Comment définissons-nous le profil de nos clients ?

Définir le profil d’un client a traditionnellement été plus un art qu’une science et un art complexe. Très souvent le client ne sait pas quel niveau de risque il veut assumer et quand il croit le savoir, il ne sait pas réellement comment réagir quand il voit son portefeuille grimper ou baisser. D’autre part, le banquier qui évalue le profil du client peut ne pas être dans un bon jour ou être particulièrement pessimiste ou optimiste et biaiser les réponses et les indications données par le client.

Chez Indexa, nous avons voulu résoudre ce problème de la subjectivité de l’évaluateur avec une approche quantitative et scientifique : nous avons créé un processus reproductible, évaluable et révisable. Cela ne signifie pas qu’il s’agit de la seule manière de définir le profil investisseur du client, mais nous pensons qu’il présente de nombreux avantages, en particulier celui d’être totalement objectif quant à l’évaluateur (une fois le processus défini) et de pouvoir être évalué et amélioré.

Nous avons défini une série de questions avec leurs réponses possibles et, sur la base de ces dernières, nous utilisons un algorithme, qui est public, pour obtenir le profil. Avec ce processus, deux clients qui répondent de la même manière à un test, obtiendront le même profil investisseur. Cela ne sera pas toujours le cas avec une méthode traditionnelle de questions et réponses qualitatives.

La première chose dont nous avons besoin pour évaluer le profil de risque d’un client est de connaître sa capacité à assumer les risques (quel niveau de risque peut-il assumer) et sa tolérance à les assumer (quel niveau de risque veut-il assumer).

La capacité à assumer les risques

La capacité à assumer les risques dépend des variables objectives suivantes :

  • Le patrimoine actuel du client (plus le patrimoine est important, plus la capacité à assumer les risques est grande)
  • Les revenus (pour les plus jeunes, plus les revenus sont importants, plus la capacité est grande : pour ceux proches de l’âge de la pension, plus le revenu est grand, plus la capacité est réduite, car nous visons le maintien de leur pouvoir d’achat une fois pensionnés)
  • La stabilité de ces revenus (plus la stabilité est importante, plus la capacité est grande)
  • Le pourcentage de revenus consacré aux dépenses (plus les dépenses sont importantes, moins la capacité est grande)
  • L’âge du client (plus la retraite est loin, plus la capacité est grande)
  • L’horizon d’investissement (plus l’horizon temporel est long, plus la capacité est grande)

Avec ces données, nous évaluons la capacité du client à pouvoir supporter ses dépenses à la retraite. Si le client a un patrimoine, des revenus et des dépenses qui lui permettent de supporter plus de 20 ans de coûts fixes, sa capacité à assumer les risques est considérée comme élevée. La valorisation est comprise entre 1 (faible capacité) et 10 (haute capacité).

L’âge est le paramètre le plus important de l’évaluation de la capacité à prendre des risques. Un investisseur jeune qui ne va pas avoir besoin de liquidité, aura toujours le temps de récupérer d’éventuelles pertes sur son portefeuille d’investissement ou dues à une situation de chômage.

La tolérance, ou volonté d’assumer les risques

La tolérance à prendre des risques s’évalue en fonction d’un ensemble de questions, nécessairement subjectives, à travers lesquelles s’établit l’attitude de l’investisseur face à différentes situations. Ainsi, l’expérience passée du client avec des investissements à risque est également évaluée. Si à partir des réponses, nous détectons un manque de cohérence, la valorisation globale de la tolérance aux risques diminue sensiblement. La valorisation est également comprise entre 1 (faible tolérance) et 10 (haute tolérance).

Calcul du profil investisseur

Une fois la tolérance à prendre des risques et la capacité à les assumer connues, nous calculons le profil total. Quatre situations sont possibles : faible ou haute tolérance avec faible ou haute capacité. Si la tolérance et la capacité vont dans le même sens, il n’y a pas de problème, mais s’il y a dissonance alors il faut définir une procédure.

Profil investisseur
selon la capacité / la tolérance
Faible tolérance Haute tolérance
Faible capacité Profil conservateur ?
Haute capacité ? Profil risqué

Avec les méthodes de profilage traditionnelles, le jugement du banquier entrait ici en compte avec le risque qu’il engendrait. Chez Indexa, à avoir une donnée numérique tant pour la capacité que pour la tolérance, nous pouvons prendre une décision cohérente. Ainsi, le profil investisseur du client est calculé comme une moyenne pondérée donnant toujours plus d’importance à la caractéristique (capacité ou tolérance) ayant obtenu le moins de points (80% à celle ayant le moins de points et 20% à celle en ayant le plus). En cas de dissonance, cette règle tend à attribuer un profil plus conservateur.

Par exemple, une capacité de 8 et une tolérance de 4 donneraient un profil de 5 (0,2 * 8 + 0,8 * 4 = 4,8, arrondi à 5).

Si vous souhaitez découvrir le détail de l’algorithme de profilage utilisé par Indexa, vous pouvez le consulter sur notre page modèle.

Connaissez-vous votre profil investisseur ?

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Le profil actuel de nos clients

La distribution actuelle de nos 44.000 clients entre les 10 profils investisseur est la suivante :

Quant à la rentabilité et à la volatilité espérées de chaque profil, vous pouvez les trouver après le test de profil, ou également sur notre page modèle de gestion, dans la partie « Répartition optimale de chaque classe d’actif ».

Vous pouvez également consulter la rentabilité, la volatilité et le ratio de Sharpe (rentabilité / volatilité) des dix profils de risque sur la page de la rentabilité de nos portefeuilles.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min).

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Le risque de liquidité

Nous continuons notre série d’article sur les différents risques. Après un premier article sur le risque de crédit, nous allons maintenant présenter le risque de liquidité des marchés financiers.

Le risque de liquidité est, selon Investopedia : « le risque dérivé d’un investissement ne pouvant pas être acheté ou vendu avec la rapidité suffisante pour éviter ou minimiser une perte ». Autrement dit, il s’agit du risque de ne pas trouver un acheteur au moment où nous souhaitons vendre notre actif pour obtenir de la liquidité, indépendamment du prix. Il s’agit d’un risque très important puisque sans acheteur nous ne pouvons pas liquider nos investissements, ce qui réduit notre pouvoir d’achat.

Chaque actif a un risque de liquidité différent qui dépend de la taille de l’investissement et du nombre d’investisseurs qui y participent. Plus la taille de l’investissement ou le nombre d’investisseurs est grand, plus l’investissement sera liquide. Si je suis le seul à posséder un actif, une maison par exemple, et je souhaite le vendre, il sera nécessairement plus difficile à vendre que des actions pour lesquelles il y a des milliers, voire des millions, de vendeurs et d’acheteurs impliqués.

Nous pouvons ordonner les principales classes d’actif en fonction de leur liquidité (ordre approximatif), du plus liquide au moins liquide :

  1. Actions de grandes entreprises cotées
  2. Obligations d’États
  3. Obligations d’entreprises de bonne qualité crédit (investment grade)
  4. Actions de petites entreprises cotées
  5. Obligations d’entreprises de faible qualité crédit (high yield)
  6. Immobilier
  7. Capital risque
  8. Émetteurs privés de dette

Si nous investissions dans un fonds d’investissement, pour connaître la liquidité de celui-ci, il faudrait analyser dans quoi investit ce fonds. Si le fonds investissait dans des actions de grandes entreprises cotées, il pourrait faire face à des remboursements beaucoup plus importants que s’il investissait dans de petites entreprises cotées. Par exemple, un fonds indexé sur l’indice S&P 500 ou MSCI Europe (tel qu’utilisé chez Indexa) a un risque de liquidité nettement moindre qu’un fonds d’investissements en valeur (value) qui investit dans des petites entreprises cotées.

En général, les fonds maintiennent un petit pourcentage du fonds en espèces pour pouvoir faire face aux remboursements quotidiens habituels. Si des remboursements supérieurs à cette réserve sont reçus, le fonds doit vendre sur le marché une part de ses investissements (actions ou obligations) pour pouvoir obtenir de la liquidité et donner l’argent aux participants qui souhaitent rembourser leurs parts d’un fonds. Si l’actif est peu liquide, il se peut que la valeur liquidative du fonds soit affectée ou qu’il soit impossible de faire face immédiatement aux remboursements demandés par les participants. Dans ce cas, les participants qui souhaitent rembourser leurs parts doivent attendre plusieurs jours pour recevoir l’argent.

