Couvrir ou ne pas couvrir la devise

Lorsque vous souhaitez investir à l’échelle mondiale, il faut garder à l’esprit que la majorité de vos investissements ne seront pas libellés en euros et par conséquent, il faudra prendre des décisions quant au risque de fluctuation des taux de change. Principalement, il y a trois options :

  • Couvrir les devises.
  • Ne pas couvrir les devises.
  • Parfois couvrir et d’autres fois non, pour essayer de générer un peu plus de rentabilité.

La troisième option n’apporte pas de valeur à long terme, car il n’est pas possible de savoir à l’avance si une devise va s’apprécier ou se déprécier. En revanche, les deux premières options sont potentiellement valides. Dans cet article, nous allons expliquer pourquoi il est préférable de ne pas couvrir le risque de devise des investissements en actions mais qu’il est cependant préférable de le faire dans le cas des investissements en obligations.

La réponse rapide est de couvrir le risque de devises avec des assurances de change ayant un certain coût et davantage de coût signifie moins de rentabilité à long terme. Cependant, couvrir le risque de devise permet de réduire la volatilité de l’investissement et par conséquent il faut analyser comment la couverture affecte le rapport rentabilité/risque et ne pas seulement se fixer sur la rentabilité.

Investissements en actions

Pour illustrer ces résultats, nous analysons d’abord le risque et la rentabilité de l’indice S&P 500 à travers 3 classes du même fonds de Vanguard, depuis leur création (06/03/2006) :

  1. Classe en USD (dollar) : dans cette classe de fonds, l’investissement est directement réalisé dans les actions qui composent le S&P 500, le risque de devise n’est pas couvert et le fonds est libellé en dollar états-uniens. La rentabilité sera celle de l’indice S&P 500 moins les coûts du fonds.
  2. Classe couverte, en EUR (euro) : cette classe de fonds libellée en euros est couverte grâce à une assurance de change contre le risque de devise. La rentabilité devrait être similaire à celle d’un investissement dans la classe en USD, moins les coûts du fonds.
  3. Classe sans couverture, en EUR (celle de nos portefeuilles) : dans cette classe libellée en euros le risque de devise n’est pas couvert. Le taux de change affecte la rentabilité et par conséquent la rentabilité sera celle du S&P 500 en euros, moins les coûts du fonds.

Nous écartons la première alternative, car un investissement dans un fonds libellé en dollars étas-uniens (USD) entraîne d’importants coûts de transactions supplémentaires pour convertir les euros en dollars au moment de souscrire ou rembourser les fonds.

Le doute à lever est celui d’investir dans le fonds 2 (EUR avec une couverture de la devise) ou dans le fonds 3 (EUR sans couverture). Cependant, pour pouvoir estimer le coût de la couverture nous allons étudier la différence de rentabilité entre le fonds en USD (fonds 1) et le fonds couvert (fonds 2). Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons observer chaque classe.

 

Comme nous pouvons le constater, le fonds en USD se sépare progressivement de la classe couverte en euros. Cela est du aux frais de transaction et aux coûts de couverture :

  1. Frais de transaction : il s’agit des frais facturés par le fournisseur de couverture.
  2. Coûts de couverture : ils se composent de la différenceentre le taux d’intérêtUSD et celui EUR (par exemple, un compte courant en USD rapporte désormais 1 % alors qu’un compte courant en EUR rapporte 0 %) et de la demande plus ou moins forte d’USD par rapport à l’EUR (mesurée par le cross currency basis spread). Pour la période étudiée, la différence moyenne de taux est d’environ 0,8 %.

Dans le tableau ci-dessous, nous comparons les rentabilités et les volatilités de trois investissements depuis leur création jusqu’au 01/09/2017 :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
(rentabilité/risque)
Classe en USD 7,06% 18,0% 0,39
Classe couverte en EUR 5,85% 18,3% 0,32
Classe sans couverture EUR 7,74% 18,6% *0,42

Données Bloomberg. EUR. Période :03/11/2006 (création des fonds) au 01/09/2017.

Les résultats sont clairs : la classe couverte en euros a rapporté 5,85% tandis que la classe en USD a enregistré une rentabilité de 7,07%. De cette différence de 1,22%, le coût de la couverture est 0,8% et les frais de transaction sont d’environ 0,4% annuel. On constate également que la rentabilité entre la classe sans couverture en EUR et la classe en USD est très similaire (différence de 0,64%). Cela est une coïncidence, et dépend entièrement de la période choisie, mais reflète assez bien le comportement des devises « réserve » (USD, EUR, JPY, …) : elles ont tendance à fluctuer et à montrer un important retour à la moyenne, de sorte qu’à long terme, l’effet de la monnaie tend à être moins important.

Quant à la volatilité, nous pouvons constater que les 3 fonds ont pratiquement la même volatilité, les fluctuations de tous ces fonds sont donc très similaires.

En conclusion, comme la rentabilité a été moindre et que le risque est similaire, nous choisissons la classe en EUR sans couvrir le risque de devise, qui offre un meilleur rapport rentabilité / risque (ratio de Sharpe).

Cette analyse ne vaut que depuis la création des fonds (en 2006) et nous allons vérifier les conclusions auxquelles nous sommes parvenus en augmentant le temps de l’étude. Pour ce faire, nous avons réa     lisé la même analyse avec l’indice du S&P500 en USD et en EUR depuis la création de l’euro (08/01/1999), et les résultats sont très similaires :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
S&P 500 USD 5,53% 17,6% 0,31
S&P 500 EUR sans couverture 5,38% 19,3% 0,28

La rentabilité est pratiquement la même avant les frais (notez que dans ce cas, aucun coût de couverture n’est appliqué parce-que nous comparons les indices au lieu de comparer des fonds) et la volatilité est également très similaire. La conclusion reste donc la même : le rapport rentabilité/risque de l’investissement en EUR avant frais est très similaire à celui de l’investissement en USD.

Investissements en obligations

Pour l’analyse de l’effet de la devise sur les obligations, nous allons utiliser un fonds de Pimco puisque nous n’avons pas trouvé de fonds indexés qui investissent dans des obligations ayant une classe couverte et une autre non couverte avec suffisamment de données historiques pour que l’analyse soit pertinente. Le fonds est Pimco Total Return Bond Clase E d’accumulation, qui investit principalement dans des émissions libellées en USD. Nous allons observer les effets de la devise en comparant les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couverture de la devise
  2. Investissement en EUR avec couverture de la devise
  3. Investissement en EUR sans couverture de la devise

 

De nouveau, nous observons comment les graphiques en USD et EUR couvert se séparent sous l’effet des frais et du coût de la couverture. Si vous comparez le rapport rentabilité / risque des 3 classes, vous pouvez voir une différence très importante par rapport aux actions : le risque de la classe en EUR sans couverture est sensiblement plus important (données entre le 31/03/2006 et le 01/09/2017).

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
1. Classe en USD 4,38% 4,0% 1,10
2. Classe couverte en EUR 3,91% 4,0% 0,98
3. Classe sans couverture en EUR 4,59% 9,9% 0,46

La volatilité de l’indice en EUR avec la devise couverte est 60% plus faible que la volatilité de l’indice en EUR avec la devise sans couverture. Cela fait de ce dernier presque une autre classe d’actif : si vous ne couvrez pas le risque de devise lors d’un investissement dans des obligations, vous investissez dans la devise, et non dans des obligations car le risque de change est très supérieur au risque des obligations. Pour cette raison, il est préférable de couvrir le risque de devise lors d’investissements dans des obligations. Sur le graphique précédent, vous pouvez noter que l’investissement qui ne couvre pas l’euro a un comportement très différent des deux autres.

