la rentabilité obtenue par un gestinnaire dans le passé et celle qu’il obtiendra à l’avenir. Il n’y a pas de persistance dans la rentabilité des gérants actifs. Dans un prochain article de formation financière, nous en reparlerons.

Par conséquent, si la majorité des gestionnaires actifs ne bat pas son indice de référence et qu’il n’est pas possible de savoir à l’avance quel gestionnaire va le battre, la conséquence logique est : investissez dans des indices (indexez-vous), diversifiez, réduisez les coûts d’investissement et laissez courir le temps. Les années passant, vous pourrez observer que la rentabilité de vos investissements sera supérieure à celle de la majorité des investisseurs professionnels ou des fonds de gestion active.

Dans un premier temps, cela peut apparaître contre intuitif. Mais si c’était si évident, logiquement, ce genre de gestion serait beaucoup plus connu des investisseurs. Ce n’est toujours pas le cas car les banques, principal moyen d’investir dans des fonds en Belgique, gagnent plus en commercialisant une gestion active et couteuse à leurs clients. Tant qu’elles n’y seront pas obligées, elles ne changeront pas cette politique.

Malgré les difficultés, la gestion indexée s’impose de plus en plus. Pour illustrer, le graphique suivant montre la croissance des fonds en gestion indexée et la décroissance des fonds en gestion active aux États-Unis depuis 2009 (source : Morningstar, Asset Management in an Era of Cost Pressure: An Index Response, pdf) :

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa, n’hésitez pas à effectuer notre test de profil investisseur pour voir quel portefeuille de fonds indexés nous pouvons vous proposer.

Références académiques – les gestionnaires actifs ne parviennent pas à battre le marché

Les travaux de Brinson, Hood, et Beebower (1986) démontrent qu’en moyenne, en utilisant les données disponibles entre 1974 et 1983 les fonds de pensions n’ont pas été capables d’ajouter de valeur au-dessus de leur indice.

Ce résultat est cohérent avec le travail de Carhart (1997) qui démontre que dans un fonds, chaque coût a un impact et que la rotation élevée des actifs produit, en moyenne, une rentabilité inférieure de 0,95%.

De même, Arnott, Berkin et Ye (2000) démontrent que l’indexation, pour la majorité des types d’investisseurs sujets à l’impôt et dans la majorité des conditions de marché, est préférable à la gestion active conventionnelle.

Plus récemment, Harbron, Roberts et Johnson (2016), démontrent à nouveau qu’après commissions, la rentabilité moyenne des fonds en gestion active a été inférieure à celle de leur indice de référence et que la rentabilité des fonds d’investissement empire significativement une fois pris en compte le « biais de survie » (c’est-à-dire, une fois que sont inclus les résultats des fonds qui ont été éliminés des registres publics).

Les indices

Dans cet article, nous allons présenter les indices d’investissement : à quoi servent-ils, qui les crée et comment fonctionnent-ils ? Nous commenterons également pourquoi et comment investir dans des fonds qui répliquent ces indices, aussi appelés fonds indexés ou fonds indiciels.

Image: fonds indexés et leur indice, portefeuilles Indexa de 10 à 100 k€

Qu’est-ce qu’un indice ?

Un indice est défini par une série de règles plus ou moins objectives qui permettent de sélectionner une série d’investissements et d’attribuer un poids à chacun. Si les investissements sont en actions alors nous parlons d’indices boursiers dont la définition de la Wikipedia est :

« Un indice boursier désigne, quasiment toujours, depuis la fin du XXème siècle, un nombre dont le taux de croissance, entre deux dates, est celui de la juste valeur d’un portefeuille théorique d’actions cotées sur les marchés organisés appartenant à une liste d’entreprises sélectionnées par des choix raisonnés. »

Si les investissements se font dans des obligations, alors nous parlons d’un « indice obligataire ».

A quoi les indices servent-ils ?

Initialement, les indices servaient à résumer en une valeur l’évolution de tout un marché. De cette manière, nous pouvions dire, et le pouvons toujours, le Dow Jones Industriel (le premier indice créé) a augmenté de 1%, au lieu de parler de chaque action séparément.

Actuellement, les indices sont utilisés pour répliquer le comportement d’un marché donné. Au lieu d’acheter un portefeuille d’actions d’entreprises des États-Unis, il est possible d’acheter un fonds indexé à l’indice S&P500 par exemple, qui suit le comportement de cet indice et de cette manière obtenir la rentabilité moyenne du marché états-unien.