Pour éviter cet impact négatif pour les participants qui ne vendent pas, certains fonds d’investissement appliquent un prix oscillant (dont nous parlerons dans un article postérieur), qui bénéficient à tous les participants actuels du fonds. De cette manière, les coûts de transaction pour non-liquidité sont assumés par les nouveaux participants.

Lors de la construction d’un portefeuille d’investissement, il faut faire très attention au risque de liquidité. Chez Indexa, les portefeuilles de fonds de nos clients, qui sont remboursables à n’importe quel moment, sont investis dans des classes d’actif avec une liquidité élevée : des actions d’entreprises cotées, des obligations d’État et des obligations d’entreprises de bonne qualité de crédit. Ainsi, le participant serait à peine affecté s’il décidait de rembourser sa participation. D’autre part, nous sélectionnons des fonds d’investissement de grande taille pour que les choix d’un participant n’affectent pas le fonds. Le fonds le plus petit, avec lequel nous travaillons actuellement, a un patrimoine de plus d’un milliard d’euros (voir le détail de nos portefeuilles).

Le cas spécifique des ETFs

Ces derniers temps, nous entendons parfois parler d’un potentiel problème de non-liquidité des ETF’s (Exchange Traded Fund, ou fonds d’investissement cotisé) qui sont négociés sur le marché et du risque de déviation entre la valeur de l’ETF et celle des actifs sous-jacents dans lesquels investit l’ETF.

Dans le cas d’un ETF avec un grand volume de négociation, ce potentiel problème pourrait difficilement devenir significatif. Par exemple, l’ETF « SPDR S&P 500 ETF » traitent quelques 60.000 millions de dollars quotidiennement. Avec ce volume traité, n’importe quelle opération qui dévierait un peu de la valeur des sous-jacents serait rapidement corrigée.

Dans le cas où un ETF n’aurait pas tant de volume de négociation, mais investirait dans des actifs liquides, cela serait un problème très bref puisque si une différence de valeur entre cet ETF et ses actifs sous-jacents était suffisante pour couvrir les coûts de transaction et générer un bénéfice, les arbitres entreraient pour négocier le sous-jacent contre l’ETF et feraient disparaître cette différence. Nous pouvons par exemple voir ci-dessous le graphique du « flash-crash » d’un ETF qui investit dans des actions du S&P 500 équipondéré, qui a beaucoup moins de liquidité que le S&P 500 pondéré par capitalisation boursière :

Ce « flash-crash » s’est corrigé dans l’heure suivant l’ouverture. Néanmoins, si un ETF investit dans des actifs beaucoup moins liquides alors il peut donner une plus grande différence mais le prix est susceptible de finir par refléter la valeur des sous-jacents.

Chez Indexa, ces courtes variations du prix de certains ETF’s ne nous affectent pas car nous investissons dans des fonds indexés non cotés (pas dans des ETF’s).

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Le risque de crédit

Quand vous investissez, le plus important est de connaître parfaitement les risques encourus. Savoir à quels risques vous êtes exposé permet de minimiser les risques auxquels vous ne souhaitez pas l’être et diversifier correctement les risques acceptés.

Photo : Brian A. Jackson

En fait, un bon investisseur peut espérer au mieux savoir s’exposer et estimer correctement les risques qu’il choisit comme source de rentabilité à long terme (sans risque, il n’y a pas de rentabilité). Une fois sélectionnées les sources de risque, la rentabilité viendra avec le temps, avec les soubresauts habituels à court terme. Si nous assumons un risque sans le savoir, par méconnaissance ou omission, nous pourrions ne pas parvenir à nos prévisions de rentabilité à long terme. Ou dans le pire des cas, nous pourrions même perdre la totalité de notre investissement à cause d’un événement que nous n’aurions pas anticipé.

Chez Indexa, nous accordons une grande importance à l’assignation des risques et dans une série d’articles, nous allons décrire les différents types de risques. Notre objectif est de divulguer l’information et pouvoir vous éviter les mauvaises surprises. Les principaux risques sont : le risque de marché, le risque de crédit et le risque de liquidité.

Dans cet article, nous allons parler du risque de crédit et l’importance de diversifier ce risque. La Wikipedia en donne la définition suivante :

« Le risque de crédit est le risque qu’un emprunteur ne rembourse pas tout ou une partie de son crédit aux échéances prévues par le contrat signé entre lui et le préteur. »

Parce qu’il s’agit du risque qu’un emprunteur ne rembourse pas son crédit, nous devons y porter toute notre attention. En effet, au moment de ne pas payer, généralement seule une toute petite partie est récupérée par le prêteur.
Si nous prêtions tout notre argent à une seule et même institution qui ne nous le rendrait pas, nous aurions alors tout perdu.

En réalité, aucun être sensé ne prêterait tout son argent à une seule personne ou entité, mais le problème survient quand nous ne sommes pas conscients que nous sommes en train de prêter notre argent. Il existe de nombreux exemples d’investisseurs qui ne connaissaient pas cette situation et ont eu une mauvaise surprise. Nous allons dresser une liste de quelques cas dans lesquels un risque de crédit élevé est pris généralement inconsciemment.

Déposer de l’argent sur un compte courant dans une banque

En déposant notre argent sur un compte courant dans un établissement bancaire, en réalité ce que nous sommes en train de faire est prêter de l’argent à la banque avec la condition de pouvoir demander à le retirer quand nous le souhaitons. C’est la raison pour laquelle dans certains cas la banque nous rémunère ce risque avec un intérêt. Si la banque faisait faillite, nous nous retrouverions avec la surprise d’être devenu un des créanciers de la banque et nous devrions attendre que la banque soit liquidée pour pouvoir savoir combien nous pouvons récupérer (au-delà de la somme couverte par le fonds de garantie).

C’est pourquoi, quand des rumeurs commencent à se propager à propos d’une banque qui aurait des problèmes, les clients font la queue devant les succursales pour être les premiers à retirer leur argent. Étant donné que ce comportement fragilisait beaucoup les établissements financiers et les rendaient sujets à des rumeurs, des organismes officiels ont été créés pour prêter aux banques en cas de panique injustifiée (les banques centrales), et pour « garantir » certains montants en dessous desquels un client récupère son argent (fonds de garantie). En Belgique, le montant couvert par le Fonds de Garantie des Dépôts est de 100.000€ par compte espèce et par titulaire.

Par conséquent, si vous disposez d’une quantité supérieure à 100.000€ en dépôt, il est préférable de chercher des établissements financiers solvables et dans le cas d’importantes quantités de déposer l’argent dans différents établissements. Chez Indexa, le compte espèces utilisé pour regrouper les investissements des clients est maintenu auprès de BinckBank du groupe Saxo Bank qui est une des entités avec un ratio de solvabilité des plus élevés en Europe. Toutefois, nous restons conscients du risque de crédit associé et nous ne laissons pas plus de 1% des actifs du client sur ce compte espèces (sauf pour les comptes plus petits pour lesquels le pourcentage d’espèces peut être temporairement plus important).

Obligations structurées

A la différence des dépôts, ce genre d’investissements est très habituel dans les portefeuilles de clients de banque privée. Les banquiers privés commercialisent généralement ces obligations à leurs clients en se concentrant uniquement sur les caractéristiques de l’obligation, en survolant qui en est l’émetteur et le risque de crédit associé.

Par exemple, si nous pensons à une obligation garantie qui dans 5 ans reversera le montant investi et en plus nous donnera la rentabilité du Bel20 (si elle est positive), cela semble a priori un bon investissement : si la bourse grimpe, nous gagnons et si la bourse ne grimpe pas, nous récupérons notre argent.

Le problème est : qui « garantit » ces versements ? Car il y a des bons garants et des mauvais, ou pire encore, il y a des mauvais garants qui semblent en être de très bons. À ce sujet, nous avons l’exemple de Lehman Brothers. Beaucoup de clients de banque privée ont perdu beaucoup d’argent parce qu’ils avaient investi dans des obligations garanties par Lehman Brothers, très souvent sans même savoir qu’elles étaient garanties par cet établissement. En 2008, au moment de la faillite de Lehman, ces investisseurs sont devenus, comme dans le cas des comptes courants, des créanciers de la banque. Le processus judiciaire pour récupérer leur argent continue encore plus de dix ans après.

Perdre de l’argent fait partie du monde de l’investissement, mais il faut éviter les pertes définitives et irrécupérables. Dans le cas de Lehman Brothers (ou des établissements financiers islandais), le véritable problème a été que, dans certains cas, la totalité des économies d’un client ont été investies dans ces obligations et par conséquent la perte a été totale et définitive.

