Investir au meilleur ou au pire moment n’est pas si important

De nombreux investisseurs cherchent le meilleur moment pour investir ou désinvestir. Dans un article précédent, nous avons montré qu’il est préférable de ne pas choisir quand investir ou désinvestir car, en adoptant cette approche, les investisseurs perdent en moyenne entre 1 et 1,5 point de pourcentage de rentabilité annuelle pour leur portefeuille.

D’autre part, il est courant que les investisseurs attendent le meilleur moment pour investir car il est habituel que les marchés boursiers proche de leur niveau record, et investir quand le marché est à son niveau le plus haut, cela peut donner le vertige à certains.

Dans cet article, nous voulons montrer à l’aide de données que, tant que vous conservez votre investissement sur le long terme, le moment où vous effectuez vos investissements est très peu important. Pour le démontrer, nous nous sommes inspirés de l’article « Bob the timer« , qui nous a été recommandé par notre associé et conseiller Luis Viceira. (vice-doyen de la Havard Business School).

Nous avons réalisé l’exercice suivant

  • Supposons que vous investissiez 10 mille dollars.
  • Vous les placez dans le premier fonds indexé à l’indice S&P 500 qui ait été créé, d’août 1976 à décembre 2018 (la date à laquelle nous avons réalisé cet exercice). Le nom du fonds est Vanguard 500 Index Fund (ISIN : US9229081081). La raison pour laquelle nous incluons ce fonds est qu’il s’agit d’un actif pouvant être investi alors que l’indice lui-même ne l’est pas.
  • Nous supposons qu’il y ait deux investisseurs : l’un avec une chance infaillible et l’autre avec aucune chance :
    1. Celui qui a une chance infaillible investit chaque année au point le plus bas. La probabilité que cela arrive est de 1/200 chaque année, sur 42 ans, soit (1/200)^42, moins de une chance sur 10 exp95..
    2. Celui qui n’a pas de chance investit chaque année au point le plus élevé. La probabilité que cela arrive est la même, une chance sur 10 exp95 (pratiquement 0).
  • Aucun des deux investisseurs ne vend et chaque année ils investissent 10 mille dollars en plus.
  • En 42 ans, ils ont chacun investi un total de 420 mille dollars.

A priori, on pourrait penser que le gestionnaire hyper-chanceux devrait obtenir une rentabilité beaucoup plus élevée que le gestionnaire malchanceux. En réalité, ce n’est pas le cas :

Investissement ($)

Portefeuille au 31/12/2018

Rentabilité pondérée par la valeur

Investisseur chanceux

420.000

3.206.042

7,9 %

Investisseur malchanceux

420.000

2.553.628

7,1 %

Alors que l’investisseur chanceux, qui a toujours investi au plus bas de l’année, se retrouve avec une rentabilité annuelle de 7,9 %, le malchanceux, qui a toujours investi avec le S&P500 au plus haut de l’année, obtient 7,1 %. La différence de rentabilité n’est pas très importante.

Ce qui est pertinent dans cet exemple, c’est qu’aucun des deux investisseurs ne vend. Si le malchanceux, en plus de choisir le pire moment pour investir, décidait aussi de vendre lorsque son portefeuille avait baissé de 5% ou lorsque son portefeuille retrouvait la valeur de l’investissement, alors la différence serait très importante.

Conclusion

Tant que vous conservez votre investissement, le moment où vous l’effectuez n’a que peu d’importance à long terme, et il n’est donc pas utile de consacrer du temps à essayer de choisir le meilleur moment. L’important est d’investir et de ne pas vendre après les chutes de marchés.

L’analyse technique est, à toutes fins utiles, une fumisterie

L’analyse technique des marchés financiers, selon la Wikipédia, « consiste en l’étude des graphiques de cours de la bourse et de différents indicateurs déduits des cours (sous-jacent) dans le but de prévoir l’évolution des marchés ».

Nous sommes conscients que le titre est catégorique, mais c’est la réalité, comme nous le verrons par la suite. Pour certaines raisons, quand nous cherchons sur Google le terme « analyse technique » les résultats qui apparaissent sont assez aseptiques à propos de cette « technique ». Nous espérons que cet article apparaîtra dans les premiers résultats de recherche afin que les futures personnes intéressées par cette information puissent obtenir un autre point de vue.

Analyse fondamentale et analyse technique

Les expressions « analyse fondamentale » et « analyse technique » se sont généralisées et parfois sont assimilées par erreur.
D’une part, l’analyse fondamentale observe les données fondamentales d’une entreprise (ventes, bénéfices, bilans, etc.) pour estimer sa valeur actuelle, et si le prix est différent, identifier les opportunités d’achat ou de vente. Nous ne pensons pas que l’analyse fondamentale serve à prédire le futur (car dans le futur, beaucoup de choses peuvent se produire et faire que la valeur analysée aujourd’hui ne soit pas pertinente), mais néanmoins elle peut nous donner une idée de ce que devrait valoir aujourd’hui un investissement.

Quand un entrepreneur veut vendre son entreprise et parle avec une banque d’investissement pour définir la stratégie de vente, ils réalisent généralement des analyses fondamentales. Par contre, nous n’avons jamais vu une banque d’investissement recommander de vendre ou de ne pas vendre sur base du graphique de l’évolution des prix historiques des parts de l’entreprise. Que le prix d’une action soit en hausse ne signifie pas que l’action continuera de monter…

D’autre part, selon l’analyse technique, si le prix d’un actif est en train de monter, il continuera de monter et s’il est en train de baisser, il continuera de baisser. Comme disent les analystes techniques, « la tendance est votre amie » (« The trend is your friend »). Notre sensation est que l’analyse technique s’est généralisée par l’importance que lui ont donné les maisons de courtage. Celles-ci se bénéficient du nombre d’opérations que réalisent les clients par leur intermédiaire. L’analyse technique a l’avantage d’être facilement compréhensible et peut donner tous les signaux d’achat ou de vente que vous souhaitez. Si vous êtes courtier en bourse, c’est une bonne excuse pour appeler vos clients et leurs recommander d’acheter une action qui est « en tendance haussière selon l’indicateur xyz ». Si nous prenons un peu de recul, pensez-vous vraiment qu’il est possible que quelqu’un qui regarde un graphique, comme s’il s’agissait de lire les lignes de la main, puisse prédire l’évolution des prix ?

J’ai personnellement une anecdote représentative dans ce sens. Un jour, je me suis assis avec des vendeurs de logiciels d’investissement qui généraient des signaux d’achat et de vente. Nous leur avons dit que chez Indexa, nous étions des investisseurs sur le long terme et que nous ne croyons pas que l’analyse technique génère une rentabilité corrigée par le risque supérieure à long terme, ils nous ont dit que l’idée de leurs signaux n’était pas cela : elle était de permettre aux clients qui font du trading de retarder leur « ruine ». Ils nous ont expliqué plus encore, car nous n’arrivions pas à comprendre. Les portails d’achat-vente de CFDs (Contracts For Difference, ou Contrats de Différence) avaient un gros problème puisque leurs clients se ruinaient beaucoup trop vite, et parce-que la plateforme facturait par opération, ruiner les clients n’étaient pas une bonne affaire. Les algorithmes établissaient donc un stop-loss (une perte maximale) et un stop-gain (un gain maximum) pour augmenter le nombre d’opérations par client avant que celui-ci ne perde tout. Cela nous semblait le comble du cynisme, mais enfin, nous avions compris l’application pratique de l’analyse technique.