Nous avons également réalisé une analyse sur le plus long terme en utilisant des indices. Nous utilisons l’indice Bloomberg « Barclays Global-Aggregate Total Return Index Value » qui se compose d’obligations émises par les plus grands émetteurs (États et entreprises) dans leur propre devise et qui inclut notamment des obligations en yens (JPY), en dollars (USD) et en euros (EUR). Nous observons l’effet de la devise dans les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couvrir les devises de l’indice
  2. Investissement en EUR en couvrant les devises
  3. Investissement en EUR sans couvrir les devises de l’indice

 

Comme nous pouvons l’observer sur le graphique ci-dessus, les 3 indices atteignent des rentabilités similaires (il faut cependant garder à l’esprit que ce sont des indices, il n’est donc pas pris en compte les coûts de couverture de l’investissement dans un fonds), mais la volatilité de l’indice avec la devise couverte est sensiblement plus faible (ligne bleue).

Dans le tableau suivant, nous quantifions ces données en comparant les rentabilités et les volatilités des trois indices depuis le 29/01/1999 jusqu’au 31/08/2017 :

Rentabilité annuelle (avant frais) Volatilité Ratio de Sharpe
1. Investisseur en USD sans couverture de devises 4,22% 5,7% 0,74
2. Investisseur en EUR avec couverture de devises 4,26% 2,8% 1,52
3. Investisseur en EUR sans couverture de devises 3,98% 6,8% 0,59

Nous obtenons de nouveau que la volatilité de l’indice en EUR avec la couverture de devises est 60% plus faible que celle de l’indice en EUR sans la couverture de devises. Pour cette raison, nous préférons couvrir le risque de devises pour les investissements dans des obligations.

Conclusion

Pour maximiser le rapport rentabilité / risque, il est préférable de choisir des fonds actions qui ne couvrent pas les devises, car la couverture a un coût élevé et n’améliore pas la rentabilité ni la volatilité à long terme. Mais il est cependant préférable de choisir des fonds qui couvrent les devises pour les obligations (excepté pour les obligations de pays émergents en devise locale) car dans le cas d’obligations la meilleure volatilité compense le coût de couverture des devises.

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Rapport de rentabilité 2016-2021, qui n’est pas un indicateur fiable de la rentabilité future

La rentabilité en 2021 a été très bonne, tout comme elle l’est sur les six dernières années. Nous reviendrons sur les détails plus tard.

Mais tout d’abord, il est extrêmement important de ne pas oublier, au risque de se répéter, que :

  1. L’avenir pourrait ne pas être aussi bon
  2. À un moment donné, l’avenir sera bien pire avec certitude.
  3. Les rentabilités passées ne doivent pas être extrapolées, car les rentabilités passées ne sont pas un indicateur fiable des rentabilités à venir.
  4. L’important est d’avoir le bon profil de risque pour être en mesure de supporter les pertes lorsqu’elles surviendront.

Rentabilité et retraits

Il y a deux mois, nous publiions : « les apports nets des clients d’Indexa ne suivent plus le marché ». C’est une excellente nouvelle, mais nous avons également constaté que les retraits augmentent avec les baisses de marchés, surtout quand il s’agit de baisses importantes, comme ce fut le cas en février et mars 2020.

Nous devons donc encore travailler pour essayer d’atténuer, dans la mesure du possible, ce comportement, car à long terme il pénalise la rentabilité des portefeuilles. Le mois où les retraits en pourcentage des actifs ont été les plus forts (4,6 %) est mars 2020, en plein milieu de la crise de la COVID-19, tandis que la rentabilité du portefeuille 6/10 sur les 12 mois suivants a été la plus élevée de l’histoire d’Indexa (+24%).

Si vous savez que des pertes sont à venir et que vous avez le bon profil, vous pouvez éviter de vendre à ce moment-là et cela améliorera votre rentabilité à long terme. Nous disposons d’une liste des plus grandes chutes historiques où vous pouvez consulter les crises passées et ainsi avoir une idée des mouvements qui pourraient se produire à l’avenir.

Les perspectives de rentabilité devraient être revues à la baisse

Nous actualisons chaque année la rentabilité et le risque espérés des portefeuilles. Les perspectives que nous avons publiées en janvier 2021 sont bien inférieures à ce que nous avons effectivement observé au cours des six dernières années. Par exemple, la rentabilité attendue que nous avons estimée il y a un an pour le portefeuille 6 est de 2,1%. Ce pourcentage est bien inférieur à ce que nous avions estimé il y a six ans et reflète les bonnes rentabilités passées.

Comme nous l’avons commenté lors de la révision de la rentabilité il y a six mois, cela ne veut pas dire que nous savons ce qui va se passer à l’avenir, surtout à court terme, et nous ne donnons pas un message de réduction ou d’augmentation du risque du portefeuille. Si l’on tient compte du fait que la volatilité attendue pour le portefeuille 6/10 est maintenant de 7,6%, cela signifie que la rentabilité sur un an est susceptible d’être comprise, avec un intervalle de confiance à 95%, entre -12,9% à +17,4%. C’est une autre indication de la pertinence des retours inattendus.

Nous ne voulons pas non plus dire qu’il faut chercher d’autres alternatives d’investissement sous prétexte que nous ne nous attendons pas à ce que les portefeuilles d’Indexa donnent la même rentabilité que par le passé. D’autres alternatives d’investissement se trouvent exactement dans la même situation de marché.

Ce que nous voulons dire, c’est qu’à long terme, le comportement le plus sensé est de revoir à la baisse nos attentes en matière de rentabilité en tant qu’investisseurs, malgré la rentabilité élevée que nous avons connue par le passé. Avec des taux d’intérêt négatifs, nous ne pouvons aspirer à une rentabilité similaire à celle obtenue lorsque les taux d’intérêt étaient nettement positifs.

Sommes-nous dans une bulle financière ?

À ce stade, en tenant compte de tout ce qui a été dit précédemment, nous aimerions faire une réflexion sur les différentes voix qui parlent périodiquement de l’existence de bulles dans les actions, les obligations ou les valorisations d’indices.

« Exubérance irrationnelle » est un terme utilisé par l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, dans un discours prononcé à l’American Enterprise Institute for Public Policy Research pendant le boom boursier des années 1990. Cette phrase a été interprétée par les experts comme un avertissement d’une possible surévaluation du marché.

Nous aimerions utiliser l’expression « Exubérance rationnelle » par opposition à l’expression originale, car nous pensons que les prix des marchés liquides sont les meilleurs indicateurs que nous puissions avoir de la valeur des actifs qui y sont cotés. L’équilibre du marché est un équilibre extrêmement informé, car il est construit à partir de très nombreux investisseurs, et il ne peut être pris à la légère. Parfois, certains peuvent être surpris par l’optimisme ou le pessimisme que reflètent les prix, mais il est plus probable qu’il existe des arguments vennant étayer cet optimisme ou ce pessimisme. Et ce qui est certain, c’est qu’à mesure que les inconnues se préciseront, le prix s’adaptera.

Un exemple paradigmatique est celui de la bulle Internet de l’an 2000, mal nommée pour nous. De notre point de vue de défenseurs de l’efficacité du marché, nous justifierions cette hausse des valorisations des entreprises technologiques par de fortes attentes de croissance, qui ne se sont pas concrétisées à court terme. Et puis les prix ont chuté, « éclatant la bulle », ce que nous justifierions simplement comme un réajustement des attentes. Quelque temps plus tard, il a été confirmé que les attentes du marché en matière de croissance des entreprises technologiques étaient correctes : la croissance a simplement pris plus de temps que prévu et ce sont d’autres entreprises qui ont réussi. Comme nous parlons de l’avenir, il est normal que le consensus du marché soit erroné, mais ceux qui remettent en question le consensus du marché seront tout aussi erronés, sinon plus.

Au cours des six dernières années, depuis que nous avons lancé Indexa, les marchés mondiaux des actions et des obligations ont enregistré de bonnes rentabilités, mais cela ne signifie pas que nous sommes maintenant dans une bulle. À titre d’exemple, nous pouvons réviser la rentabilité du portefeuille à risque 6/10, ainsi que le scénario positif et négatif attendu que nous avions estimé à l’époque. Ces scénarios ont été élaborés à partir de l’estimation d’une rentabilité de 4,6 % et d’une volatilité de 8,4 %.