En règle générale, il faut toujours demander qui est le garant d’une transaction garantie et voir si vous êtes à l’aise avec le risque de crédit associé. Notre recommandation est d’éviter les obligations structurées, puisqu’en fait il s’agit d’investissements avec une plus grande marge pour les établissements financiers qui les vendent et elles tendent à concentrer plus de risques comme le risque de crédit. Un portefeuille diversifié et à faible coût n’a pas besoin de ce genre de produits.

Produits d’épargne et d’assurance

À contracter un produit d’épargne avec une entreprise d’assurance, il faut être conscient que dans la réalité nous sommes en train de prêter tout notre argent à l’assureur et nous signons un contrat à travers lequel il nous promet certaines rentabilités en échange. Par exemple, dans le cas d’une assurance vie de la branche 23, un investisseur donne à l’assureur un montant que celui-ci s’engage à un investir dans un portefeuille de fonds d’investissement pour ensuite, quand le client demande à récupérer son argent, lui rendre le résultat de l’investissement dans ces fonds.

C’est-à-dire qu’en plus des risques de marché qui sont pris et qui dépendent de chaque produit en particulier, le client assume un risque de crédit très important avec l’assureur. En cas de faillite de la société d’assurance, les clients des produits d’épargne deviendront des créanciers de l’assurance dans la procédure judiciaire qui suivra. Dans ce cas, l’investissement des clients n’est pas séparé du bilan de l’assurance et ils entrent dans la procédure d’insolvabilité.

Comme pour les comptes courants, les organismes publics ont établi des mécanismes pour tenter de palier à ce risque très important (qui touche donc la totalité de l’investissement), comme par exemple l’établissement de fonds de réserve. Cependant, indépendamment du risque perçu ou de ceux atténuants, il faut toujours tenter de minimiser les risques que nous ne souhaitons pas prendre ou du moins les diversifier au maximum. C’est important parce qu’avec le temps, des événements que nous n’attendions pas peuvent se produire et à long terme la situation des établissements peut changer brusquement. Par exemple, en moins de deux ans (2006-2008), AIG est passé du statut d’assureur extrêmement solvable, le plus grand du monde, à celui de société en faillite, sauvée par les États-Unis.

C’est pourquoi, si vous souhaitez éviter un risque de crédit trop important, il peut être préférable d’investir dans les fonds d’investissement eux-mêmes. Les fonds d’investissement ont uniquement leurs propres participations et ont leurs propres bilans et par conséquent ils ne sont pas exposés au risque de faillite du gérant du fonds (les fonds sont hors du bilan de leur gestionnaire). Du point de vue du risque de crédit, il est préférable de construire des portefeuilles de fonds d’investissement ou de fonds de pension puisque dans les deux cas le patrimoine appartient aux participants et non à l’établissement qui les gère.

Conclusion

Il y a de nombreux autres exemples d’investisseurs n’ayant pas conscience du risque de crédit : obligation perpétuelles, obligations subordonnées, … Dans chacun des cas, nous nous retrouvons à avoir prêté une quantité importante de notre patrimoine à une seule entité, qui au moment du prêt, nous semblait très solvable mais qui avec le temps a empiré.

Le remède à ce risque est double :

  1. Éviter le risque de crédit qui n’apporte pas de valeur comme dans le cas des obligations structurées.
  2. Diversifier, diversifier et diversifier. L’unique façon d’obtenir une rentabilité est d’assumer des risques, et le risque de crédit est un des plus important, mais il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ! Dans nos portefeuilles de fonds d’investissement, il y a toujours une certaine exposition au risque de crédit à travers des fonds d’obligations d’États et d’obligations d’entreprises, mais cette exposition est très diversifiée puisque nous prêtons littéralement à des milliers de créanciers, et par conséquent, la probabilité que tous fassent faillite en même temps est quasiment nulle. En échange, nous obtiendrons une rentabilité ajustée à ce risque à long terme.

Finalement, et comme recommandation, avant de contracter n’importe quel produit, demandez à la personne qui vous le présente : que se passerait-il pour mon investissement si votre entreprise faisait faillite ? Si la réponse est que vous perdriez tout votre argent, nous vous recommandons de n’investir qu’une petite partie de vos économies dans ce produit financier.

Plus d’information :

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L’effet de l’inflation sur nos portefeuilles indexés

Par les temps qui courent, nous pouvons entendre parler régulièrement d’une possible augmentation de l’inflation. Plusieurs clients nous ont demandé quel effet pourrait avoir « la plus que prévisible inflation » (paroles d´un client) sur les portefeuilles et quelles mesures nous mettons en place chez Indexa à ce sujet. Dans la constitution des portefeuilles actuels, nous prenons déjà en compte l’effet de l’inflation et nous allons donc dans cet article vous expliquer comment celle-ci l’est.

Inflation et prévisions d’inflation

Avant toute chose, il est nécessaire de faire la distinction entre inflation et prévisions d’inflation. L’inflation est une donnée observable, publiée par les services de statistiques de chaque pays, tandis que les prévisions d´inflation ne sont que les prévisions espérées par les investisseurs pour le futur. Ces prévisions ne sont pas observables, il faut les estimer de manière indirecte. Ce sont ces dernières qui affectent les prix des actifs et ces prévisions varient bien plus que les données réelles de l’inflation.

À mesure que nous surmontons la pandémie de la Covid-19, les prévisions d’inflation augmentent de par la reprise économique et les mesures de relance monétaire, lesquelles devraient générer de l’inflation à l’avenir. Par exemple, les perspectives d’inflation européenne pour les swaps d’inflation à 5 ans sont maintenant de 1,6% au lieu de 1,3% au début de l’année. Les swaps d’inflation sont des produits dérivés négociés par les grands investisseurs institutionnels.

Cette prévision à la hausse implique que l’effet de cette future inflation est probablement déjà pris en compte, ou du moins partiellement, dans le prix actuel des actions et des obligations. Dès lors, la prévision d’une possible augmentation de l’inflation pourrait n’avoir aucun impact futur puisqu’elle pourrait déjà être reflétée dans les prix actuels. En revanche, si les prévisions d’inflation dépassent les attentes actuelles, alors il y aura un effet.

Il est important de comprendre que les prévisions sont une éventualité et peuvent donc augmenter ou baisser. Personne ne sait ce que seront les prévisions dans le futur, si elles augmenteront ou baisseront. Il y a de nombreuses raison de penser que l’inflation va fortement augmenter à l’avenir (reprise économique et relance monétaire), mais aussi de penser le contraire (digitalisation, services déflationnistes tels que nos services par exemple, dont le prix ne fait que baisser chaque année). La meilleure estimation que nous pouvons faire à propos de l’inflation future est celle qui se base sur la prévision actuelle de l’inflation.

L’effet des prévisions d’inflation sur les différentes classes d´actifs.

Les prévisions d’inflation affectent différemment chaque actif : actions, obligations nominales et obligations liées à l’inflation. Les actifs qui protègent de l’inflation sont appelés « actifs réels » et ceux ne protégeant pas « actifs nominaux ».

Les cours des actions ont tendance à intégrer les hausses modérées à élevées de l’inflation. En effet, le prix de l’action d’une entreprise est corrélé avec la valeur des ventes et avec le prix des biens et services vendus par les entreprises, lesquels augmentent également avec l’inflation. À titre d’exemple, depuis le début 2021 jusqu’au 3 juin, malgré l’augmentation des prévisions d’inflation de 1,3% à 1,6%, les actions européennes ont grimpé de 14,8%. En cas d’hyperinflation (inflation très élevée), les actions sont affectées négativement par la crise économique, laquelle déclenche généralement un épisode d´hyperinflation. Cependant, il est très rare d’observer une hyperinflation dans des économies diversifiées, développées et de grandes tailles comme la zone Euro ou les États-Unis.

Les obligations nominales sont affectées négativement par la hausse des anticipations d’inflation. En effet, en général, lorsque les prévisions d’inflation augmentent, le marché s’attend à un relèvement des taux d’intérêts à venir par la banque centrale concernée, ce qui augmente à long terme le taux d’intérêt des obligations. Par ailleurs, une augmentation des taux d´intérêts entraîne une chute du prix des obligations actuelles, car leur taux d’intérêt est inférieur à celui des nouvelles obligations qui seront émises. Par exemple, en 2021, le fonds d’obligations gouvernementales européennes Vanguard Euro Government Bond Index Fund EUR Acc, que nous incluons dans certains de nos portefeuilles, est en baisse de -3,3%.