L’efficience fragile des marchés et les anomalies

Cela fait déjà un temps que plusieurs études académiques ont démontré que l’analyse technique ne valait rien. En 1965, Eugene Fama a été le premier à montrer, avec des techniques statistiques, que les prix des actions du Dow Jones fluctuent aléatoirement et par conséquent qu’il est impossible de prédire l’évolution future en se basant sur n’importe quelle analyse d’une série de prix. L’article s’appelle « The Behavior of stock Market Prices » et même s’il a déjà plus de 50 ans, nous vous en recommandons la lecture.

Cette ligne de recherche a jusqu’à son propre nom : l’efficience des marchés (« Efficient market hypothesis ») et s’étudie dans toutes les licences et les masters de finances. Il y a trois niveaux d’efficience : faible, semi-forte et forte. Plus le niveau d’efficience d’un marché est élevé, plus il est difficile d’obtenir des rentabilités supérieures à celle du marché.

Si un marché boursier est d’efficience faible (la forme la moins restrictive), cela signifie que le prix actuel des actions reflète toute l’information associée à cette action dans le passé. Cette information inclut les prix passés et le volume des échanges. Par conséquent, sur un marché de faible efficience, personne ne peut battre le marché en analysant les prix passés et il en résulte l’impossibilité de générer des rentabilités supérieures à celle du marché en se basant sur l’analyse technique. Le nom d’efficience faible a été donné car les prix sont l’information la plus publique et la plus facilement accessible qui existe sur une action.

Néanmoins, la communauté scientifique a consacré beaucoup de temps, et de ressources, à chercher des erreurs ou des exceptions dans cette théorie avec l’objectif de réaliser des publications influentes. Les rares exceptions qui ont été documentées, n’étaient soit pas rentables après l’intégration des comptes de transactions, soit, elles étaient des effets qui disparaissaient rapidement. Ces exceptions à la théorie s’appellent des « anomalies ».

La discussion a été longue. Comme nous le commentions précédemment, Eugene Fama a confirmé en 1965 le caractère aléatoire des prix en émettant le concept d’efficience des marchés. En 1973, la discussion est sortie de l’université quand Burton Malkiel a publié son best-seller « Une marche au hasard à travers la Bourse », livre que nous recommandons à toutes personnes pensant à investir. Dans les années 80, le règne de la théorie de l’efficience des marchés a été total, jusqu’à ce que dans les années 90 commencent à apparaître des articles questionnant l’efficience des marchés et parlant d’anomalies comme : l’effet de janvier, l’effet du jour de la semaine, l’effet de la fin de semaine, l’effet du changement de mois, l’effet vacances, l’effet de fin de journée, le momentum, ou la surréaction.

Toutes ces anomalies cessent d’être pertinentes après la prise en compte des coûts de transactions ou cessent d’être véridiques après être rendues publiques, et par conséquent, cessent d’être exploitables pour les investisseurs. Comme le conclut Malkiel dans son article de 2003 « The Efficient Market Hypothesis and its Critics », « nos marchés d’actions sont beaucoup plus efficients et beaucoup moins prévisibles que ne veulent nous le faire croire les récents articles académiques ». Nous recommandons la lecture de cet article de Malkiel qui repasse les plus grandes anomalies et leur impact.

Il est certain que tous les marchés ne sont pas également efficients. Certains facteurs affectent l’efficience des marchés, comme par exemple, le temps d’ajustement des prix à l’information et les coûts d’accès à l’information et de transaction. Si accéder à l’information d’un marché vous coute 3% de la valeur des actions, alors il pourra y avoir des opportunités de cet ordre de grandeur. Il en va de même si acheter des actions a un coût entre les prix d’offre et de demande de 1% (bid et ask). Mais, un marché où l’information est facilement accessible et où trader est pratiquement gratuit, sera surement très efficient.

Les prix Nobel, l’efficience du marché et le momentum

En 2013, le fervent défenseur de l’efficience des marché, Eugene Fama et un des plus grands critiques de ce modèle, Robert Shiller, ont reçu le prix Nobel (tout comme Lars Hansen pour d’autres contributions). Il est surprenant que le comité des Prix Nobel ait décidé de récompenser les promoteurs de théories totalement opposées. La raison est la suivante : il ne fait aucun doute que la théorie de l’efficience des marchés est la théorie de base avec laquelle nous devons aborder n’importe quelle analyse financière. Cela étant, par défaut nous ne devons pas espérer l’existence d’options qui permettraient d’obtenir des rentabilités pondérées par le risque supérieures à la moyenne. Cependant, cette approximation est parfois remise en question temporairement par des données sur certains aspects (anomalies), dont la discussion mérite également la reconnaissance. Par exemple, un des articles les plus connus de Robert Shiller : « les prix des actifs changent-ils trop pour être justifiés par les changements de dividendes ultérieures ? » (« Do Stock Prices Move Too Much to Be Justified by Subsequent Changes in Dividends? »), questionnait le fait qu’un investisseur réellement rationnel puisse tant changer d’opinion sur le futur des dividendes (qui est ce qui fixe le prix des actions), quand on découvre plus tard que les dividendes ne varient réellement pas tant. Evidemment, les défenseurs de l’efficience des marchés ont trouvé une réponse raisonnable à cette question : non seulement les prévisions de dividendes futures changent, mais également taux d’actualisation des dividendes attendus. Cet exemple illustre l’enrichissante discussion qu’a récompensé le comité Nobel en 2013 en primant à la fois Fama et Shiller.

Pour en revenir aux anomalies, il y en a une qui a obtenu dernièrement un important soutien, même de l’académie, et que nous voudrions discuter plus en détail. Il s’agit de l’existence du momentum dans l’évolution du prix des actions. Le momentum signifie que les actions qui ont grimpé tendent à continuer de grimper, tandis que celles qui ont chuté tendent à continuer de chuter. De cette manière, une stratégie d’investissement pourrait être construite en achetant les actions qui ont grimpé au cours des 12 derniers mois et en adoptant une position de vente sur celles qui ont baissé au cours des 12 derniers mois, qui obtiendrait des rentabilités corrigées par le risque supérieures et de plus, diversifiés sur le marché. Vous trouverez une discussion très intéressante à ce sujet dans « Fama on Momentum », écrit par Cliff Asness, cofondateur de l’entreprise de gestion AQR.