L’évolution réelle du portefeuille 6 depuis 2015 (7,2% par an) a été supérieure à celle espérée (4,6%), mais loin d’un scénario exceptionnellement positif. La probabilité estimée il y a six ans d’une rentabilité supérieure à 7,2 % par an aurait été de 25 % et d’une rentabilité inférieure de 75 %. Sur la base de ces estimations (qui seront toujours une approximation grossière de la réalité), nous pouvons dire qu’au cours des six dernières années, il y a eu de la chance (la rentabilité inattendue a été positive) mais pas énormément de chance non plus.

Nous ne savons pas si nous sommes dans un moment d’exubérance ou non. Mais ce que nous aimons penser, c’est que dans tous les cas, l’équilibre actuel sera rationnel, et qu’il y aura des arguments que les acteurs du marché auront supposés pour le justifier.

Pertes maximales attendues à un niveau de confiance de 97,5%.

Et comme nous avons l’habitude de le faire dans ces bilans semestriels, avant d’entrer dans le détail des rentabilités, rappelons les pertes annuelles maximales que nous estimons pouvoir se produire sur nos portefeuilles, sachant que dans une année sur 40, il y aura probablement une perte encore plus importante, sont :

Portefeuille Perte maximale à 97,5% de confiance (%)
Portefeuille 1 -7,3%
Portefeuille 2 -7,5%
Portefeuille 3 -8,6%
Portefeuille 4 -10,5%
Portefeuille 5 -11,7%
Portefeuille 6 -13,0%
Portefeuille 7 -15,2%
Portefeuille 8 -16,5%
Portefeuille 9 -18,4%
Portefeuille 10 -19,4%

Rentabilité

En 2021, la rentabilité du portefeuille de fonds le plus conservateur a été de +2,9% et le plus agressif de +20,2%, ce qui fait de 2021 la deuxième année la plus rentable depuis que nous avons lancé notre service en 2015. Et une année de plus, nous avons surpassé la rentabilité des fonds d’investissement européens comparables (Morningstar Allocation Modérée Internationale EUR). Plus précisément, 3,7 points de pourcentage (p.p.) de plus dans l’année. Au cours de nos 6 années d’activité, cette différence était de 3,4 p.p. par an. Cela prouve une fois de plus que payer des frais moins élevés et se diversifier à l’échelle mondiale est bénéfique, quelle que soit la situation du marché.

Portefeuilles de fonds d’investissement

En 2021, la rentabilité de nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros se situe entre +2,9% et +20,2% :

– +2,9% pour le portefeuille le moins risqué (profil 1/10)

– +20,2% pour le portefeuille le plus risqué (profil 10/10)

Benchmark : les indices de références de nos portefeuilles sont Morningstar Obligations Internationales Couvertes EUR (pour nos portefeuilles 1 et 2), Morningstar Allocation Prudente Internationale EUR (pour nos portefeuilles 3 à 5), Morningstar Allocation Modérée Internationale EUR (pour les portefeuilles 6 à 8) et Morningstar Allocation Agressive Internationale EUR (pour les portefeuilles 9 et 10). Morningstar est le fournisseur d’information sur les fonds d’investissement leader en Europe. Il s’agit des benchmarks qui représentent le mieux la rentabilité moyenne des fonds d’investissement en Europe.

L’année 2021 a été très positive en bourse (actions), mais négative pour les obligations (titres à revenu fixe). La rentabilité des actions varie de +4,5% (actions des économies émergentes) à +37,8% (actions états-uniennes). Du côté des obligations, la rentabilité a varié de -3,5 % (obligations d’États européens) à +6,5 % (obligations européennes indexées sur l’inflation).

Noms Classe d’actif Rentabilité 2021 (%)
Fonds d’actions    
Vanguard Global Stk Idx Eur -Acc Actions globales 31,0%
Vanguard European Stk Idx Eur – Acc Actions Europe 25,5%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur – Acc Actions Etats-Unis 37,8%
Vanguard Japan Stk Idx Eur – Acc Actions Japon 9,2%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur – Acc Actions économies émergentes 4,5%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur – Acc Actions Pacifique sauf Japon 12,6%
Vanguard Global Small Cap Idx Eur – Acc Actions globales de petite capitalisation 24,4%
Fonds d’obligations  
Vanguard Global Bnd Idx Eur – Acc Obligations globales à long terme -2,8%
Vanguard Euro Inv Gr Bnd Idx Eur – Acc Obligations Entreprises Européennes -1,8%
iShares EM Gov Bnd Idx -I2 Eur Hdg Obligations pays émergents couvertes en Euro -2,9%
Vanguard Eur Gv Bnd Idx – Acc Obligations Etats Européens -3,5%
Vanguard Euroz Inf Lk Bnd Idx Eur – Acc Obligations européennes liées à l’inflation 6,5%
Vanguard U.S. Gv Bnd Idx Eur Hdg – Acc Obligations États-Unis couvertes en euros -3,3%
iShares US Corporate Bnd Idx Eur Hdg – Acc Obligations d’Entreprises États-Unis couvertes en euros -2,0%

Cette année est un autre exemple de la capacité de diversification qu’offrent les obligations. Nous constatons qu’en période de hausse du marché boursier, les obligations chutent, en particulier les obligations présentant un risque de crédit moindre, comme les obligations d’États européens.

Concernant le benchmark* (l’indice de référence) des portefeuilles, la rentabilité est comprise entre -1,6% et +15,8% :

– -1,6% pour le Benchmark des portefeuilles 1 et 2

– +3,7% pour le Benchmark des portefeuilles 3 à 5

– +9,2% pour le Benchmark des portefeuilles 6 à 8

– +15,8% pour le Benchmark des portefeuilles 9 et 10

Le graphique ci-dessus montre que la différence de rentabilité entre nos portefeuilles et leur benchmark en 2021 se situe entre +3,0 points de pourcentage (p.p.) pour le portefeuille 3 et +8,4 p.p. pour le portefeuille 8.

En moyenne, grâce à notre gestion automatisée et indexée et à nos frais radicalement bas, nous avons réussi à ajouter 5,3 p.p. de rentabilité à la moyenne des fonds européens d’obligations internationales mixtes, d’actions internationales mixtes et d’actions internationales en 2021.

Le graphique ci-dessous montre la différence de rentabilité cumulée sur les six dernières années entre les portefeuilles d’Indexa et la moyenne des fonds d’investissement européens comparables selon Morningstar (le fournisseur d’information sur les fonds leader en Europe). En moyenne, Indexa a surperformé les fonds européens comparables de 28,7 points de pourcentage au cours des six dernières années :

Cela signifie qu’après six ans, et après avoir connu un cycle complet de hausse et de baisse des marchés, les portefeuilles d’Indexa ont obtenu une rentabilité de 3,7 points de pourcentage de plus chaque année, ce qui équivaut à une rentabilité cumulée plus de deux fois supérieure (49,8 % contre 21,1 %).

Vous trouverez ci-dessous une comparaison de la rentabilité ajustée au risque des portefeuilles en utilisant le ratio de Sharpe (rentabilité/risque) :

On constate qu’en six ans d’activité, Indexa a obtenu un ratio de Sharpe compris entre 0,95 et 0,82 (bien supérieur au 0,46 attendu à long terme pour des investissements diversifiés en actions et obligations), alors que les benchmarks ont actuellement un ratio de Sharpe très faible (entre +0,39 et +0,63). Cela signifie que les investisseurs, avec Indexa, obtiennent dans leurs portefeuilles la rentabilité du risque offerte par le marché, tandis que les investisseurs dans les fonds communs de placement européens subissent le même risque, mais la rentabilité est perdue en frais. D’autre part, il faut s’attendre à ce que le ratio de Sharpe diminue avec le temps, ce qui implique une réduction de la rentabilité, une augmentation du risque (volatilité) ou les deux.