Les obligations liées à l’inflation sont partiellement affectées par les prévisions d’inflation. Le point positif : comme le nominal de l’obligation augmente avec l’inflation, cette partie protège. Le point négatif : comme il s’agit d´une obligation, le paragraphe précèdent, sur la hausse des taux d’intérêts à long terme et la baisse du prix des obligations, s’applique. En 2021, jusqu’aujourd’hui, l’effet combiné est positif avec une hausse de +1,3% pour le fonds Vanguard Eurozone Inflation-Linked Bond Index Fund EUR Acc qui est inclus dans tous nos portefeuilles de plus de 10 mille euros.

L’effet des prévisions d’inflation sur un portefeuille diversifié

Comme nous l’avons observé, les classes d’actif se comportent différemment face aux prévisions d’inflation. Les portefeuilles d’Indexa sont construits à partir de différentes classes d’actif dans le but de diversifier les sources de rendement et de risques, parmi lesquels l’inflation.

La seule manière d’éliminer le risque d’inflation (à la hausse comme à la baisse) est d’avoir un portefeuille composé à 100% d’actifs réels, ce qui, dans notre cas reviendrait à avoir un portefeuille d’actions. Un portefeuille avec 100% d’actions signifie que l’on prend beaucoup de risques et que l’on ne bénéficie pas de la diversification offerte par les obligations. Les autres alternatives pour réduire le risque d’inflation, comme les obligations à court terme ou les liquidités, comportent leurs problèmes. Les obligations à court terme ont un rendement attendu moins important que les obligations à long terme, quant aux liquidités, elles apportent un risque de crédit très concentré.

Notre recommandation compte tenu de la situation actuelle

Une fois encore, notre recommandation est de ne pas réagir aux mouvements du marché (dans ce cas, à l’augmentation des prévisions d’inflations) ni aux bruits des médias, et de maintenir les portefeuilles actuels conçus et optimisés pour le long terme.

Si vous n’êtes pas encore indexé avec nous, n’hésitez pas à effectuer notre test de profil investisseur (2 minutes) pour découvrir quel portefeuille de fonds nous pouvons vous proposer.

Le risqué de marché

Avec ce nouvel article de notre formation financière, nous allons analyser pourquoi un actif a un risque de marché et nous allons quantifier ce risque entre différents types d’actifs.

Le risque de marché est selon la Wikipédia : « le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des prix des instruments financiers qui composent un portefeuille ». Ou autrement dit, il est le risque d’acheter un actif et de le vendre ensuite avec une perte. Il s’agit du risque le plus important auquel doit faire face un investisseur.

Chaque actif a un risque de marché différent. Le premier problème auquel nous sommes confrontés avec ce risque est de le quantifier. Comme nous le commentions dans l’article Risque, volatilité et ratio de Sharpe, une manière de mesurer le risque d’un actif est d’utiliser sa volatilité. La volatilité est une mesure de dispersion des rentabilités d’un actif par rapport à sa rentabilité moyenne. Normalement, elle est exprimée en pourcentage et annuellement. Par exemple, la volatilité de la bourse des États Unis est généralement autour de +20%. Cela signifie qu’habituellement, l’amplitude de variation annuelle de la bourse américaine est de +/- 20%.

Pourquoi un actif est-il volatil ?

Plus il est difficile d’estimer les revenus que produira un actif, plus la volatilité de celui-ci sera élevée. Ainsi, si nous sommes certains qu’une obligation allemande versera 100€ dans un an, le prix aujourd’hui de cet investissement variera peu. En revanche, parce qu’il sera difficile d’estimer les dividendes qui seront distribués par une entreprise, un investissement dans ces actions sera plus volatil.

Les actifs moins volatils pourront être achetés avec une rentabilité espérée moindre. Ainsi, si vous êtes certain qu’un actif va verser 100€ dans un an, vous pouvez être tenté de l’acheter pour 99€. Mais si vous doutez alors vous voudrez sans doute le payer moins cher. Par conséquent, la rentabilité et le risque vont de pair. Plus de risque requiert une plus haute rentabilité espérée.

Ci-dessous, nous allons voir une liste de classes d’actif avec leur volatilité typique et les raisons de celle-ci.

Classes d’actif Raisons de la volatilité Volatilité typique
Obligations à court terme sans risque de crédit Les taux d’intérêts à court terme sont fixés par la Banque Centrale. Les investisseurs peuvent ne pas être d’accord sur les variations des futurs taux en fonction des prévisions d’inflation, de croissance économique, … 1%
Obligations à court terme avec un risque de crédit La probabilité que l’émetteur de ce genre d’obligations paie peut varier dans le temps. La probabilité qu’une entreprise ne paie pas, dépend de la situation économique générale, de l’évolution du secteur, d’événements de l’entreprise et des variations de l’effet de levier, entre autres.
Les investisseurs peuvent ne pas être d’accord à propos de ces facteurs, mais ceux-ci en principe évolueront peu à court terme.
3%
Obligations à long terme sans risque de crédit Les taux d’intérêts à long terme sont fixés par le marché sur la base des prévisions des taux à court terme fixés par la Banque Centrale pendant toute la période visée. Les investisseurs sont plus en désaccords sur quel pourra être le taux à court terme dans 5 ans et sur les prévisions d’inflation, de croissance à long terme. 5%
Obligations à long terme avec un risque de crédit Les probabilités qu’un émetteur d’une obligation paie peuvent varier avec le temps et, à long terme, de nombreux changements peuvent se produire. 10%
Devises Le taux de change entre deux devises est marqué par les changements de cycle économique, les changements de rémunération des devises (politique monétaire traditionnelle), la politique monétaire non conventionnelle (ex. Quantitative Easing), les catastrophes naturelles et les flux monétaires. Les investisseurs pourront avoir des opinions très différentes sur l’évolution de ces facteurs. 8%
Actions individuelles avec des bénéfices prévisibles Le prix d’une action variera en fonction des prévisions des bénéfices, de la solvabilité de l’entreprise, de la qualité de l’équipe de gestion, ainsi que de la situation macroéconomique globale. Si l’entreprise présente régulièrement des bénéfices, les investisseurs pourront être plus facilement d’accord entre eux sur leurs perspectives d’évolution, mais une action comprendra toujours plus de risque qu’une obligation qui offre un paiement fixe. 15-25%
Actions individuelles avec des bénéfices peu prévisibles Similaire au cas précédent, mais puisqu’il s’agit d’une entreprise avec des bénéfices peu prévisibles, les investisseurs changeront d’avis plus fréquemment et le prix sera alors plus volatil. 25-40%
Indices d’actions Un indice action a toujours moins de risque qu’un investissement sur une action individuelle car il élimine le risque dépendant d’une entreprise en particulier (équipe de gestion, par exemple) et il reste alors seulement le risque non diversifiable (situation macroéconomique). Par conséquent, les investisseurs ont moins de sujets de désaccord et la volatilité est moindre. 15-20%
Or L’or, à ne pas avoir de source de revenus, est virtuellement impossible à valoriser. Les investisseurs pourront changer rapidement d’avis sur son prix puisqu’il n’y a pas de paiements pour fixer sa valeur. 30-40%

Conclusion

En conclusion, nous pouvons affirmer que, plus les paiements d’un actif sont prévisibles, moins il est volatil et moins sa rentabilité espérée est élevée. Chez Indexa, nous utilisons la volatilité de chaque actif pour estimer le risque espéré de chaque profil (en incluant la corrélation entre classes d’actifs, que nous étudierons dans un autre article).

Portefeuilles d’Indexa

Ci-dessous, vous pouvez consulter la volatilité et la rentabilité espérée des différents profils investisseurs que nous gérons en ce moment, exemple avec les données de mai 2021 pour nos portefeuilles de fonds d’investissement de 10 à 100 mille euros :

Portefeuille nº 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée (%) 0,1 0,4 0,9 1,5 1,8 2,1 2,5 2,8 3,3 3,5
Volatilité espérée (%) 4,4 4,8 5,6 6,7 7,5 8,2 9,4 10,2 11,4 11,9
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Pour nos autres portefeuilles de fonds (de moins de 10 mille ou de plus de 100 mille euros), vous pouvez consulter le détail de nos portefeuilles.

Vous souhaitez connaître votre profil investisseur ? Vous pouvez effectuer notre test de profil investisseur (2 minutes) et découvrir quel portefeuille nous vous recommandons.