Dans cet article, s’opposent les visions de Fama, fervent défenseur de la futilité de l’anomalie du momentum, et de Cliff Asness, propriétaire d’une entreprise qui, entre autres, gère des investissements sur la base de l’existence de cette anomalie. Fama indique que sur certains marchés, comme le Japon, il n’existe pas cette anomalie ce qui invaliderait son universalité et la réduirait à une coïncidence des données, tandis que Asness boucle la boucle en indiquant que si le facteur « value » est ajouté (les entreprises value génèrent plus de rentabilité à long terme, mais parce qu’elles sont des entreprises avec plus de risque), alors apparaîtrait également l’anomalie au Japon. Notre conclusion sur ce débat est qu’il est légitime et publié dans des revues dont la valeur est reconnue comme « The Journal of Finance », mais que dans tous les cas l’universalité de l’effet est douteuse.

En définitive, nous espérons que cet article vous aura convaincu de la faible valeur, en général, de l’analyse technique, chose académiquement validée depuis quelques temps déjà face aux diverses anomalies qui sont apparues. En conclusion, s’il existait vraiment un analyste technique qui bat systématiquement le marché, vous pouvez être certains que jamais personne ne vous l’offrirait, pour éviter que se généralise l’anomalie qu’il a trouvé et encore moins ne se dédierait à écrire des articles sur le sujet.

L’importance de l’allocation stratégique d’actifs

Le modèle de gestion que nous proposons chez Indexa Capital vise à apporter une gestion académique reconnue, indexée et économique à tout investisseur, quel que soit son patrimoine. Dans ce post, nous verrons comment l’allocation stratégique apporte de la valeur à long terme et comment, en moyenne, l’allocation tactique réduit la rentabilité.

Dans la littérature financière, on peut trouver une manière de catégoriser le processus d’investissement d’un portefeuille qui sera très utile pour expliquer le modèle de gestion d’Indexa Capital. Il s’agit d’un processus d’investissement à trois niveaux : l’allocation stratégique d’actifs, l’allocation tactique d’actifs et la sélection de valeurs.

En résumé, le processus à trois niveaux est le suivant :

  1. Allocation stratégique d’actifs (qui fait partie du modèle Indexa) :
    Tout d’abord, nous estimons le profil investisseur du client et, sur la base de ce profil, l’allocation stratégique d’actifs est établie. Par exemple, 60% d’actions et 40% d’obligations.
  2. Allocation tactique d’actifs (exclue du modèle Indexa) :
    En fonction de la situation du marché, le gestionnaire peut adapter ces pourcentages dans une fourchette fixe. Par exemple, augmenter temporairement les actions à 70% au lieu de 60%. C’est l’allocation tactique d’actifs.
  3. Sélection de valeurs (exclue du modèle Indexa) :
    Le gestionnaire sélectionne certaines valeurs (actions ou obligations) en particulier pour réaliser l’investissement : par exemple les actions Google, les actions Apple, les prêts au gouvernement allemand, … Cela correspond à la sélection de valeurs.

Importance de l’allocation stratégique d’actifs

La gestion d’Indexa Capital est fermement ancrée dans l’évidence que ce qui est le plus important pour la rentabilité à long terme d’un portefeuille est, d’une part, l’exposition aux marchés (être investi) et, d’autre part, le profil de risque attribué au client, c’est-à-dire l’allocation stratégique d’actifs.

Comme le montre le graphique ci-dessous, les études (voir détails à la fin de l’article) montrent qu’environ 90% de la variabilité de la rentabilité d’un portefeuille dans le temps est expliquée par l’allocation stratégique et la variabilité des indices de référence et que seulement 10% est expliquée par les deux autres facteurs (allocation tactique et sélection de valeurs).

Il est donc beaucoup plus important de comprendre le profil de risque de l’investisseur, qui déterminera l’allocation stratégique d’actifs (90 % de la variabilité de la rentabilité), que de déplacer les pondérations ou de sélectionner les actifs (seulement 10 % de la variabilité de la rentabilité).

Risques de l’allocation tactique d’actifs

Les deux dernières étapes du processus de gestion, à savoir l’allocation tactique d’actifs et la sélection d’actifs, également connues sous le nom de gestion active, apportent, selon nous, une valeur très limitée et, généralement, nettement inférieures aux coûts (de transaction et de gestion) de cette gestion active. Dans un précédent article, nous avons analysé cette hypothèse en montrant comment les investisseurs de fonds de gestion active obtiennent en moyenne une rentabilité bien inférieure à celle de leur indice.

Études sur l’importance de l’allocation stratégique d’actifs

L’importance de l’allocation stratégique d’actifs peut être analysée sous trois angles distincts : la variabilité de la rentabilité d’un portefeuille dans le temps, la variabilité de la rentabilité de fonds d’investissement sur la même période et la rentabilité absolue du portefeuille.

En examinant les ouvrages consacrés à l’importance de l’allocation stratégique d’actifs, on constate que les portefeuilles diversifiés ont tendance à évoluer en corrélation avec les indices des marchés financiers. Dans ce sens, [Brinson, Hood et Beebower, 1986], en utilisant des données de 1974 à 1983, montrent que les facteurs déterminants pour expliquer la variabilité de la rentabilité d’un portefeuille dans le temps sont à 93,6% l’allocation stratégique, 1,7% l’allocation tactique et 4,2% la sélection de valeurs. Des années plus tard, [Brinson, Singer et Beebower, 1991] ont à nouveau mené la même étude avec des données actualisées de 1978 à 1987 et ont obtenu des résultats très similaires : l’allocation stratégique d’actifs représente 91,5% des facteurs déterminants de la performance du portefeuille. [Ibbotson et Kaplan, 2000] ont mené une étude similaire dans laquelle ils ont démontré que 81,4% de la variabilité dans le temps d’un fonds d’investissement s’explique par la politique d’investissement du fonds. De même, [Davis, Kinniry et Sheay, 2007], en utilisant les données des fonds nord-américains sur la période 1966-2006, fournissent des preuves que 89,3% de la volatilité des fonds dans le temps est due à la volatilité de l’indice de référence.

Récemment, [Xiong, Ibbotson, Idzorek et Chen, 2010], ont nuancé les études antérieures, en montrant qu’environ 75 % de la variation des rendements des séries temporelles d’un fonds typique est en fait expliquée par le mouvement général du marché (et non par l’allocation stratégique), la partie restante étant répartie plus ou moins également entre l’allocation d’actifs et la gestion active. Ainsi, les premières études ont attribué à l’allocation d’actifs ce qui est en réalité dû à l’exposition au marché elle-même. De notre opinion, tout semble démontrer qu’environ 90 % de la variabilité dans le temps de la rentabilité d’un portefeuille est déterminée par l’exposition au marché et la sélection du profil de risque.

La branche de la littérature qui analyse la variabilité de la rentabilité des fonds d’investissement sur une même période calcule jusqu’à quel point la politique d’investissement du fonds (allocation stratégique) explique les rendements entre les fonds. Ces études établissent que les pourcentages sont beaucoup plus faibles, par exemple [Jahnke, 1997] estime que 40% s’expliquent par l’allocation stratégique. De même, Ibbotson et Kaplan (2000) ont relevé, en utilisant les données d’un large univers de fonds mixtes sur une période de 10 ans, qu’environ 40 % de la variation des rendements sur la même période s’explique par la politique d’investissement. Dans une étude similaire, [Vardharaj et Fabozzi, 2007] ont constaté qu’environ 33 % à 75 % de la variation du rendement du fonds est attribuable à des différences dans l’allocation stratégique. Par conséquent, la réalisation de cette analyse, qui élimine le comportement du marché, montre également que l’allocation stratégique d’actifs est très pertinente.