Portefeuilles de plus de 100 mille euros et de moins de 10 mille euros

Nous gérons de manière très similaire les trois tailles de portefeuilles que nous utilisons chez Indexa : les portefeuilles inférieurs à 10 mille euros, les portefeuilles entre 10 mille et 100 milles euros et les portefeuilles supérieurs à 100 mille euros. La principale différence est, dans les portefeuilles plus importants, l’ajout d’autres classes d’actifs afin d’accroître encore plus la diversification.

Ci-dessous, vous pouvez voir les différentes rentabilités annuelles des différents portefeuilles en fonction du profil au cours des quatre années et demie où ils ont été en activité (du 31/12/2016 au 31/12/2021) :

Les différences entre les portefeuilles de plus de 10 mille euros et les portefeuilles de plus de 100 mille euros ou de moins de 10 mille euros ne sont pas très appréciables : entre -0,3 point de pourcentage (p.p.) et +0,0 p.p. par an pour les portefeuilles de plus de 100 mille euros et entre -0,5 p.p. et +0,9 p.p. pour les portefeuilles de moins de 10 mille euros.

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Sélection des classes d’actif

Comme vous le savez déjà, la politique d’investissement d’Indexa peut être résumé ainsi : « répliquer le monde avec les frais les plus faibles possibles ». Avec les articles à venir de notre formation financière, nous souhaitons vous expliquer de façon plus terre à terre ce principe.

La recherche économique et financière a montré que la meilleure manière de maximiser la rentabilité sur le long terme consistait à combiner des classes d’actif (ex. la bourse européenne) au lieu de sélectionner des valeurs spécifiques (ex. des actions de AB Inbev). A ce sujet, vous pouvez consulter les articles académiques suivants : Markowitz, 1952 ; Sharpe, 1964 ; Brinson, Hood y Beebower, 1986 ; Brinson, Singer y Beebower, 1991 ; Ibbotson y Kaplan, 2000.

C’est pourquoi, au lieu de dédier du temps à construire un portefeuille basé sur des actions et des obligations concrètes, la première étape pour répliquer le monde est de sélectionner une série de classes d’actif diversifiées et relativement peu corrélées. Pour ce faire, il faut considérer le couple rentabilité-risque historique des principales classes d’actif disponibles sur le marché. Nous évaluons également chaque classe d’actif sur sa corrélation avec les autres classes d’actif (diversification), sur sa protection contre l’inflation, sur la minimisation des coûts des fonds indexés et sur la minimisation des coûts de change. Les classes d’actif sont classées en 2 grandes familles : les actions (revenu variable) et les obligations (revenu fixe).

  • Les actions, malgré leur volatilité relativement importante, offrent aux investisseurs une exposition à la croissance économique et de meilleures attentes quant à la rentabilité à long terme.
  • Les obligations offrent des revenus plus sûrs, une rentabilité moindre que les actions mais aussi moins de risque et une corrélation relativement faible avec les actions.

Ci-dessous, une liste des classes d’actif utilisées par Indexa et les bénéfices qu’elles apportent au portefeuille.

Classes d’actif Avantages
Actions globales Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Etats-Unis Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Europe Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions économies émergentes Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Japon Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Pacifique sauf Japon Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions globales de petite capitalisation Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Obligations globales à long terme Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations Entreprises Européennes Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations Etats Européens Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations pays émergents couvertes en Euro Rendement du capital, exposition aux États émergents sans risque de devise, et diversification
Obligations européennes liées à l’inflation Rendement du capital, faible volatilité, diversification, protection contre l’inflation
Obligations États-Unis couvertes en euros Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations d’Entreprises États-Unis couvertes en euros Rendement du capital, faible volatilité, diversification

Nous détaillons ensuite la définition de ces classes d’actif et leurs principales caractéristiques.

Fonds indexés d’actions et d’obligations

Nos portefeuilles comprennent des fonds indexés qui sont composés d’une vaste sélection d’actions de divers continents. Votre argent est littéralement investi dans des milliers de sociétés. La proportion exacte d’actions dans chaque zone géographique dépend de votre niveau de risque.

De plus, nos portefeuilles comprennent divers fonds indexés d’obligations (dettes) qui s’équilibrent entre dettes de gouvernements et dettes d’entreprises, entre dettes à long terme et dettes à court terme, entre dettes émetteurs de différentes régions et obligations liées à l’inflation. Votre argent sera investi littéralement dans des centaines d’obligations de centaines d’émetteurs différents suivant des indices qui nous permettent d’offrir une très grande diversification. La proportion exacte de dettes dans chaque catégorie dépend de votre niveau de risque et de la taille du portefeuille.

  1. Actions globales : participation dans le capital de sociétés mondiales. Investissement dans des économies développées (principalement aux États-Unis, en Europe et au Japon).
  2. Actions Europe : participation dans le capital de sociétés basées en Europe. Bien que l’économie européenne risque d’être confrontée à une situation très difficile dans les années à venir, l’Europe représente toujours une part très importante de l’économie mondiale et dispose d’entreprises de premier plan au niveau mondial. D’autre part, il s’agit d’une référence sur le marché actions pour les investisseurs en euros.
  3. Actions États-Unis : participation dans le capital de sociétés basées aux États-Unis. Les États-unis représentent la plus grande économie et la plus grande bourse du monde. Bien que son économie ait été durement touchée par la crise financière de 2008-2009 et que sa future croissance sera probablement inférieure à celle passée, l’économie américaine reste l’une des plus résistantes, novatrices et actives du monde.
  4. Actions Japon : participation dans le capital de sociétés basées au Japon. Le Japon souffre depuis plusieurs décennies d’une croissance et d’une inflation faibles mais la banque centrale japonaise a adopté une politique monétaire très expansive qui devrait stimuler la croissance et l’inflation à moyen terme. Le Japon représente une économie importante au niveau mondial, avec environ 10% de la capitalisation globale, et il possède des sociétés exportatrices de référence.
  5. Actions Pays Émergents : participation dans des sociétés basées dans des pays comme le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud ou Taïwan. Comparés aux économies de pays plus développés, ces pays ont une démographie plus jeune, une classe moyenne croissante et une croissance économique plus rapide. Ils représentent déjà la moitié du PIB mondial, et cette proportion devrait continuer à progresser à mesure que leur croissance se poursuit. Les actions des entreprises de ces pays sont plus volatiles, mais nous prévoyons qu’elles auront une rentabilité moyenne, à long terme, supérieure aux actions d’entreprises américaines ou européennes.
  6. Actions du Pacifique sauf Japon : participation dans des sociétés basées dans le Pacifique à l’exclusion du Japon, en particulier des sociétés de Singapour, de Hong Kong, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, qui se distinguent par la vigueur de leur secteur des matières premières, tandis que Hong Kong et Singapour ont connu une forte croissance économique au cours des dernières années.
  7. Actions globales de petite capitalisation : représentent une participation dans la propriété des entreprises de petite et moyenne capitalisation (moins de 55 milliards de dollars) dans des pays développés (principalement États-Unis, Europe et Japon). Les entreprises de petite capitalisation apportent une diversification, à travers leur exposition à des secteurs particuliers, volatiles, et de rentabilité plus élevée, associé à une liquidité moindre et des perspectives de croissance plus importantes à long terme.
  8. Obligations globales à long terme : obligations à long terme émises par des gouvernements et des sociétés de pays développés. Il s’agit principalement d’un investissement dans des obligations dont la notation de crédit est élevée, bien qu’une petite part soit investie dans des obligations avec un haut rendement.
  9. Obligations d’entreprises européennes :  il s’agit de la dette émise par les entreprises européennes ou étrangères (émise en euros), avec des notations de crédit « investment grade » (élevés) pour financer leurs activités. Ces obligations offrent une rentabilité supérieure à celle des obligations d’État en raison d’un risque de crédit plus élevé et d’une liquidité plus faible. Contrairement aux gouvernements de la zone euro, la grande majorité des entreprises européennes a connu un processus de désendettement et a renforcé son bilan ces dernières années.
  10. Obligations Pays Émergents couvertes en euros : Les obligations de pays émergents sont la dette émise par des gouvernements et des organisations quasi gouvernementales des pays émergents, tels le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et Taïwan en devises étrangères comme l’euro ou le dollar américain. Elles offrent des rendements supérieurs à ceux des obligations de marchés développés. Actuellement, les pays émergents, avec une démographie plus jeune, une croissance économique plus forte, un bilan sain et un ratio dette publique/PIB inférieur, sont moins exposés au risque de défaut de paiement que certains pays de la zone euro.
  11. Obligations d’États européens : dettes émises par les gouvernements de la zone euro (Italie, France, Allemagne, Espagne, Hollande et Belgique principalement) pour financer les budgets des États. Jusqu’à la crise de la zone euro, ce type d’actifs apportait des revenus stables, une faible volatilité historique et une faible corrélation avec les actions. Depuis la crise de la zone euro, les actifs de certains pays comme l’Italie ou l’Espagne sont devenus des actifs comportant un risque de crédit, de sorte que la volatilité et la corrélation ont augmenté, bien que les interventions de la Banque Centrale Européenne aient considérablement réduit ces risques. À l’heure actuelle, ces obligations offrent une rentabilité historiquement faible et il est estimé qu’elles produisent des rendements réels à peine positifs en raison de la politique des faibles taux d’intérêts de la Banque Centrale Européenne.
  12. Obligations européennes indexées sur l’inflation : obligations indexées sur l’inflation européenne (hors tabac) émises par les gouvernements de la zone euro (Allemagne, Italie, France et Espagne). Contrairement aux obligations nominales, le principal et les coupons de ces obligations sont ajustés périodiquement en fonction de l’indice des prix à la consommation (IPC). Bien que les obligations indexées sur l’inflation aient actuellement des rentabilités historiquement faibles, leur spécificité, leur indexation sur l’inflation et leur faible volatilité historique en font une classe d’actif pouvant procurer aux investisseurs des revenus et des garanties en cas d’inflation dont ils pourraient avoir besoin.
  13. Obligations d’États-Unis couvertes en euros : représentent la dette émise par les États-Unis pour financer les budgets de l’État, couverte en euros. Cette classe d’actif d’obligations étatsuniennes diversifie les obligations d’États européens et expose le portefeuille à l’inflation et à la croissance économique étatsunienne.
  14. Obligations d’Entreprises États-Unis couvertes en euros : il s’agit de la dette émise par les entreprises étatsuniennes avec des notations de crédit « investment grade » (élevés) pour financer leurs activités couvertes en euros. Ces obligations offrent une rentabilité plus élevée que celles d’États car elles supportent un risque de crédit plus important et une rentabilité moindre, tout en diversifiant l’exposition aux obligations d’entreprises européennes.