Risque, volatilité et ratio de Sharpe

Pour analyser un investissement, très souvent nous nous concentrons uniquement sur la rentabilité que celui-ci nous a offert. Par exemple, si un fonds d’investissement a obtenu 6% de rentabilité au cours de la dernière année et un autre 3%, beaucoup concluront alors que le premier a été un « meilleur » investissement que le second.

Exemple « Fonds 3 » « Fonds 6 »
Rentabilité dernière année 3% 6%

Or, la rentabilité ne représente que la moitié de ce que nous devrions analyser pour évaluer la performance d’un investissement. L’autre moitié devrait être le risque. Ainsi, dans l’exemple précédent, nous devrions nous demander : le risque était-il le même pour les deux fonds que nous sommes en train de comparer, ou le fonds offrant plus de rentabilité comportait-il aussi plus de risque ? Si les fonds n’avaient pas le même risque, nous serions en train de comparer des pommes avec des poires.

Illustration avec un cas extrême

Nous pouvons illustrer ceci en imaginant comparer la rentabilité d’un fonds indexé qui investit dans le S&P 500 avec la rentabilité obtenue par un fonds indexé qui offrirait deux fois la rentabilité du S&P 500 (un fonds à effet de levier de x2). Dans le premier cas, la rentabilité du fonds a été de +9,5% et dans le second +19,0%, mais il est évident que les deux fonds sont un aussi bon investissement l’un que l’autre. L’unique raison pour laquelle le second a donné le double de rentabilité est qu’il a assumé le double de risque. Si l’indice avait chuté, le fonds à effet de levier aurait chuté du double également.

Par conséquent, il est nécessaire de connaître le risque des investissements pour pouvoir évaluer leur performance. Le problème est que le risque n’est pas observable, nous devons donc l’estimer, et il y a de nombreuse s manières de le faire. Une estimation du risque d’un investissement, qui a été convertie dans les faits en standard de marché et de laquelle nous allons ensuite parler, est la volatilité. Probablement en avez-vous déjà entendu parler car généralement les commentateurs disent d’un investissement qu’il est plus volatil qu’un autre ou que le marché « est volatil ».

Qu’est-ce que la volatilité ?

La Wikipedia la définit comme : « La volatilité est l’ampleur des variations du cours d’un actif financier. Elle sert de paramètre de quantification du risque de rendement et de prix d’un actif financier. Lorsque la volatilité est élevée, la possibilité de gain est plus importante, mais le risque de perte l’est aussi. »

La volatilité mesure la dispersion des rentabilités d’un actif par rapport à sa moyenne. Normalement, elle est exprimée en pourcentage et est annuelle. Par exemple, la volatilité de la bourse est généralement d’environ +20%. Cela signifie, que la rentabilité annuelle de la bourse américaine varie habituellement au cours d’une année entre +/-20%.

Si vous faites certaines hypothèses sur le caractère aléatoire de la variable risque que vous souhaitez mesurer, en connaissant la volatilité, vous pouvez quantifier sa variabilité habituelle. Par exemple, en supposant que les rentabilités des actifs financiers suivent une distribution normale de moyenne 0, alors vous pouvez vous attendre, avec l’exemple précédent , que dans 68% des cas, la rentabilité annuelle de la bourse sera comprise entre -20% et +20% (ou +- une fois la volatilité) et que dans 95% des cas elle sera entre -40% et +40% (ou +- deux fois la volatilité). Et aussi, vous pouvez vous attendre à ce que dans 2,5% des cas la rentabilité annuelle sera inférieure à -40% et que dans 2,5% des cas, elle sera supérieure à +40%.

Graphiquement, vous pouvez voir les probabilités d’observer une rentabilité d’un actif qui a une volatilité annuelle de +20% de la manière suivante :

Ainsi, le plus habituel sera d’observer une rentabilité de 0%, tandis que 68% des rentabilités annuelles seront comprises entre -20% et +20% et 95% seront comprises entre -40% et +40%.

Le ratio de Sharpe (rentabilité divisée par le risque)

Une fois connues les volatilités de deux investissements, nous pouvons comparer correctement la rentabilité de chacun pour pouvoir discerner si l’un est meilleur que l’autre. Une manière très commune de comparer les « rentabilités corrigées par le risque » est de diviser la rentabilité de l’actif par sa volatilité (si nous supposons que l’actif sans risque a une moyenne de 0% comme dans ce cas). Ce ratio s’appelle Ratio de Sharpe et nous dirons qu’un investissement a été meilleur qu’un autre s’il a obtenu un ratio de Sharpe supérieur.

Pour revenir à notre exemple, si le premier fonds avait eu une volatilité estimée de 6% et le second fonds de 15%, alors nous observerions, bien qu’ayant été plus rentable, que le second fonds a été moins rentable en tenant compte de la correction par le risque puisque le ratio de Sharpe du premier investissement est de 0,5 (3% / 6%) tandis que celui du second est de 0,4 (6% / 15%).

Exemple

“Fonds 3”

“Fonds 6”

Rentabilité dernière année

3%

6%
Volatilité 6% 15%
Ratio de Sharpe 0,5 0,4

Chez Indexa

Notre objectif est d’offrir à l’investisseur le couple rentabilité – risque en accord avec son profil investisseur. Nous essayons de maximiser la rentabilité de l’investissement pour un profil déterminé. D’autre part, pour que nous puissions nous comparer à d’autres options d’investissement, nous publions des statistiques sur la rentabilité et la volatilité passées de nos portefeuilles.

Par exemple, nos dernières estimations à long terme de rentabilité, validité et ratio de Sharpe pour nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros sont les suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée 0,1% 0,4% 0,9% 1,5% 1,8% 2,1% 2,5% 2,8% 3,3% 3,5%
Volatilité espérée 4,4% 4,8% 5,6% 6,7% 7,5% 8,2% 9,4% 10,2% 11,4% 11,9%
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Note : nos estimations de rentabilité et de volatilité espérées sont réalisées par notre gestionnaire et validées par notre Conseil d’Experts, en début d’année. La rentabilité et la volatilité espérées peuvent différer de cette estimation de début d’année à chaque instant. Plus d’information sur notre page « Modèle de gestion ».

En Espagne, en janvier 2020, nous avions espéré à long terme pour nos portefeuilles de 10 à 100 mille euros les données suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité espérée 0,4% 0,7% 1,2% 1,8% 2,1% 2,4% 2,9% 3,2% 3,6% 3,9%
Volatilité espérée 4,0% 4,3% 5,2% 6,3% 7,0% 7,7% 8,9% 9,7% 10,8% 11,4%
Ratio de Sharpe espéré 0,02 0,08 0,16 0,22 0,24 0,26 0,27 0,27 0,29 0,29

Et les données réelles de nos portefeuilles de fonds en 2020 ont été les suivantes :

Portefeuille 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Rentabilité annualisée 2016-2020 3,5% 3,8% 4,6% 5,3% 5,8% 6,2% 6,9% 7,4% 7,7% 7,9%
Volatilité annualisée 2016-2020 3,8% 4,3% 5,6% 6,9% 7,8% 8,6% 10,0% 11,0% 12,0% 12,4%
Ratio de Sharpe annualisé 2016-2020 0,92 0,88 0,82 0,77 0,74 0,72 0,69 0,67 0,64 0,64

Note : plus de détail sur ces rentabilités et volatilités historiques sur nos portefeuilles sur notre page statistiques.

Nous pouvons remarquer qu’au cours des 5 dernières années, les rentabilités observées ont été supérieures à celles espérées et parce que les volatilités observées ont pratiquement été égales à celles espérées, le ratio de Sharpe obtenu est significativement supérieur aux perspectives.

Face à cette situation, un gestionnaire actif appellerait rapidement l’attention sur sa capacité hors du commun à prédire le marché ou trouver des « opportunités boursières ». Il est certain que nous sommes face à un cas de bonne fortune : entre 2016 et 2020, les bourses et les obligations mondiales ont obtenu de bons résultats et les portefeuilles d’Indexa ne reflète rien de plus que cela. A moyen – long terme, nous verrons comment les rentabilités, les volatilités et les ratios de Sharpe vont converger progressivement vers les résultats espérés.