Enfin, comme le montrent [Ibbotson et Kaplan, 2000], la réponse à la question « quel pourcentage en moyenne de ma rentabilité provient de mon allocation stratégique d’actifs ? » est très simple : 100 %. En définitive, la politique d’allocation d’actifs nous donne le rendement passif du marché et l’allocation tactique d’actifs et la sélection d’actifs, l’excédent de rentabilité (ou alpha). Les marchés financiers étant un jeu à somme nulle, c’est-à-dire que ce que certains gestionnaires gagnent plus, d’autres le perdent, avant frais, la rentabilité globale doit être celle du marché. Par conséquent, en moyenne, la politique d’allocation d’actifs passive devrait déterminer 100 % des rendements avant frais.

Références :

Brinson, Gary P., L. Randolph Hood, y Gilbert L. Beebower, 1986. Determinants of Portfolio Performance. Financial Analysts Journal 42(4): 39–48.

Brinson, Gary P., Brian D. Singer, y Gilbert L. Beebower, 1991. “Determinants of Portfolio Performance II: An Update.” Financial Analyst Journal, vol. 47, no. 3 (May/June): 40-48.

Davis, Joseph H., Francis M. Kinniry Jr., y Glenn Sheay, 2007. The Asset Allocation Debate: Provocative Questions, Enduring Realities. Valley Forge, Pa.: The Vanguard Group. Originally published as Tokat, Y., Wicas, N, and Kinniry, F., 2006: The Asset Allocation Debate: A Review and Reconciliation. Journal of Financial Planning , 19(10): 52-63. This paper is a revised and updated version.

Ibbotson , Roger G. y Kaplan, Paul D., 2000. Does Asset Allocation Policy Explain 40, 90, or 100 Percent of Performance?, Financial Analysts Journal, Vol. 56, No. 1 (Jan. – Feb., 2000), pp. 26-33.

Jahnke, William W., 1997. The Asset Allocation Hoax. Journal of Financial Planning 10(1): 109-13.

Vardharaj, Raman, and Frank J.Fabozzi. 2007. “Sector, Style,Region: Explaining Stock Allocation Performance.”Financial Analysts Journal, vol. 63, no. 3 (May/June): 59–70.

Xiong, James, Roger G. Ibbotson, Thomas Idzorek, y Peng Chen. 2010. “The Equal Importance of Asset Allocation and Active Management.”Financial Analysts Journal , vol. 66, no. 2 (March/April): 22–30.

Obligations et indexation

Au cours des quatre premiers mois de l’année 2022, les actions ont chuté, mais les obligations aussi. Les chutes de marché ont d’ailleurs été quelque peu supérieures pour les obligations. C’est pourquoi tous les profils de risque, plus ou moins élevés, enregistrent des pertes en ce début d’année.

Dans ce contexte, certains clients se posent des questions et dans cet article nous avons voulu y répondre.

“Ces chutes sont-elles normales pour les profils conservateurs ?”

“Si les taux d’intérêt vont augmenter, pourquoi investissez-vous dans des obligations ?”

“Pourquoi ne cherchez-vous pas une meilleure alternative aux obligations, comme les fonds monétaires ?”

« Ces chutes sont-elles normales pour les profils conservateurs ? »

Celles-ci sont normales et correspondent aux pronostics de rentabilité et volatilité, même si elles sont relativement élevées et se produisent actuellement de façon progressive.

Rentabilité du portefeuille 1 sur 10 de taille 10 à 100 k €, du 31/12/2015 au 31/03/2022

En ce qui concerne notre profil 1 de portefeuilles de 10 mille à 100 mille euros, le pronostic de volatilité est de 4,1%. Nous nous attendons donc à ce qu’une fois tous les 40 ans, la perte soit supérieure à -7,3%. Au cours des 12 mois allant du 30/04/2021 au 30/04/2022, la chute a été de -5,0%, ce qui est dans l’intervalle de rentabilité attendue.

La perte cumulée maximale de ce profil (maximum drawdown) s’est produite pendant le COVID entre le 20/02/2020 et le 23/03/2020 et s’est élevée à -9,4%. Ainsi, au cours des 6 années d’existence d’Indexa, nous avons déjà vu des pertes plus élevées pour ce profil, même s’il est bon de rappeler que nous pourrions voir des pertes plus élevées à l’avenir.

Point positif, en 2019, la rentabilité du profil 1 a été de +8,9% et la rentabilité annuelle du 31/12/2015 au 31/03/2022 a été de +2,4% annuel, bien supérieure à la rentabilité des fonds obligataires mixtes internationaux comparables, qui a été de près de 0,3 % (Morningstar Obligations Internationales Couvertes EUR).

Si les taux d’intérêt vont augmenter, pourquoi investissez-vous dans des obligations ?

La hausse des taux d’intérêt obligataires à court terme ne signifie pas que le prix des obligations à long terme va baisser.

On s’attend actuellement à ce que la Banque centrale européenne, sous la pression d’une inflation élevée, augmente les taux à court terme. Comme tout le monde le sait déjà, cela se reflète déjà dans le prix actuel des obligations, qui ont chuté pour s’adapter à cette nouvelle réalité depuis le début de l’année.

Pour que les obligations continuent à baisser, il faut que les pronostics de hausses de taux soient encore plus élevées que les pronostics actuels (que les pronostics de hausses soient plus rapides ou plus forts que ce qui est pronostiqué actuellement). Et cela, personne ne peut le savoir.

Certains pensent qu’ils peuvent mieux anticiper l’évolution future des obligations que celle des actions parce que, à tort, ils croient que savoir ce que vont faire les taux à court terme est ce qui est le plus important. Comme les banquiers centraux vous disent ce que les taux à court terme vont faire, il y a généralement une bonne visibilité sur l’évolution future de ces derniers.

Comme nous l’avons déjà dit à maintes reprises, il est impossible de connaître l’évolution future des marchés, car toute information pertinente sera rapidement intégrée par tous les participants.

Si ce n’était pas le cas, il y aurait de nombreux gestionnaires d’actifs avec des rentabilité supérieures à celles des fonds indexés obligataires, et nous savons que ce n’est pas le cas. Les fonds actifs ont habituellement la flexibilité d’avoir une pondération plus ou moins grande dans les obligations à long et à court terme. Ces dernières années, ils se sont systématiquement trompés en prévoyant une hausse des taux qui n’a commencé à se produire que récemment. Là encore, personne ne peut prédire avec certitude l’évolution future des taux d’intérêt à long terme.

Enfin, il convient de rappeler que la principale raison d’inclure des obligations dans les portefeuilles est qu’un client au profil conservateur ne doit pas être à 100% en actions. En mars dernier, nous avons expliqué les raisons pour lesquelles nous pensons que les obligations sont la meilleure option. Il est important de se rappeler que dans d’autres situations, les obligations se sont effectivement décorrélées des actions : le Brexit en 2017 ou la crise du COVID en 2020.