Les classes d’actif qui composent nos portefeuilles peuvent changer au fil du temps, selon l’évolution de l’économie à long terme et l’évolution des fonds indexés disponibles sur le marché. Aujourd’hui, il y a certaines classes d’actif qui ne peuvent pas être investies à travers des fonds indexés mais des fonds indexés apparaîtront sans nul doute pour couvrir ses besoins. Pour plus d’information, vous pouvez consulter l’historique des changements de nos portefeuilles.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min).

Si vous êtes déjà client : vous pouvez accéder à votre composition de portefeuille depuis votre espace personnel sur la page « Résumé » de chacun de vos comptes.

Révision semestrielle de la rentabilité : attention aux extrapolations

Avant tout, un avertissement : il faut toujours garder à l’esprit que les rentabilités passées ne préjugent pas des rentabilités à venir.

Une des plaisanteries statistiques favorites d’Unai Ansejo (co-fondateur d’Indexa) est celle d’un professeur recommandant à une jeune mariée d’aller négocier un prix avec le pâtissier de la pièce montée car dans les prochains mois elle aura quatre douzaines de maris. La raison ? Car en extrapolant d’aucun mari hier à un mari aujourd’hui, l’évolution, pour le mois qui vient, est somme toute évidente !

Bien sûr, il ne s’agit rien de plus qu’une plaisanterie, mais elle nous sert de rappel quand nous tentons d’extrapoler quelques résultats sur la base de peu de données ou de données non représentatives du futur.

Nous avons souhaité commencer cet article semestriel de révision des résultats des portefeuilles d’Indexa par ce petit trait d’humour car après quelques conversations avec certains clients, nous avons perçu un risque d’extrapolation des très bonnes rentabilités passées d’Indexa sur le futur, alors que les perspectives devraient être moins bonnes.

Nous ne connaissons pas l’évolution des portefeuilles dans le futur car, comme nous l’expliquerons dans un autre article, la rentabilité inespérée est bien supérieure à la rentabilité espérée. Mais ce que nous pouvons d’ores et déjà dire, avec un certain niveau de confiance, est : la rentabilité espérée est moindre à présent qu’il y a quelques années quand nous avons lancé Indexa.

Nous publions annuellement la rentabilité et le risque espérés des portefeuilles. Les perspectives publiées en janvier 2021 sont beaucoup plus faibles que celles réellement obtenues sur la période 2016-2021. Il est normal qu’il en soit ainsi : la rentabilité des marchés d’actions et d’obligations ces dernières années a été élevée et moins de revalorisations sont espérées dans le futur. Par conséquent, il est moins probable que le futur des marchés financiers mondiaux soit aussi bon qu’il ne l’a été ces dernières années.

C’est pourquoi ce n’est pas un bonne idée d’extrapoler des résultats passés d’Indexa sur le futur. Par exemple, notre portefeuille 6/10 de 10 à 100 mille euros a donné une rentabilité de 7,0% annuelle entre le 31/12/2015 et le 30/06/2021 avec une volatilité annuelle de 8,4%. Avec cette donnée, certains pourraient arriver à la conclusion qu’avec un échantillon qui semble suffisant de cinq ans et demi, le portefeuille 6/10 d’Indexa “donnera” 7,0% de rentabilité avec ses hauts et ses bas. Toutefois, nous estimons la rentabilité espérée de ce portefeuille 6/10 pour le futur à 2,1%. C’est-à-dire, nous nous attendons à ce que la rentabilité future soit inférieure à celle réellement obtenue dans le passé. Ou autrement dit, nous croyons qu’il est plus probable qu’à l’avenir nous observions une rentabilité inférieure au 7,0% qu’une rentabilité supérieure.

Avec le paragraphe précédent, nous ne voulons pas dire que nous savons prédire l’avenir, en particuliers à court terme et nous ne sommes pas en train de délivrer un message appelant à réduire le risque des portefeuilles. En tenant compte de la volatilité espérée pour le portefeuille 6/10 à 7,6%, cela signifie qu’à un an le mieux que nous puissions dire est que la rentabilité obtenue sera, avec un intervalle de confiance de 95%, comprise entre -12,1% et +16,6%. Cela est une preuve de la pertinence de la rentabilité inespérée.

D’autre part, nous ne voulons pas non plus dire qu’il serait nécessaire de chercher d’autres alternatives d’investissements parce que nous n’espérons pas la même rentabilité passée des portefeuilles d’Indexa. Les autres alternatives d’investissements se trouvent exactement dans la même situation de marché.

Ce que nous voulons en revanche dire est qu’à long terme le plus raisonnable que nous puissions faire est réviser à la baisse nos perspectives de rentabilité en tant qu’investisseurs malgré la rentabilité élevée obtenue par le passé. Avec des taux d’intérêts dans les négatifs, nous ne pouvons pas aspirer aux mêmes rentabilités qu’avec des taux significativement positifs.