Approximations et réflexions

Nous aimerions partager avec vous les approximations et réflexions suivantes sur le concept de risque et de volatilité :

    • Supposer que la volatilité est égale au risque est une hypothèse de travail commode et très répandue, mais à laquelle il ne manque pas de détracteurs. Une autre définition qui est très intéressante est de supposer que le risque serait égal à la probabilité de perte permanente et irrécupérable. Le fait qu’un actif fluctue par rapport à sa moyenne n’implique pas une perte irrécupérable pour un investisseur avec un horizon d’investissement suffisamment long. Cependant, certains investisseurs peuvent être conduits à des pertes irrécouvrables (comme par exemple avec les actions individuelles) et nous pourrions conclure qu’un investissement pouvant mener à une perte irrécupérable est plus risqué qu’un autre ne pouvant pas y mener, bien qu’à court terme ils aient la même volatilité. Le principal problème avec cette nouvelle définition est qu’il n’y a pas de manière quantitative et objective de mesurer sa pertinence, ainsi chaque personne peut avoir une opinion différente sur le risque de perte irrécouvrable d’un investissement. Par conséquent, malgré l’intérêt conceptuel, cette mesure est, dans la pratique, inutile.
    • Pour faire des hypothèses sur les probabilités d’occurrence d’une rentabilité, nous faisons l’hypothèse que les rentabilités des actifs proviennent d’une distribution normale. Cependant, il est démontré que sur de courtes périodes, tant les actions comme les obligations et les devises ont un comportement non normal très prononcé. Toutefois, pour des rentabilités annuelles ou à plus long terme, il s’agit d’une bonne approximation.
    • La volatilité peut être estimée avec de nombreuses manières et elle dépendra en général de la période utilisée pour l’estimation (par exemple un an, 5 ans, 10 ans, 20 ans, …) et de la périodicité des données utilisées (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle).

Nous pouvons également observer que la volatilité est elle-même très volatile. Cela étant, dans des périodes d’incertitude, la variabilité des actifs augmente et par conséquent leurs volatilités également. Si nous étions en train d’estimer une volatilité en utilisant les données d’une période haussière, nous sous-estimerions la volatilité de l’actif sur des périodes de stress.

Les prêts de titres dans les fonds indexés

Les fonds d’investissement, et plus spécifiquement les fonds d’investissement indexés à réplication physique, prêtent certains titres (actions ou obligations) contenus dans leur portefeuille à d’autres entités contre un intérêt pour rémunérer le prêt de titres. Le but est d’augmenter la rentabilité du fonds, couvrir une partie des coûts du fonds et de cette manière s’approcher le plus possible de la rentabilité de l’indice. Le taux d’intérêts pour un prêt de titres sera d’autant plus élevé qu’il sera difficile d’obtenir un prêt pour l’action ou l’obligation en question.

Parfois, le gestionnaire de fonds garde totalement ou partiellement les intérêts du prêt de titres pour augmenter ses revenus. Dans le cas des fonds de Vanguard, que nous utilisons dans nos portefeuilles, le fonds indexé reçoit tous les gains du prêt, au bénéfice des porteurs de parts, les clients.

La raison des prêts de titres (actions ou obligations) est de permettre à d’autres investisseurs de pouvoir emprunter le titre et de le vendre au prix du marché avec l’espoir de le racheter plus tard à un prix moindre et de restituer le titre emprunté avec une plus-value. Ces investisseurs sont dits « vendeurs à découvert » (« short sellers ») de l’action ou l’obligation en question.

Dans le cas particulier des fonds indexés d’actions que nous utilisons chez Indexa, les prêts de titres ont généré en moyenne 0,019% de rentabilité annuelle supplémentaire au cours des trois dernières années (source : Vanguard, 2018-2020).

Fonds Augmentation de la rentabilité annuelle
ces 3 dernières années
Vanguard Japan Stk Idx Eur Acc 0,034%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur Acc 0,031%
Vanguard European Stk Idx Eur Acc 0,022%
Vanguard Global Stk Idx Eur Acc 0,016%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur Acc 0,009%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur Acc 0,001%
Moyenne 0,019%

Source : Vanguard 2018-2020

Comme n’importe quelle autre source de revenus, ces intérêts sont accompagnés d’un risque. Dans cet article, nous allons analyser en détail les risques pris, leur importance et les mécanismes utilisés pour les atténuer.

Prêter des titres entraine un risque de crédit (défaut de paiement)

Le processus de prêt de titres est relativement simple : le fonds indexé transfère temporairement la propriété du titre contre un intérêt pour un temps prédéfini. Comme dans tous les prêts, le risque existe que l’emprunteur, qui en général est une banque d’investissement, fasse faillite pendant la durée du prêt et ne rende pas le titre prêté au fonds indexé. Ce risque est appelé risque de crédit. Cela impliquerait, si 1% du fonds était prêté à une banque qui faisait faillite, le jour de la faillite, une chute d’environ 1% du fonds. Si le fonds avait prêté 10% alors sa chute serait d’environ 10%.

Quelle est l’importance du risque de crédit ?

Le risque de défaut de paiement dépend de l’exposition du fonds aux activités de prêt. Un fonds qui prêterait 100% de ses titres court un risque largement supérieur à celui qui prêterait 1% de ses titres. Dans le cas des fonds de Vanguard, le pourcentage moyen prêté a été de 1,5% au cours de ces trois dernières années :

Fonds Pourcentage du fonds prêté
ces 3 dernières années
Vanguard Japan Stk Idx Eur Acc 4,5%
Vanguard European Stk Idx Eur Acc 1,8%
Vanguard Global Stk Idx Eur Acc 1,1%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur Acc 1,0%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur Acc 0,4%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur Acc 0,1%
Moyenne 1,5%

Source : Vanguard 2018-2020

Comment le risque de crédit est-il atténué ?

Deux options principales sont disponibles pour atténuer le risque de défaut de paiement.

La première consiste à s’engager dans des prêts avec de nombreuses contreparties de qualité (diversification). Si le fonds prête à des banques ayant une qualité de crédit élevée et en plus il répartit les prêts entre plusieurs d’entre elles, alors le risque de défaut de paiement se réduit significativement.

La deuxième option pour atténuer le risque est de demander une garantie appelée collatéral. De cette manière, si la banque faisait faillite, le collatéral reviendrait au fonds prêteur, et atténuerait ainsi la perte du fonds indexé. Le type de collatéral et le montant acceptés sont très importants. Garantir un prêt d’un million d’euro avec un collatéral d’un million d’euros en actions ou avec un collatéral de 1,1 million d’euros en obligations d’État allemand est très différent. En cas de défaut de paiement, la valeur des actions pourrait avoir chuté par rapport au début du prêt et avoir une valeur largement en dessous du montant du prêt tandis qu’avec des obligations d’État Allemand, la valeur n’aurait a priori que peu changée.
Dans le cas de Vanguard, les fonds demandent toujours comme collatéral 105% du montant prêté en obligations d’État de haute qualité de crédit (Allemagne ou États-Unis, par exemple).

Conclusion

Le prêt de titres réalisé par les fonds indexé à réplication physique apporte un peu de rentabilité supplémentaire contre un risque de crédit très contrôlé. Il est très important que vous vous assureriez que le bénéfice du prêt soit reçu par le fonds et ne soit pas gardé par le gestionnaire du fonds, puisque le risque de défaut de paiement est assumé par le fonds. Enfin, il est fortement recommandé de connaître en détail les mesures prises pour atténuer le risque de crédit.

Si vous n’êtes pas encore indexé avec nous, n’hésitez pas à effectuer notre bref test de profil investisseur (2 minutes) pour découvrir quel portefeuille de fonds d’investissement nous pouvons vous offrir.

Si vous êtes déjà indexé avec nous, n’hésitez pas à nous recommander à vos amis et votre famille pour obtenir chacun une remise sur vos portefeuilles de fonds.

Les bénéfices des rééquilibrages automatiques de portefeuilles

A travers cet article, nous voulons montrer les implications d’une gestion basée sur les rééquilibrages automatiques. Cette technique consiste à vendre les fonds qui ont grimpé relativement au portefeuille et acheter ceux qui ont baissé pour maintenir votre portefeuille ajusté au portefeuille modèle qui correspond à votre profil investisseur. Bien que cette technique effectue les rééquilibrages avec raison, parfois elle peut générer des doutes auprès des investisseurs, surpris que celle-ci achète des fonds qui ont baissé. Ces derniers sous-entendent que parce que les fonds ont baissé, il est probable qu’ils continuent de baisser.