“Pourquoi ne cherchez-vous pas une meilleure alternative aux obligations, comme les fonds monétaires ?”

La réponse à cette question dépend de si vous envisagez d’investir dans des fonds monétaires pour la situation actuelle ou de manière permanente.

Si vous cherchez à investir dans des fonds monétaires de manière tactique, vous tentez de faire du market timing avec la durée des obligations (acheter des obligations à court terme maintenant pour acheter des obligations à long terme plus tard). En règle générale, vous perdrez de l’argent au cours de ce processus, tout comme avec le market timing sur les actions. Cette position est d’autant plus renforcée par le fait que ceux qui cherchent des alternatives aux obligations maintenant, le font après les chutes, tout comme lorsque le marché boursier chute, certains clients veulent moins d’actions. Dans le même ordre d’idées, il convient de rappeler que lorsque les obligations baissent, le pronostic de rentabilité augmente, ce qui signifie qu’en cas de vouloir réagir en conséquence, il faudrait investir davantage dans les obligations après une baisse, et non moins.

Si vous cherchez à investir stratégiquement dans des portefeuilles conservateurs en obligations à court terme (fonds monétaires) pour réduire le risque (et donc le pronostic de rentabilité), cette proposition est tout à fait raisonnable. Le niveau minimum de risque et de rentabilité a été défini par Indexa sur la base de ce que nous considérons comme un pronostic de rentabilité minimale pour nos clients (0,6 % pour le profil 1 en 2022), mais c’est un choix certains pourraient avoir une autre opinion. En tous cas, si nous voulions réduire le risque du profil plus conservateur (et sa rentabilité espérée), la première étape serait de réduire le poids des actions, car le risque espéré (volatilité) du fonds d’actions est de 14,3 %, alors que le risque du fonds d’obligations est de 3,4 %.

Enfin, il convient de rappeler que les fonds obligataires investissent également en partie dans des obligations à court terme (dans la proportion qui correspond à la taille de l’émission).

Conclusion

Après les chutes d’une classe d’actifs, on se demande souvent s’il faut la conserver dans le portefeuille ou attendre un meilleur moment pour y investir. Qu’il s’agisse d’une action ou d’une obligation.

Dans ces cas, il convient de se rappeler que le marché est une structure extrêmement efficace pour intégrer de nouvelles informations. Tout pari que nous prenons sur le marché est un biais que nous donnons au portefeuille et qui peut fonctionner bien ou mal, mais en moyenne a tendance à mal fonctionner, car notre tendance est de suivre les rentabilités passées dans nos décisions, tant pour les actions que pour les obligations, ce qui nous conduit à acheter haut et à vendre bas.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min). Sans engagement et sans devoir nous transmettre de données personnelles.

Allocation optimale des classes d’actif

La répartition des classes d’actif est l’art de combiner les actifs pour obtenir une rentabilité maximale pour un niveau de risque donné. Avec des actifs plus diversifiés pour chaque niveau de risque, nous sommes en mesure d’élaborer un portefeuille dont la rentabilité espérée est plus élevée, quel que soit le niveau de risque choisi.

Une fois les classes d’actif identifiées, nous devons déterminer les pondérations de chaque classe pour chaque profil investisseur. Le processus est divisé en deux étapes :

  1. Définir le poids total des actions et des obligations pour chaque profil. Pour cette étape, il existe deux options différentes : il est possible de définir un poids cible pour chaque profil (par exemple, 10% d’actions pour le profil 1, 20% pour le profil 2, etc.) ou bien d’utiliser le modèle de Markowitz. Chez Indexa Capital, la procédure que nous utilisons est celle décrite par Markowitz [Markowitz, 1952] et par Black-Litterman (pdf). Nous définissons le niveau de risque minimum (volatilité) souhaité pour le portefeuille le plus conservateur et le niveau de risque maximum souhaité pour le portefeuille le plus agressif et le nombre de profils souhaité, et nous laissons l’algorithme d’optimisation définir les pondérations des actions pour chaque profil. Pour ce faire, il est nécessaire d’estimer la rentabilité et le risque de chaque classe d’actif (voir ci-dessous). L’avantage d’utiliser le modèle de Markowitz est de garantir que la différence de risque entre les profils 1 et 2 soit la même qu’entre les profils 2 et 3 (alors que la première option ne le garantit pas), mais l’inconvénient est de rendre le processus plus complexe à réaliser et à expliquer.
  1. Répartir le poids des actions et des obligations entre les différentes classes d’actif correspondantes. Pour cette étape, la meilleure option est de donner à chaque classe d’actifs le poids qui lui correspond en fonction de sa capitalisation totale. Par exemple, si les actions des Etats-Unis représentent 55 % de la capitalisation mondiale, leur pondération devrait être proche de 55 %. Cela ne doit pas être une correspondance exacte, car la fiscalité rend certaines régions relativement moins attractives pour certains investisseurs. Par exemple, en tant qu’investisseur de fonds européens, 30 % des dividendes des actions américaines sont perdus à cause de la double imposition de ces dividendes pour les investisseurs qui ne résident pas aux États-Unis. Il est donc nécessaire dans ce cas-ci de réduire quelque peu le poids optimal définit par marché.

Dans le cas des obligations, la procédure est similaire bien qu’il y ait plus d’options sur la façon de définir l’importance d’une classe d’actif, comme par exemple le montant émis des obligations ou leur valeur de marché actuelle.

Dans le cas où il est nécessaire d’utiliser le modèle de Markowitz, les éléments requis pour trouver le poids de chaque classe d’actif pour un niveau de risque donné sont les suivants :

  • Le profil d’investisseur du client
  • Le pronostic de rentabilité à long terme de chaque classe d’actif
  • La matrice de variance-covariance des classes d’actif (risque)

Ces données sont obtenues d’une part, en observant le passé et, d’autre part, en incluant les pronostics concernant l’avenir et en analysant les pondérations du marché. Elles sont supervisées par le

Le modèle de Markowitz établit une relation entre le pronostic de rentabilité que nous espérons obtenir avec chaque classe d’actif et le risque que l’inclusion de cette classe d’actif apporte au portefeuille. De cette façon, nous pouvons obtenir le portefeuille qui, pour un niveau de risque prédéfini, peut nous offrir la meilleure rentabilité espérée. D’autre part, à partir de l’ensemble des pondérations des actifs dans l’économie, en faisant le calcul inverse, avec le modèle de Black-Litterman nous pouvons obtenir des prévisions de rentabilité pour les différentes classes d’actif que nous utilisons pour le pronostic de rentabilité.