Dans tous les cas, nous devons être préparés à des mouvements de marché aussi brusques que ceux que nous avons connus l’année dernière au premier semestre à cause de la crise mondiale de la COVID-19. Le plus important est d’être conscient, d’autres périodes très négatives pour la bourse arriveront et assumer que nous ne pourrons pas les anticiper, ni les empêcher. Personne ne le peut. Le maximum auquel nous pouvons aspirer est les surmonter en sachant qu’un investissement diversifié et globalisé retourne éventuellement sur le chemin de la croissance. Pour cela, il est important de connaître les pertes maximales annuelles que nous estimons pouvoir rencontrer sur nos portefeuilles, en sachant qu’au moins une fois en 40 ans, il y aura probablement une telle perte, peut-être même supérieure :

Perte maximale à 1 an
avec un intervalle de confiance à 97,5%
Portefeuille 1 -7,0%
Portefeuille 2 -7,3%
Portefeuille 3 -8,3%
Portefeuille 4 -10,1%
Portefeuille 5 -11,0%
Portefeuille 6 -12,1%
Portefeuille 7 -13,8%
Portefeuille 8 -15,0%
Portefeuille 9 -16,7%
Portefeuille 10 -17,5%

Au cours du premier semestre 2021, la rentabilité du portefeuille de fonds le plus conservateur a été de +1,0% et celle du plus agressif de +12,0%, ce qui fait de 2021 pour le moment une très bonne année quant à la rentabilité des marchés mondiaux.

Ensuite, nous allons reprendre la rentabilité du premier semestre 2021 et depuis cinq ans et demi.

Au cours du premier semestre 2021, la rentabilité de nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros s’est située entre +1,0% et +12,0% :

  • +1,0% pour les portefeuilles de moindre risque (profil 1/10)
  • +12,0% pour les portefeuilles les plus risqués (profil 10/10)

Le premier semestre 2021 a été très positif en bourse (actions), mais négatif pour les obligations. Les actions ont eu une rentabilité comprise ente +4,4% (actions du Japon) et +18,7% (actions des États-Unis). Du côté des obligations, la rentabilité se situe entre -2,9% (obligations d’États Européens) et +1,6% (obligations européennes liées à l’inflation).

Nom Classe d’actif Rentabilité 2021-S1 (%)
Fonds d’actions
Vanguard Global Stk Idx Eur Acc Actions globales 16,6%
Vanguard European Stk Idx Eur Acc Actions Europe 15,6%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur Acc Actions États-Unis 18,6%
Vanguard Japan Stk Idx Eur Acc Actions Japon 4,4%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur Acc Actions Pays Émergents 10,7%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur Acc Actions Pacifique sauf Japon 13,0%
Fonds d’obligations
Vanguard Global Bnd Idx Eur Acc Obligations globales -2,3%
Vanguard Euro Inv Gr Bnd Idx Eur Acc Obligations d’entreprises européennes -1,1%
iShares EM Gov Bnd Idx -I2 Eur Hdg Obligations Pays Émergents couvertes en euros -1,2%
Vanguard Eur Gv Bnd Idx Acc Obligations d’États européens -2,9%
Vanguard Euroz Inf Lk Bnd Idx Eur Acc Obligations européennes indexées sur l’inflation 1,5%

Ce semestre montre une fois encore la capacité de diversification offerte par les obligations. Nous voyons comment en période de hausse de la bourse, les obligations chutent, particulièrement les obligations avec moins de risque de crédit comme les obligations d’États européens.

Quant au benchmark* (indice de référence) des portefeuilles, celui-ci a obtenu une rentabilité entre +1,9% et +15,6% :

  • +1,9% pour le Benchmark des portefeuilles de 1 à 3
  • +4,8% pour le Benchmark des portefeuilles de 4 à 5
  • +15,6% pour le Benchmark du portefeuille 10

Sur le graphique ci-dessus, nous pouvons remarquer que la différence de rentabilité entre nos portefeuilles et leur benchmark au cours du premier semestre 2021 se trouve comprise entre -3,6 points de pourcentage (p.p.) pour le portefeuille 10 et +6,8 p.p. pour le portefeuille 9.

En moyenne, avec notre gestion indexée, automatisée et avec des frais réellement faibles, nous avons réussi à ajouter au premier semestre 2021, 1,8 p.p. de rentabilité sur la moyenne des fonds espagnols d’obligations mixtes internationales, actions mixtes internationales, actions internationales.

Sur le graphique ci-dessous, nous pouvons observer la différence de rentabilité accumulée ces cinq dernières années et demie entre les portefeuilles d’Indexa et la moyenne des fonds espagnols. En moyenne, Indexa a obtenu une rentabilité 28,9 points de pourcentage supérieure à celle des fonds espagnols comparables au cours de ces cinq dernières années et demie :

Cela signifie qu’après cinq années et demie et en ayant connu un cycle complet de hausse et de baisse des marchés, les portefeuilles d’Indexa ont obtenu 4,3 points de pourcentage de plus de rentabilité chaque année, ce qui équivaut au triple de rentabilité cumulée (43,1% contre 14,2%).

Nous incluons ci-dessous, une comparaison de la rentabilité corrigée par le risque des portefeuilles en utilisant le ratio de Sharpe (rentabilité / risque) :

Nous pouvons observer qu’au cours de ces cinq dernières années et demie depuis lesquelles nous opérons, Indexa a obtenu un ratio de Sharpe entre 0,92 et 0,78 (bien supérieur au 0,46 espéré à long terme par des investissements diversifiés en actions et obligations), bien que les benchmarks aient actuellement un ratio de Sharpe très faible (entre +0,23 et +0,52). Cela signifie que les investisseurs avec Indexa obtiennent dans leur portefeuille la rentabilité pondérée par le risque offerte par le marché tandis que les investisseurs en fonds d’investissement espagnols repris par Inverco souffrent du même risque, mais la rentabilité se perd dans les frais.

Portefeuilles de plus de 100 mille euros et de moins de 10 mille euros

Nous effectuons une gestion très similaire pour les 3 tailles de portefeuilles que nous utilisons chez Indexa : portefeuilles de moins de 10 mille euros, portefeuilles entre 10 et 100 mille euros et portefeuilles de plus de 100 mille euros. La principale différence est le nombre de classes d’actif. Plus le portefeuille est grand, plus nous pouvons ajouter des classes d’actif pour incrémenter un peu plus la diversification.

Ci-dessous, nous pouvons voir les différentes rentabilités annuelles des différents portefeuilles en fonction du profil au cours des quatre années et demie durant lesquelles ils ont été opérationnels (du 31/12/2016 au 30/06/2021) :

Les différences entre les portefeuilles de plus de 10 mille euros et les portefeuilles de plus de 100 mille euros ou de moins de 10 mille euros ne sont pas très notables : entre -0,3 points de pourcentage (p.p.) et +0,0 p.p. par an pour les portefeuilles de plus de 100 mille euros et entre -0,4 p.p. et +0,1 p.p. pour les portefeuilles de moins de 10 mille euros.

→ Si vous n’avez pas encore de portefeuille avec Indexa Capital, vous pouvez effectuer gratuitement notre test de profil investisseur et découvrir quel portefeuille nous vous recommandons, avec une diversification maximale, et des frais en moyenne 5 fois plus faibles que la moyenne.

Le risqué de marché

Avec ce nouvel article de notre formation financière, nous allons analyser pourquoi un actif a un risque de marché et nous allons quantifier ce risque entre différents types d’actifs.

Le risque de marché est selon la Wikipédia : « le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des prix des instruments financiers qui composent un portefeuille ». Ou autrement dit, il est le risque d’acheter un actif et de le vendre ensuite avec une perte. Il s’agit du risque le plus important auquel doit faire face un investisseur.