1. Poursuivre le marché est une mauvaise stratégie

Ce biais est très habituel, les chercheurs en finance comportementale (« behavioral finance ») l’ont nommé : « poursuivre le marché » (« Chasing the market ») ou aussi « différence à cause du comportement » (« behavioural gap »). Poursuivre le marché signifie que nous avons tendance à maintenir les positions gagnantes plus que nécessaire et à vendre celles perdantes avant l’heure. En réalité, ce n’est qu’une manifestation du comportement que nous connaissons depuis que nous sommes petits : nous apprenons par l’expérience et nous pensons que les rentabilités futures seront similaires à celles passées et récentes. Cependant, dans le monde des investisseurs, les échecs d’aujourd’hui ne font que semer les graines du succès de demain.

Malheureusement, ce biais diminue beaucoup la rentabilité des investisseurs sur le long terme et la réduit d’une manière très curieuse : il fait dévier votre profil de risque vers un profil plus risqué qui quand les pertes surviennent (elles surviendront un jour ou l’autre), elles vous frappent avec un portefeuille surexposé à un petit nombre de classes d’actif généralement très corrélées entre-elles (puisque les positions perdantes ont été vendues). Dans ce portefeuille, aucune classe d’actif ne peut vous protéger des baisses et vous finissez par subir une perte largement supérieure à celle que vous pouvez assumer. Quand les pertes deviennent excessives par rapport à votre profil investisseur, beaucoup optent pour vendre, avec la matérialisation des pertes, et se privent des bénéfices d’une reprise à venir qui se produit forcément à un moment donné.

2. Les investisseurs ne rééquilibrent pas leurs portefeuilles

Dans son livre Unconventional Success, A Fundamental Approach to Personal Investment, David F. Swensen, investisseur bien connu et actuel directeur des investissements de la fondation de l’université de Yale, illustre cet effet avec le comportement des investisseurs après le krach boursier de 1987.

Composition moyenne des portefeuilles Actions Obligations Espèces Autres
Pondération sept. 1987
(avant le krach boursier)
28,4% 30,4% 37,1% 4,1%
Pondération oct. 1987
(après le krach boursier)
21,9% 32,3% 42,1% 3,8%

Comme nous pouvons le voir, les investisseurs ont réduit la proportion de leurs investissements en actions après le krach boursier. L’auteur ajoute qu’ils ont attendu plus de 4 ans pour revenir à la pondération d’avant la chute boursière dans leurs portefeuilles.

Nous pouvons observer le même comportement après l’éclatement de la bulle internet de l’an 2000. Pour illustrer ce point, dans le même chapitre du livre, l’auteur utilise les données de 16 mille investisseurs dans des fonds de pension TIAA (Teachers Insurance and Annuity Association of America, voir la note 1 en fin d’article) pour analyser comment, individuellement, ces investisseurs ont changé leur exposition aux actions et aux obligations tout au long des années 1992-2003 (ces fonds permettent d’augmenter ou de diminuer à volonté la pondération des actions). Le résultat peut s’analyser à travers le graphique suivant :

En moyenne les investisseurs ont commencé avec un profil 50% actions et 50% obligations. Avec le marché haussier des années 1995-1999, ils n’ont pas modifié leurs apports, ni rééquilibré leurs portefeuilles, ainsi par pur effet de marché, ils sont passés à une pondération de 68% en actions, juste avant que ne commence le marché baissier et à la fin de la période baissière, ils sont revenus à 50% en actions. Par conséquent, à ne pas rééquilibrer, les investisseurs ont laissé le marché faire l’affectation stratégique de leurs actifs. Pendant ces 10 années, la rentabilité annuelle obtenue par les investisseurs a été de 8,4%, et la rentabilité cumulée sur cette période a été de 123%.

Swensen fait la réflexion et le calcul suivant : quelle rentabilité auraient obtenu les investisseurs s’ils avaient investi depuis le départ 68% de leur portefeuille en action et avaient rééquilibré annuellement leur portefeuille pour maintenir constamment cette proportion de 68% d’actions ? Ce portefeuille aurait eu un risque très proche d’un portefeuille ayant une pondération de 50% mais qui non rééquilibré, a augmenté jusqu’à 68%.

Le résultat est qu’avec un risque similaire, le portefeuille rééquilibré annuellement aurait obtenu une rentabilité supplémentaire de +0,4 point de pourcentage à l’année, soit 10 points de pourcentage de plus sur la rentabilité cumulée sur 10 ans par rapport au portefeuille sans rééquilibrage. C’est-à-dire, qu’avec un risque similaire, une rentabilité largement supérieure aurait pu être obtenue.

Impact des rééquilibrages sur la rentabilité des portefeuilles Rentabilité annuelle Rentabilité cumulée
Portefeuille sans rééquilibrage, pondération initiale 50% actions, pondération maximale 68% 8,4% 123%
Portefeuille avec rééquilibrage pondérations 68% actions 8,8% 133%
Bénéfice des rééquilibrages +0,4% +10%

3. Comment expliquer cette rentabilité supplémentaire grâce aux rééquilibrages ?

Le rééquilibrage automatique est un exemple d’investissement contraire (« contrarian investing »). Quand vous rééquilibrez votre portefeuille, ou bien vous achetez des actifs qui ont baissé et qui, par conséquent, sont en disgrâce, sont moins demandés, ou bien vous vendez des actifs qui ont grimpé, qui sont à la mode et que moins d’investisseurs veulent vendre. Vu d’une autre manière, plus en accord avec l’efficience des marchés : quand vous rééquilibrez votre portefeuille, vous achetez des actifs qui ont baissé et par conséquent qui ont une « prime de risque » supérieure qui devrait être compensée à long terme. Cela signifie que les crises financières sont généralement accompagnées de crises économiques dans lesquelles les investisseurs ont moins d’argent, espèrent donc en obtenir moins, leurs actifs sont dépréciés, et il reste donc moins d’acheteurs potentiels. Et inversement.

4. Pourquoi tout le monde n’effectue alors pas des rééquilibrages ?

La question qui devrait maintenant surgir, si cela est si évident, pourquoi tout le monde ne le fait-il pas ? Malgré le fait que le rééquilibrage soit apparemment un mode de gestion assez simple à effectuer, notre expérience nous montre que dans les faits les gestionnaires professionnels tendent à faire justement le contraire : quand un actif baisse relativement, ils vont difficilement l’acheter. Normalement, ils le maintiendront et souvent ils le vendront. Pourquoi ? Car ce sont des gestionnaires qui ne veulent pas perdre leurs clients, et si un actif baisse et que le client est mécontent, le plus simple est de ne pas s’opposer à lui et de vendre l’actif.

De plus, dans un marché baissier, les revenus des gestionnaires baissent, de par leur patrimoine et car les clients changent (à tort) vers des investissements plus conservateurs qui laissent moins de marge. En conséquence, les gestionnaires deviennent plus court-termistes dans leur relation avec le client et la priorité devient de ne pas perdre de clients, bien que cela engage de mauvaises décisions à moyen terme.

5. Conclusion

Rééquilibrer périodiquement les portefeuilles pour le maintenir proche du portefeuille modèle établi pour le long terme joue un rôle crucial dans le processus de gestion. Normalement, les investisseurs ne sont pas en mesure de rééquilibrer leur portefeuille, par manque de temps ou bien par convictions erronées. Un gérant automatisé, comme Indexa, simplifie beaucoup ce processus en automatisant les révisions et les rééquilibrages pour que tout soit plus simple : le système compare au quotidien les pondérations réelles des actifs du portefeuille avec les pondérations objectives. Quand un fonds est suffisamment au-dessus de son poids objectif dans le portefeuille et un autre est suffisamment en dessous de son poids objectif, nous générons automatiquement un ordre de vente partiel du fonds qui est au-dessus de son poids objectif et ensuite un ordre d’achat de parts du fonds qui était en dessous de son poids objectif.

6. Les rééquilibrages automatiques chez Indexa

Nous révisons les portefeuilles automatiquement tous les jours et les rééquilibrons en cas de déviation supérieure à un seuil déterminé, qui est actuellement de +-2,5 points de pourcentage pour les portefeuilles de moins de 100 mille euros et de 1,5 point de pourcentage pour les portefeuilles de plus de 100 mille euros). Vous trouverez plus d’information à ce sujet sur notre page des questions fréquentes « Rééquilibrages automatiques des portefeuilles de fonds »

Note 1 : Le Teachers Insurance and Annuity Association of America-College Retirement Equities Fund (TIAA, avant TIAA-CREF), est une organisation de services financiers dans les domaines académique, de la recherche, de la médecine, de la culture et gouvernementaux. TIAA preste des services à plus de 5 millions d’employés actifs et à la retraite qui prennent part à plus de 15.000 institutions et a plus de 1.000 millions de dollars en actifs (au 31 décembre 2017).