Pronostic de rentabilité et de risque à long terme pour chaque classe d’actif

Pronostic de rentabilité

La première étape de la répartition des actifs consiste à pronostiquer une rentabilité annuelle moyenne à long terme pour chaque classe d’actif. Ce pronostic est basé sur les estimations disponibles des principales sociétés de gestion et d’analyse, sur la rentabilité historique de chaque classe d’actif et sur les perspectives macroéconomiques à long terme. Ces pronostics de rentabilité ont un horizon d’investissement de plus de 10 ans et les aspects suivants sont pris en compte :

  • Pour les classes d’actif obligataires, c’est principalement le taux d’intérêt à long terme qui est pris en compte. Par exemple, si les obligations du gouvernement allemand offrent actuellement un taux d’intérêt de 1%, la rentabilité attendue de cet actif sera de 1%.
  • Dans le cas des actions, différents modèles tels que la méthode Gordon-Shapiro peuvent être utilisés. Une bonne option (celle utilisée par Indexa) consiste également à des pronostics de rentabilité à long terme des grandes sociétés de gestion telles que Vanguard, JP Morgan, Franklin Templeton et State Street Global TripAdvisor (SSGA).

Pronostic de risque

Le risque d’une classe d’actif est estimé sur la base de sa volatilité historique. Ensuite, le risque de cette même classe d’actif au sein d’un portefeuille est estimé sur la base de sa volatilité historique et de sa corrélation avec chacune des autres classes d’actif. Les estimations de volatilités et corrélations sont généralement réalisées sur la base des volatilités et corrélations historiques.

Les pronostics de rentabilité et de volatilité que nous avons attribués aux différentes classes d’actif à l’heure actuelle peuvent être consultés sur la page de notre modèle de gestion.

Comme vous pouvez le voir dans le lien, l’augmentation du poids des actions dans les portefeuilles entre les différents niveaux de risque n’est pas constante. Nous avons donc utilisé la méthode de Markowitz. La pondération de chacune des différentes régions d’actions est similaire à leur pondération dans la capitalisation mondiale, mais nous avons appliqué une limite de 35% du portefeuille pour les actions américaines, pour tenir compte de la perte d’une partie du dividende en tant qu’investisseur européen et pour assurer une certaine diversification géographique des portefeuilles.

Cette allocation d’actif se traduit dans nos portefeuilles par une grande diversification avec plus de  5 000 positions (2 000 actions d’entreprises et 3 000 obligations comprenant également une certaine exposition aux obligations d’États européens, aux obligations liées à l’inflation et à la dette de grandes entreprises européennes) dans plus de 100 pays.

Si vous avez déjà un portefeuille ouvert avec nous, vous pouvez consulter les nouveaux pronostics de votre portefeuille depuis votre espace personnel \ Plan.

Si vous n’êtes pas encore indexé avec nous : n’hésitez pas à réaliser notre bref test de profil investisseur (2 minutes) pour découvrir quel portefeuille nous pouvons vous offrir, ses pronostics de rentabilité, ses coûts, … sans engagement et sans devoir nous transmettre de données personnelles.

Pourquoi incluons-nous des obligations dans les portefeuilles ?

Bien qu’il s’agisse d’une question récurrente depuis le lancement d’Indexa en décembre 2015, nous recevons récemment davantage de consultations sur les raisons pour lesquelles nous détenons et maintenons des fonds obligataires dans nos portefeuilles. Dans cet article, nous allons expliquer pourquoi nous incorporons des obligations dans les portefeuilles.

Les raisons sont les suivantes :

  1. Il est nécessaire de rechercher un actif qui réduise le risque d’un portefeuille d’actions: la grande majorité des investisseurs n’a pas le profil de risque pour supporter un investissement à 100% en actions. Il est donc nécessaire d’ajouter au portefeuille une classe d’actifs qui diversifie le risque des actions.
  2. Elles constituent une classe d’actifs : les obligations constituent une classe d’actifs car, dans des conditions normales, elles génèrent un rendement du capital, offrent une diversification à un portefeuille d’actions et constituent un marché très profond.
  3. Il n’y a pas de meilleure alternative : bien que plusieurs segments des obligations aient une rentabilité espérée négative en ce moment (par exemple, les obligations d’État européennes), il n’y a pas de meilleure alternative pour réduire le risque d’un portefeuille d’actions.

Chacune de ces raisons est détaillée ci-dessous.

Il est nécessaire de rechercher un actif qui réduise le risque d’un portefeuille d’actions

La principale raison pour laquelle nous n’avons pas de portefeuilles investis à 100% en actions est la diversification. En général, les années boursières négatives tendent à l’être pour presque toutes les zones géographiques et les actifs à risque, et les baisses peuvent être de l’ordre de 40 % en un an. Très peu d’investisseurs sont capables de conserver un investissement de la totalité de leur patrimoine avec un tel niveau de volatilité. Si l’investissement est liquide (comme les portefeuilles de fonds), les investisseurs peuvent succomber à la peur, et vendre au pire moment, générant un écart comportemental qui réduit la rentabilité pour les investisseurs d’environ 1,5 point de pourcentage par an en moyenne.

Pendant ces périodes de chute des marchés boursiers, on assiste généralement à un phénomène de flight to quality ou de fuite vers la qualité. Dans ces scénarios, les investisseurs se ruent sur les actifs sûrs tels que les obligations d’État, ce qui entraîne une forte appréciation de ces dernières. Le graphique ci-dessous illustre cette corrélation négative entre les actions et les obligations, en montrant les données mensuelles entre l’année 2000 et 2021 de la rentabilité sur les 12 derniers mois d’un indice d’actions globales en euros (indice MSCI World) par rapport à la rentabilité sur les 12 derniers mois d’un indice d’obligations globales couvertes en euros (indice LEGATREH).

Comme on peut le constater, il existe une légère corrélation négative entre le comportement des actions et des obligations. Cela implique que lorsque les actions montent, les obligations ont tendance à baisser et vice versa.

Chez Indexa, nous cherchons à maximiser la rentabilité pondérée par le risque et à réduire le biais comportemental de nos clients. Le meilleur moyen d’y parvenir est de créer des portefeuilles équilibrés par classe d’actifs. Nous incluons donc un minimum d’obligations dans nos portefeuilles de fonds, entre 21% d’obligations pour le portefeuille 10/10 et 86% d’obligations pour le portefeuille 1/10.

Pourquoi ce pourcentage de 21% d’obligations dans le portefeuille 10 ?

Pour déterminer le pourcentage maximal et minimal d’obligations dans les portefeuilles de nos fonds, lorsque nous avons défini nos premiers portefeuilles en 2015, nous avons commencé par déterminer un niveau maximal et minimal de risque (volatilité). Nous avons décidé de travailler avec 10 profils de risque, allant d’une volatilité d’environ 4% pour le profil 1, le plus conservateur, à 13% pour le profil 10, le plus agressif.

Cette volatilité maximale de 13% équivaut à une perte annuelle de plus de 26% avec une probabilité de 95%, ce qui nous semble être un risque suffisant pour les clients les plus risqués de nos portefeuilles de fonds.

Pour atteindre cette volatilité maximale de 13%, avec les volatilités historiques de 2000 à 2015, le pourcentage d’obligations requis était de 21%. Nos portefeuilles comprennent donc un minimum de 21% d’obligations pour maintenir la perte annuelle en dessous de 26% avec une probabilité de 95%.