Chaque actif a un risque de marché différent. Le premier problème auquel nous sommes confrontés avec ce risque est de le quantifier. Comme nous le commentions dans l’article Risque, volatilité et ratio de Sharpe, une manière de mesurer le risque d’un actif est d’utiliser sa volatilité. La volatilité est une mesure de dispersion des rentabilités d’un actif par rapport à sa rentabilité moyenne. Normalement, elle est exprimée en pourcentage et annuellement. Par exemple, la volatilité de la bourse des États Unis est généralement autour de +20%. Cela signifie qu’habituellement, l’amplitude de variation annuelle de la bourse américaine est de +/- 20%.

Pourquoi un actif est-il volatil ?

Plus il est difficile d’estimer les revenus que produira un actif, plus la volatilité de celui-ci sera élevée. Ainsi, si nous sommes certains qu’une obligation allemande versera 100€ dans un an, le prix aujourd’hui de cet investissement variera peu. En revanche, parce qu’il sera difficile d’estimer les dividendes qui seront distribués par une entreprise, un investissement dans ces actions sera plus volatil.

Les actifs moins volatils pourront être achetés avec une rentabilité espérée moindre. Ainsi, si vous êtes certain qu’un actif va verser 100€ dans un an, vous pouvez être tenté de l’acheter pour 99€. Mais si vous doutez alors vous voudrez sans doute le payer moins cher. Par conséquent, la rentabilité et le risque vont de pair. Plus de risque requiert une plus haute rentabilité espérée.

Ci-dessous, nous allons voir une liste de classes d’actif avec leur volatilité typique et les raisons de celle-ci.

Classes d’actif Raisons de la volatilité Volatilité typique
Obligations à court terme sans risque de crédit Les taux d’intérêts à court terme sont fixés par la Banque Centrale. Les investisseurs peuvent ne pas être d’accord sur les variations des futurs taux en fonction des prévisions d’inflation, de croissance économique, … 1%
Obligations à court terme avec un risque de crédit La probabilité que l’émetteur de ce genre d’obligations paie peut varier dans le temps. La probabilité qu’une entreprise ne paie pas, dépend de la situation économique générale, de l’évolution du secteur, d’événements de l’entreprise et des variations de l’effet de levier, entre autres.
Les investisseurs peuvent ne pas être d’accord à propos de ces facteurs, mais ceux-ci en principe évolueront peu à court terme.
3%
Obligations à long terme sans risque de crédit Les taux d’intérêts à long terme sont fixés par le marché sur la base des prévisions des taux à court terme fixés par la Banque Centrale pendant toute la période visée. Les investisseurs sont plus en désaccords sur quel pourra être le taux à court terme dans 5 ans et sur les prévisions d’inflation, de croissance à long terme. 5%
Obligations à long terme avec un risque de crédit Les probabilités qu’un émetteur d’une obligation paie peuvent varier avec le temps et, à long terme, de nombreux changements peuvent se produire. 10%
Devises Le taux de change entre deux devises est marqué par les changements de cycle économique, les changements de rémunération des devises (politique monétaire traditionnelle), la politique monétaire non conventionnelle (ex. Quantitative Easing), les catastrophes naturelles et les flux monétaires. Les investisseurs pourront avoir des opinions très différentes sur l’évolution de ces facteurs. 8%
Actions individuelles avec des bénéfices prévisibles Le prix d’une action variera en fonction des prévisions des bénéfices, de la solvabilité de l’entreprise, de la qualité de l’équipe de gestion, ainsi que de la situation macroéconomique globale. Si l’entreprise présente régulièrement des bénéfices, les investisseurs pourront être plus facilement d’accord entre eux sur leurs perspectives d’évolution, mais une action comprendra toujours plus de risque qu’une obligation qui offre un paiement fixe. 15-25%
Actions individuelles avec des bénéfices peu prévisibles Similaire au cas précédent, mais puisqu’il s’agit d’une entreprise avec des bénéfices peu prévisibles, les investisseurs changeront d’avis plus fréquemment et le prix sera alors plus volatil. 25-40%
Indices d’actions Un indice action a toujours moins de risque qu’un investissement sur une action individuelle car il élimine le risque dépendant d’une entreprise en particulier (équipe de gestion, par exemple) et il reste alors seulement le risque non diversifiable (situation macroéconomique). Par conséquent, les investisseurs ont moins de sujets de désaccord et la volatilité est moindre. 15-20%
Or L’or, à ne pas avoir de source de revenus, est virtuellement impossible à valoriser. Les investisseurs pourront changer rapidement d’avis sur son prix puisqu’il n’y a pas de paiements pour fixer sa valeur. 30-40%

Conclusion

En conclusion, nous pouvons affirmer que, plus les paiements d’un actif sont prévisibles, moins il est volatil et moins sa rentabilité espérée est élevée. Chez Indexa, nous utilisons la volatilité de chaque actif pour estimer le risque espéré de chaque profil (en incluant la corrélation entre classes d’actifs, que nous étudierons dans un autre article).

Portefeuilles d’Indexa

Ci-dessous, vous pouvez consulter la volatilité et la rentabilité espérée des différents profils investisseurs que nous gérons en ce moment, exemple avec les données de mai 2021 pour nos portefeuilles de fonds d’investissement de 10 à 100 mille euros :

Portefeuille nº 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée (%) 0,1 0,4 0,9 1,5 1,8 2,1 2,5 2,8 3,3 3,5
Volatilité espérée (%) 4,4 4,8 5,6 6,7 7,5 8,2 9,4 10,2 11,4 11,9
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Pour nos autres portefeuilles de fonds (de moins de 10 mille ou de plus de 100 mille euros), vous pouvez consulter le détail de nos portefeuilles.

Vous souhaitez connaître votre profil investisseur ? Vous pouvez effectuer notre test de profil investisseur (2 minutes) et découvrir quel portefeuille nous vous recommandons.

Risque, volatilité et ratio de Sharpe

Pour analyser un investissement, très souvent nous nous concentrons uniquement sur la rentabilité que celui-ci nous a offert. Par exemple, si un fonds d’investissement a obtenu 6% de rentabilité au cours de la dernière année et un autre 3%, beaucoup concluront alors que le premier a été un « meilleur » investissement que le second.

Exemple « Fonds 3 » « Fonds 6 »
Rentabilité dernière année 3% 6%

Or, la rentabilité ne représente que la moitié de ce que nous devrions analyser pour évaluer la performance d’un investissement. L’autre moitié devrait être le risque. Ainsi, dans l’exemple précédent, nous devrions nous demander : le risque était-il le même pour les deux fonds que nous sommes en train de comparer, ou le fonds offrant plus de rentabilité comportait-il aussi plus de risque ? Si les fonds n’avaient pas le même risque, nous serions en train de comparer des pommes avec des poires.

Illustration avec un cas extrême

Nous pouvons illustrer ceci en imaginant comparer la rentabilité d’un fonds indexé qui investit dans le S&P 500 avec la rentabilité obtenue par un fonds indexé qui offrirait deux fois la rentabilité du S&P 500 (un fonds à effet de levier de x2). Dans le premier cas, la rentabilité du fonds a été de +9,5% et dans le second +19,0%, mais il est évident que les deux fonds sont un aussi bon investissement l’un que l’autre. L’unique raison pour laquelle le second a donné le double de rentabilité est qu’il a assumé le double de risque. Si l’indice avait chuté, le fonds à effet de levier aurait chuté du double également.

Par conséquent, il est nécessaire de connaître le risque des investissements pour pouvoir évaluer leur performance. Le problème est que le risque n’est pas observable, nous devons donc l’estimer, et il y a de nombreuse s manières de le faire. Une estimation du risque d’un investissement, qui a été convertie dans les faits en standard de marché et de laquelle nous allons ensuite parler, est la volatilité. Probablement en avez-vous déjà entendu parler car généralement les commentateurs disent d’un investissement qu’il est plus volatil qu’un autre ou que le marché « est volatil ».

Qu’est-ce que la volatilité ?