Pourquoi une gestion automatisée ?

Chez Indexa, nous sommes des fervents défenseurs de la gestion d’actifs automatisée. Cela ne signifie pas que la composition du portefeuille va être décidée par un algorithme, mais bien que l’exécution des opérations soit automatisée. La composition de nos portefeuilles pour les différents profils d’investisseurs est déterminée par l’équipe de gestion et approuvée par notre Conseil d’Experts.

Ainsi, la gestion est automatisée une fois le portefeuille modèle choisi. Les algorithmes vérifient tous les jours que le portefeuille de nos clients corresponde effectivement au portefeuille modèle. Et c’est cela que personne ne peut mieux faire qu’un ordinateur. Pourquoi ?

Car, la gestion automatisée :

  1. Est plus efficiente et donc meilleur marché pour l’investisseur
  2. Peut être testée et est donc sujette à moins d’erreurs
  3. N’implique pas les biais et les émotions du gestionnaire

1. L’efficience

L’automatisation permet une réduction du coût des opérations. Chez Indexa, toutes les économies faites grâce à l’automatisation de la gestion quotidienne se reflètent dans le faible coût de gestion pour le client.

2. Moins d’erreurs

La gestion quotidienne de dizaines de milliers de portefeuilles peut impliquer beaucoup de travail et générer d’autant plus d’erreurs que le nombre de compte est important. Imaginez, un établissement avec des dizaines de milliers de clients, où les gérants doivent être attentifs à tant de sujets comme :

  • Les changements de situation personnelle des clients pour que le profil de ces derniers et donc leur portefeuille soit modifié et adapté
  • Les changements dans les portefeuilles modèles
  • L’évolution de la composition de tous les portefeuilles des clients, pour vérifier s’ils ont dévié ou non de leur portefeuille modèle

Vous pouvez facilement observer qu’en plus d’avoir besoin d’une troupe de gérants attentifs à chacun de ces événements, les possibilités de commettre des erreurs manuelles dans un rééquilibrage de portefeuille sont nombreuses.

Bien sûr, un système informatique peut également commettre une erreur s’il est mal programmé, mais une fois localisée et corrigée, celle-ci ne se reproduira pas. En outre, chaque fois qu’un changement a lieu dans le système informatique, il peut être testé et nous pouvons vérifier comment il répondrait face à différentes situations. Dans le cas où un problème est observé, il peut immédiatement être corrigé.

Malheureusement, nous, les humains, nous sommes loin d’être aussi fiables. Nous avons tous déjà observé des erreurs humaines qui coûtent au final de l’argent, parfois beaucoup (par exemple des ordres qui sont dans une sorte de « no man’s land », des frais de transaction qui ne sont pas pris en compte et qui finissent par être très important). Avec un système automatique, ces erreurs pourraient se produire une fois mais pas deux.

3. Pas de biais, ni d’émotions

Les rééquilibrages des portefeuilles que nous appliquons chez Indexa sont une manière intelligente de gérer un portefeuille : quand un actif augmente relativement au reste du portefeuille, nous le vendons et quand il baisse nous l’achetons.

Par exemple : imaginez que le portefeuille modèle d’un client soit 50% actions et 50% obligations. Au début, nous construirions un portefeuille ayant exactement ces pondérations. Imaginez maintenant que la valeur de nos actions augmente de 20% et que celle de nos obligations reste égale. Nous aurions alors un portefeuille où les actions représenterait 54,5% tandis que les obligations, elles, ne représenterait plus que 45,5%, et par conséquent nous aurions dévié du portefeuille modèle. Le système automatique générerait des ordres pour vendre 4,5% des actions pour acheter des obligations. Ainsi, vous pouvez voir comment le système vend quand l’actif augmente relativement et achète quand celui-ci baisse relativement.

Ce genre de gestion n’augmente pas la rentabilité espérée du portefeuille, mais va réduire significativement le risque assumé et la perte maximale espérée et ainsi va veiller à ce que vos investissements suivent le niveau de risque adéquat. Cela peut ajouter, selon l’étude de Swensen (2005), en moyenne 0,4% de rentabilité supplémentaire annuelle pour un même niveau de risque, et donc un meilleur rapport rentabilité / risque.

Cela semble une gestion si simple, mais notre expérience nous montre que les gestionnaires ont tendance à faire justement le contraire : quand un actif baisse relativement, ils vont difficilement l’acheter : normalement, ils devraient le maintenir mais souvent ils le vendront. Pourquoi ? Car ce sont des gestionnaires qui ne veulent pas perdre leurs clients, et si un actif chute et que le client est stressé, le plus facile est de ne pas s’opposer et de vendre. En revanche, quand cette décision est prise par une machine tout est plus simple : elle compare les pondérations tenues pour objectif avec celles réelles et agit en conséquence.

En définitive, chez Indexa, nous sommes convaincus que déléguer la gestion quotidienne à une machine est une très bonne option. Cela permet d’exécuter la politique d’investissement établie sans céder au stress et à la pression provoqués par les mouvements de la bourse à court terme.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa et souhaitez en apprendre davantage sur notre gestion de portefeuille, nous vous invitons à répondre à notre bref test de profil investisseur (2 minutes).

ETF’s ou fonds indexés ?

Les fonds d’investissements indexés (également appelés fonds indiciels) sont des fonds dont la politique d’investissement est de suivre un indice boursier ou un indice obligataire en tentant de s’écarter le moins possible de l’indice. Par exemple, les fonds dont la politique d’investissement est de suivre l’indice S&P 500 (bourse des États-Unis), devront acheter toutes les actions qui appartiennent à cet indice et les vendre si elles ne font plus partie de celui-ci.

Au moment d’investir dans des indices, de manière indexée, une première décision très importante à prendre est : voulons-nous que le fonds indexé soit coté ou non ? Si nous cherchons un fonds coté alors nous devrons sélectionner un ETF (Exchange Traded Fund, ou fonds coté) et sinon, nous pourrons choisir un fonds mutuel (non coté).

ETFs Fonds mutuels
Frais de gestion En général légèrement plus bas.
Par exemple 0,07% ETF Vanguard S&P500 ETF
Légèrement plus élevés.
Par exemple 0,10% Fonds Vanguard S&P500 EUR
Délai de liquidation des achats ou vente En général J+1 En général J+2 ou 3
Frais de transactions En général +-0,05% de frais de courtage En général sans frais de transaction
Spread achat – vente (bid – ask) En général 0,10% Aucun
Fiscalité en Belgique TOB de 0,12% à 1,32%
(en fonction du pays de domicile de l’ETF)
Pas de TOB

Les ETF’s, parce qu’ils sont cotés sur les marchés organisés, offrent la possibilité à l’investisseur de pouvoir choisir le prix d’achat et de vente. A noter, que si les ETF’s peuvent être acheté ou vendu à n’importe quel moment de la journée, il y a en général une différence de l’ordre de 0,10% entre le prix d’achat et de vente (spread achat-vente). En général, les frais de gestion des ETFs sont légèrement inférieurs à ceux des fonds mutuels, mais les frais de transaction sont eux supérieurs.

Les fonds mutuels, au contraire, peuvent être achetés ou vendus une fois par jour sans connaître, a priori, la valeur de souscription (le prix d’achat) ou la valeur de remboursement (le prix de vente) qui sera déterminé à la clôture des marchés par la société de gestion du fonds, chaque jour ouvrable. Les fonds non cotés présentent également l’avantage de permettre, parce qu’ils ne sont pas cotés en bourse, de ne pas devoir payer la Taxe sur les Opérations Boursières (TOB), dont le taux varie entre 0,12% et 1,32% selon le type d’ETF et le lieu de son enregistrement.

La rentabilité supplémentaire qui peut être ainsi obtenue est telle qu’à long terme en Belgique la décision optimale, selon nous, est de sélectionner des fonds mutuels indexés.

C’est pourquoi, chez Indexa nous investissons les portefeuilles de nos clients exclusivement dans des fonds mutuels indexés, au lieu de les investir dans des ETFs indexés. Vous pouvez découvrir plus d’information sur nos portefeuilles et les fonds qui les composent.

Nous vous invitons à réaliser gratuitement notre test de profil de risque (2 minutes), et essayer notre service de gestion automatisée, avec des fonds indexés et des frais en moyenne 5 fois moindres que les banques.