Qui crée les indices ?

Normalement, les indices sont créés par des entreprises spécialisées comme Standard and Poor’s (S&P), MSCI. Parfois, ce sont les marchés secondaires eux-mêmes qui les créent, comme par exemple le BEL20, indice boursier de la Bourse de Bruxelles, qui est édité par le groupe NYSE Euronext.

Comment les indices financiers sont-ils créés ?

Il existe principalement trois manières de construire un indice : en pondérant les investissements par les prix, en les pondérant par capitalisation ou en les équipondérant.

Indice pondéré par les prix

Pondérer par les prix signifie inclure une action de chaque entreprise dans la composition de l’indice. Ainsi, les entreprises dont le prix de l’action est plus élevé pèsent plus dans l’indice : par exemple une action qui vaudrait 1.000€ pèserait 100 fois plus dans l’indice qu’une entreprise dont l’action vaudrait 10€.

L’indice pondéré par les prix se calcule comme la moyenne des valeurs des actions qui composent l’indice. Il se calcule en sommant le prix de chaque action et en divisant par le nombre total d’actions dans l’indice. Le principal problème de construire un indice de cette manière est que les entreprises ayant un prix plus élevé pèsent plus (bien que dans l’ensemble, elles puissent être des entreprises plus petites que d’autres en émettant moins d’actions). Au début, les indices se calculaient ainsi, comme par exemple, le premier indice, le Dow Jones Insdustrial Average, mais aujourd’hui la pondération par les prix est de plus en plus délaissée.

Indice pondéré par capitalisation

Pondérer par capitalisation signifie inclure la capitalisation totale de chaque entreprise dans la composition de l’indice (les entreprises plus grandes pèsent plus). La capitalisation d’une entreprise est la valeur de celle-ci en bourse, calculée en multipliant le prix d’une action par le nombre d’actions émises.

Dans les indices pondérés par capitalisation, le poids d’une entreprise est sa capitalisation boursière (prix des actions multiplié par le nombre d’actions en circulation) divisée par la somme des capitalisations des entreprises qui composent l’indice. Ce genre de pondération représente mieux l’évolution d’un marché ou d’une zone géographique, et se caractérise principalement par le fait qu’un changement de prix d’une entreprise de grande capitalisation boursière a beaucoup plus d’impact que celui d’une entreprise de petite capitalisation. Des exemples bien connus d’indices pondérés par capitalisation sont l’indice S&P500 ou l’indice MSCI World. Il est préférable d’utiliser principalement ce genre d’indices parce qu’ils représentent mieux la richesse globale que chaque investisseur devrait répliquer pour s’assurer la rentabilité offerte par le marché. De plus, ce sont des indices plus facile et plus économique à répliquer.

Indice équipondéré

Equipondérer signifie donner le même poids à toutes les entreprises. Un indice équipondéré se base sur le mouvement du prix moyen des actions dans l’indice. Dans ce genre d’indice, toutes les actions, sans tenir compte de leur capitalisation, ont le même effet. Pour calculer un indice équipondéré, la moyenne arithmétique des rentabilités des actifs qui le composent est utilisée. Un exemple de ce genre d’indexation sont les indices MSCI Equal Weighted. De par la manière dont ils sont calculés, ces indices donneront autant d’importance aux petites entreprises qu’aux grandes. Par conséquent, les petites entreprises se verront assignées une plus grande importance relative dans l’indice, augmentant légèrement le risque et la rentabilité espérés.

Comment investir dans des indices ?

Une bonne manière d’investir dans des indices est d’utiliser des fonds indexés à faibles coûts. Normalement, les établissements financiers ne mettent pas à disposition de leurs clients la possibilité de choisir ces fonds car ce sont des produits qui donnent peu ou pas de marge au distributeur, mais récemment les gérants automatisés, comme Indexa Capital,  ont décidé de faire un pas en avant et d’offrir des portefeuilles de fonds indexés à moindres coûts.

Pourquoi investir dans des indices ?

La réponse est rapide : les fonds indexés offrent une meilleure rentabilité corrigée par le risque que les fonds en gestion active (non indexée). Dans un prochain article, nous commenterons les études empiriques à ce sujet.

Si vous n’êtes pas encore client de Indexa, n’hésitez pas à répondre à notre bref test de profil investisseur (2 minutes) pour voir le portefeuille que nous pouvons vous proposer.