La Wikipedia la définit comme : « La volatilité est l’ampleur des variations du cours d’un actif financier. Elle sert de paramètre de quantification du risque de rendement et de prix d’un actif financier. Lorsque la volatilité est élevée, la possibilité de gain est plus importante, mais le risque de perte l’est aussi. »

La volatilité mesure la dispersion des rentabilités d’un actif par rapport à sa moyenne. Normalement, elle est exprimée en pourcentage et est annuelle. Par exemple, la volatilité de la bourse est généralement d’environ +20%. Cela signifie, que la rentabilité annuelle de la bourse américaine varie habituellement au cours d’une année entre +/-20%.

Si vous faites certaines hypothèses sur le caractère aléatoire de la variable risque que vous souhaitez mesurer, en connaissant la volatilité, vous pouvez quantifier sa variabilité habituelle. Par exemple, en supposant que les rentabilités des actifs financiers suivent une distribution normale de moyenne 0, alors vous pouvez vous attendre, avec l’exemple précédent , que dans 68% des cas, la rentabilité annuelle de la bourse sera comprise entre -20% et +20% (ou +- une fois la volatilité) et que dans 95% des cas elle sera entre -40% et +40% (ou +- deux fois la volatilité). Et aussi, vous pouvez vous attendre à ce que dans 2,5% des cas la rentabilité annuelle sera inférieure à -40% et que dans 2,5% des cas, elle sera supérieure à +40%.

Graphiquement, vous pouvez voir les probabilités d’observer une rentabilité d’un actif qui a une volatilité annuelle de +20% de la manière suivante :

Ainsi, le plus habituel sera d’observer une rentabilité de 0%, tandis que 68% des rentabilités annuelles seront comprises entre -20% et +20% et 95% seront comprises entre -40% et +40%.

Le ratio de Sharpe (rentabilité divisée par le risque)

Une fois connues les volatilités de deux investissements, nous pouvons comparer correctement la rentabilité de chacun pour pouvoir discerner si l’un est meilleur que l’autre. Une manière très commune de comparer les « rentabilités corrigées par le risque » est de diviser la rentabilité de l’actif par sa volatilité (si nous supposons que l’actif sans risque a une moyenne de 0% comme dans ce cas). Ce ratio s’appelle Ratio de Sharpe et nous dirons qu’un investissement a été meilleur qu’un autre s’il a obtenu un ratio de Sharpe supérieur.

Pour revenir à notre exemple, si le premier fonds avait eu une volatilité estimée de 6% et le second fonds de 15%, alors nous observerions, bien qu’ayant été plus rentable, que le second fonds a été moins rentable en tenant compte de la correction par le risque puisque le ratio de Sharpe du premier investissement est de 0,5 (3% / 6%) tandis que celui du second est de 0,4 (6% / 15%).

Exemple

“Fonds 3”

“Fonds 6”

Rentabilité dernière année

3%

6%
Volatilité 6% 15%
Ratio de Sharpe 0,5 0,4

Chez Indexa

Notre objectif est d’offrir à l’investisseur le couple rentabilité – risque en accord avec son profil investisseur. Nous essayons de maximiser la rentabilité de l’investissement pour un profil déterminé. D’autre part, pour que nous puissions nous comparer à d’autres options d’investissement, nous publions des statistiques sur la rentabilité et la volatilité passées de nos portefeuilles.

Par exemple, nos dernières estimations à long terme de rentabilité, validité et ratio de Sharpe pour nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros sont les suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée 0,1% 0,4% 0,9% 1,5% 1,8% 2,1% 2,5% 2,8% 3,3% 3,5%
Volatilité espérée 4,4% 4,8% 5,6% 6,7% 7,5% 8,2% 9,4% 10,2% 11,4% 11,9%
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Note : nos estimations de rentabilité et de volatilité espérées sont réalisées par notre gestionnaire et validées par notre Conseil d’Experts, en début d’année. La rentabilité et la volatilité espérées peuvent différer de cette estimation de début d’année à chaque instant. Plus d’information sur notre page « Modèle de gestion ».

En Espagne, en janvier 2020, nous avions espéré à long terme pour nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros les données suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée 0,4% 0,7% 1,2% 1,8% 2,1% 2,4% 2,9% 3,2% 3,6% 3,9%
Volatilité espérée 4,0% 4,3% 5,2% 6,3% 7,0% 7,7% 8,9% 9,7% 10,8% 11,4%
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Et les données réelles de nos portefeuilles de fonds en 2020 ont été les suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité annualisée 2016-2020 3,5% 3,8% 4,6% 5,3% 5,8% 6,2% 6,9% 7,4% 7,7% 7,9%
Volatilité annualisée 2016-2020 3,8% 4,3% 5,6% 6,9% 7,8% 8,6% 10,0% 11,0% 12,0% 12,4%
Ratio de Sharpe annualisé 2016-2020 0,92 0,88 0,82 0,77 0,74 0,72 0,69 0,67 0,64 0,64

Note : plus de détail sur ces rentabilités et volatilités historiques sur nos portefeuilles sur notre page statistiques.

Nous pouvons remarquer qu’au cours des 5 dernières années, les rentabilités observées ont été supérieures à celles espérées et parce que les volatilités observées ont pratiquement été égales à celles espérées, le ratio de Sharpe obtenu est significativement supérieur aux perspectives.

Face à cette situation, un gestionnaire actif appellerait rapidement l’attention sur sa capacité hors du commun à prédire le marché ou trouver des « opportunités boursières ». Il est certain que nous sommes face à un cas de bonne fortune : entre 2016 et 2020, les bourses et les obligations mondiales ont obtenu de bons résultats et les portefeuilles d’Indexa ne reflète rien de plus que cela. A moyen – long terme, nous verrons comment les rentabilités, les volatilités et les ratios de Sharpe vont converger progressivement vers les résultats espérés.

Approximations et réflexions

Nous aimerions partager avec vous les approximations et réflexions suivantes sur le concept de risque et de volatilité :

    • Supposer que la volatilité est égale au risque est une hypothèse de travail commode et très répandue, mais à laquelle il ne manque pas de détracteurs. Une autre définition qui est très intéressante est de supposer que le risque serait égal à la probabilité de perte permanente et irrécupérable. Le fait qu’un actif fluctue par rapport à sa moyenne n’implique pas une perte irrécupérable pour un investisseur avec un horizon d’investissement suffisamment long. Cependant, certains investisseurs peuvent être conduits à des pertes irrécouvrables (comme par exemple avec les actions individuelles) et nous pourrions conclure qu’un investissement pouvant mener à une perte irrécupérable est plus risqué qu’un autre ne pouvant pas y mener, bien qu’à court terme ils aient la même volatilité. Le principal problème avec cette nouvelle définition est qu’il n’y a pas de manière quantitative et objective de mesurer sa pertinence, ainsi chaque personne peut avoir une opinion différente sur le risque de perte irrécouvrable d’un investissement. Par conséquent, malgré l’intérêt conceptuel, cette mesure est, dans la pratique, inutile.
    • Pour faire des hypothèses sur les probabilités d’occurrence d’une rentabilité, nous faisons l’hypothèse que les rentabilités des actifs proviennent d’une distribution normale. Cependant, il est démontré que sur de courtes périodes, tant les actions comme les obligations et les devises ont un comportement non normal très prononcé. Toutefois, pour des rentabilités annuelles ou à plus long terme, il s’agit d’une bonne approximation.
    • La volatilité peut être estimée avec de nombreuses manières et elle dépendra en général de la période utilisée pour l’estimation (par exemple un an, 5 ans, 10 ans, 20 ans, …) et de la périodicité des données utilisées (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle).

Nous pouvons également observer que la volatilité est elle-même très volatile. Cela étant, dans des périodes d’incertitude, la variabilité des actifs augmente et par conséquent leurs volatilités également. Si nous étions en train d’estimer une volatilité en utilisant les données d’une période haussière, nous sous-estimerions la volatilité de l’actif sur des périodes de stress.