Les obligations sont une classe d’actifs

La définition d’une classe d’actifs est sujette à débat, mais fondamentalement, une classe d’actifs doit remplir trois conditions:

  • Diversification: la classe d’actif doit offrir une diversification dans le portefeuille, son évolution de prix doit être relativement peu corrélée avec le reste du portefeuille.
  • Retour: elle doit constituer une source de génération de rentabilité crédible.
  • Profondeur: elle doit être suffisamment importante pour constituer une part significative du portefeuille.

Dans le cas des obligations, deux sur trois (diversification et profondeur) sont conjoncturellement respectées pour certains segments tels que les obligations d’État européens, mais habituellement les trois sont respectées :

  • Diversification : offre une diversification à un portefeuille d’actions, par exemple.
  • Rentabilité : offre une rentabilité à long terme dérivée de la génération de liquidités de la part des entreprises ou des gouvernements sous la forme de coupons et de remboursements du principal.
  • Profondeur : les marchés obligataires européens se négocient en milliers de milliards d’euros.

Si l’une des trois caractéristiques n’est pas remplie, il est raisonnable de chercher une alternative, mais il n’en existe pas de meilleure.

Il n’y a pas de meilleure alternative

Cinq alternatives liquides pourraient être envisagées : garder l’argent dans une banque, garder l’argent en billets, inclure des obligations à court terme, ou acheter des matières premières ou des cryptomonnaies. Toutes ces options présentent davantage de problèmes :

  • Argent dans une banque : l’option consistant à laisser de l’argent en banque suppose, premièrement, un certain risque de crédit (bien qu’en dessous de 100 000 euros, il soit couvert par le fonds de garantie des dépôts), deuxièmement, l’argent en tant que tel n’a pas l’effet diversificateur lors de chutes boursières, que peuvent avoir les obligations à long terme (qui tendent à se revaloriser en cas de chute boursière), , et troisièmement, il est de plus en plus courant que les banques facturent les sommes laissées sur un compte courant (généralement 0,5 % par an).
  • Argent en billets : cette alternative assure une rentabilité espérée de 0% avec des billets de banque en euros, mais a des coûts de stockage et de sécurité, présente toujours un risque de vol. Nous ne la considérons donc pas comme une classe d’actifs car elle n’apporte pas une source de revenu. De plus les devises n’agissent pas comme diversificateur lors des chutes boursières.
  • Obligations à court terme : les obligations à court terme offrent une rentabilité espérée encore plus faible et diversifient également moins bien le portefeuille d’actions (elles s’apprécient généralement moins lorsque les actions baissent).
  • Matières premières : par exemple, l’or. Les matières premières ne sont pas une solution face au manque de rentabilité car elles ne génèrent pas de revenus, et ont également tendance à présenter une volatilité plus élevée que les actions.
  • Cryptomonnaies : nous les excluons pour les mêmes raisons que l’argent en banque ou en billets.

Dans certaines périodes, comme en 2021, les obligations à long terme afficheront des pertes, mais n’oubliez pas que cela se produit généralement en même temps que la hausse des actions. C’est précisément ce que l’on attend d’un actif diversifiant : il améliore le couple rendement / risque du portefeuille

Conclusion

Nous pensons qu’il n’y a pas de meilleure alternative que les obligations pour les investisseurs qui ont besoin de réduire le risque d’un portefeuille d’actions. Pour le moment, la rentabilité espérée de certains segments obligataires est négative, mais à un moment donné, cette situation reviendra à la normale.

Couvrir ou ne pas couvrir la devise

Lorsque vous souhaitez investir à l’échelle mondiale, il faut garder à l’esprit que la majorité de vos investissements ne seront pas libellés en euros et par conséquent, il faudra prendre des décisions quant au risque de fluctuation des taux de change. Principalement, il y a trois options :

  • Couvrir les devises.
  • Ne pas couvrir les devises.
  • Parfois couvrir et d’autres fois non, pour essayer de générer un peu plus de rentabilité.

La troisième option n’apporte pas de valeur à long terme, car il n’est pas possible de savoir à l’avance si une devise va s’apprécier ou se déprécier. En revanche, les deux premières options sont potentiellement valides. Dans cet article, nous allons expliquer pourquoi il est préférable de ne pas couvrir le risque de devise des investissements en actions mais qu’il est cependant préférable de le faire dans le cas des investissements en obligations.

La réponse rapide est de couvrir le risque de devises avec des assurances de change ayant un certain coût et davantage de coût signifie moins de rentabilité à long terme. Cependant, couvrir le risque de devise permet de réduire la volatilité de l’investissement et par conséquent il faut analyser comment la couverture affecte le rapport rentabilité/risque et ne pas seulement se fixer sur la rentabilité.

Investissements en actions

Pour illustrer ces résultats, nous analysons d’abord le risque et la rentabilité de l’indice S&P 500 à travers 3 classes du même fonds de Vanguard, depuis leur création (06/03/2006) :

  1. Classe en USD (dollar) : dans cette classe de fonds, l’investissement est directement réalisé dans les actions qui composent le S&P 500, le risque de devise n’est pas couvert et le fonds est libellé en dollar états-uniens. La rentabilité sera celle de l’indice S&P 500 moins les coûts du fonds.
  2. Classe couverte, en EUR (euro) : cette classe de fonds libellée en euros est couverte grâce à une assurance de change contre le risque de devise. La rentabilité devrait être similaire à celle d’un investissement dans la classe en USD, moins les coûts du fonds.
  3. Classe sans couverture, en EUR (celle de nos portefeuilles) : dans cette classe libellée en euros le risque de devise n’est pas couvert. Le taux de change affecte la rentabilité et par conséquent la rentabilité sera celle du S&P 500 en euros, moins les coûts du fonds.

Nous écartons la première alternative, car un investissement dans un fonds libellé en dollars étas-uniens (USD) entraîne d’importants coûts de transactions supplémentaires pour convertir les euros en dollars au moment de souscrire ou rembourser les fonds.

Le doute à lever est celui d’investir dans le fonds 2 (EUR avec une couverture de la devise) ou dans le fonds 3 (EUR sans couverture). Cependant, pour pouvoir estimer le coût de la couverture nous allons étudier la différence de rentabilité entre le fonds en USD (fonds 1) et le fonds couvert (fonds 2). Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons observer chaque classe.

 

Comme nous pouvons le constater, le fonds en USD se sépare progressivement de la classe couverte en euros. Cela est du aux frais de transaction et aux coûts de couverture :

  1. Frais de transaction : il s’agit des frais facturés par le fournisseur de couverture.
  2. Coûts de couverture : ils se composent de la différenceentre le taux d’intérêtUSD et celui EUR (par exemple, un compte courant en USD rapporte désormais 1 % alors qu’un compte courant en EUR rapporte 0 %) et de la demande plus ou moins forte d’USD par rapport à l’EUR (mesurée par le cross currency basis spread). Pour la période étudiée, la différence moyenne de taux est d’environ 0,8 %.

Dans le tableau ci-dessous, nous comparons les rentabilités et les volatilités de trois investissements depuis leur création jusqu’au 01/09/2017 :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
(rentabilité/risque)
Classe en USD 7,06% 18,0% 0,39
Classe couverte en EUR 5,85% 18,3% 0,32
Classe sans couverture EUR 7,74% 18,6% *0,42

Données Bloomberg. EUR. Période :03/11/2006 (création des fonds) au 01/09/2017.

Les résultats sont clairs : la classe couverte en euros a rapporté 5,85% tandis que la classe en USD a enregistré une rentabilité de 7,07%. De cette différence de 1,22%, le coût de la couverture est 0,8% et les frais de transaction sont d’environ 0,4% annuel. On constate également que la rentabilité entre la classe sans couverture en EUR et la classe en USD est très similaire (différence de 0,64%). Cela est une coïncidence, et dépend entièrement de la période choisie, mais reflète assez bien le comportement des devises « réserve » (USD, EUR, JPY, …) : elles ont tendance à fluctuer et à montrer un important retour à la moyenne, de sorte qu’à long terme, l’effet de la monnaie tend à être moins important.

Quant à la volatilité, nous pouvons constater que les 3 fonds ont pratiquement la même volatilité, les fluctuations de tous ces fonds sont donc très similaires.

En conclusion, comme la rentabilité a été moindre et que le risque est similaire, nous choisissons la classe en EUR sans couvrir le risque de devise, qui offre un meilleur rapport rentabilité / risque (ratio de Sharpe).

Cette analyse ne vaut que depuis la création des fonds (en 2006) et nous allons vérifier les conclusions auxquelles nous sommes parvenus en augmentant le temps de l’étude. Pour ce faire, nous avons réa     lisé la même analyse avec l’indice du S&P500 en USD et en EUR depuis la création de l’euro (08/01/1999), et les résultats sont très similaires :

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
S&P 500 USD 5,53% 17,6% 0,31
S&P 500 EUR sans couverture 5,38% 19,3% 0,28

La rentabilité est pratiquement la même avant les frais (notez que dans ce cas, aucun coût de couverture n’est appliqué parce-que nous comparons les indices au lieu de comparer des fonds) et la volatilité est également très similaire. La conclusion reste donc la même : le rapport rentabilité/risque de l’investissement en EUR avant frais est très similaire à celui de l’investissement en USD.

Investissements en obligations

Pour l’analyse de l’effet de la devise sur les obligations, nous allons utiliser un fonds de Pimco puisque nous n’avons pas trouvé de fonds indexés qui investissent dans des obligations ayant une classe couverte et une autre non couverte avec suffisamment de données historiques pour que l’analyse soit pertinente. Le fonds est Pimco Total Return Bond Clase E d’accumulation, qui investit principalement dans des émissions libellées en USD. Nous allons observer les effets de la devise en comparant les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couverture de la devise
  2. Investissement en EUR avec couverture de la devise
  3. Investissement en EUR sans couverture de la devise

 

De nouveau, nous observons comment les graphiques en USD et EUR couvert se séparent sous l’effet des frais et du coût de la couverture. Si vous comparez le rapport rentabilité / risque des 3 classes, vous pouvez voir une différence très importante par rapport aux actions : le risque de la classe en EUR sans couverture est sensiblement plus important (données entre le 31/03/2006 et le 01/09/2017).

Rentabilité annuelle Volatilité Ratio de Sharpe
1. Classe en USD 4,38% 4,0% 1,10
2. Classe couverte en EUR 3,91% 4,0% 0,98
3. Classe sans couverture en EUR 4,59% 9,9% 0,46

La volatilité de l’indice en EUR avec la devise couverte est 60% plus faible que la volatilité de l’indice en EUR avec la devise sans couverture. Cela fait de ce dernier presque une autre classe d’actif : si vous ne couvrez pas le risque de devise lors d’un investissement dans des obligations, vous investissez dans la devise, et non dans des obligations car le risque de change est très supérieur au risque des obligations. Pour cette raison, il est préférable de couvrir le risque de devise lors d’investissements dans des obligations. Sur le graphique précédent, vous pouvez noter que l’investissement qui ne couvre pas l’euro a un comportement très différent des deux autres.

Nous avons également réalisé une analyse sur le plus long terme en utilisant des indices. Nous utilisons l’indice Bloomberg « Barclays Global-Aggregate Total Return Index Value » qui se compose d’obligations émises par les plus grands émetteurs (États et entreprises) dans leur propre devise et qui inclut notamment des obligations en yens (JPY), en dollars (USD) et en euros (EUR). Nous observons l’effet de la devise dans les trois cas suivants :

  1. Investissement en USD sans couvrir les devises de l’indice
  2. Investissement en EUR en couvrant les devises
  3. Investissement en EUR sans couvrir les devises de l’indice

 

Comme nous pouvons l’observer sur le graphique ci-dessus, les 3 indices atteignent des rentabilités similaires (il faut cependant garder à l’esprit que ce sont des indices, il n’est donc pas pris en compte les coûts de couverture de l’investissement dans un fonds), mais la volatilité de l’indice avec la devise couverte est sensiblement plus faible (ligne bleue).

Dans le tableau suivant, nous quantifions ces données en comparant les rentabilités et les volatilités des trois indices depuis le 29/01/1999 jusqu’au 31/08/2017 :

Rentabilité annuelle (avant frais) Volatilité Ratio de Sharpe
1. Investisseur en USD sans couverture de devises 4,22% 5,7% 0,74
2. Investisseur en EUR avec couverture de devises 4,26% 2,8% 1,52
3. Investisseur en EUR sans couverture de devises 3,98% 6,8% 0,59

Nous obtenons de nouveau que la volatilité de l’indice en EUR avec la couverture de devises est 60% plus faible que celle de l’indice en EUR sans la couverture de devises. Pour cette raison, nous préférons couvrir le risque de devises pour les investissements dans des obligations.

Conclusion

Pour maximiser le rapport rentabilité / risque, il est préférable de choisir des fonds actions qui ne couvrent pas les devises, car la couverture a un coût élevé et n’améliore pas la rentabilité ni la volatilité à long terme. Mais il est cependant préférable de choisir des fonds qui couvrent les devises pour les obligations (excepté pour les obligations de pays émergents en devise locale) car dans le cas d’obligations la meilleure volatilité compense le coût de couverture des devises.

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Sélection des classes d’actif

Comme vous le savez déjà, la politique d’investissement d’Indexa peut être résumé ainsi : « répliquer le monde avec les frais les plus faibles possibles ». Avec les articles à venir de notre formation financière, nous souhaitons vous expliquer de façon plus terre à terre ce principe.

La recherche économique et financière a montré que la meilleure manière de maximiser la rentabilité sur le long terme consistait à combiner des classes d’actif (ex. la bourse européenne) au lieu de sélectionner des valeurs spécifiques (ex. des actions de AB Inbev). A ce sujet, vous pouvez consulter les articles académiques suivants : Markowitz, 1952 ; Sharpe, 1964 ; Brinson, Hood y Beebower, 1986 ; Brinson, Singer y Beebower, 1991 ; Ibbotson y Kaplan, 2000.

C’est pourquoi, au lieu de dédier du temps à construire un portefeuille basé sur des actions et des obligations concrètes, la première étape pour répliquer le monde est de sélectionner une série de classes d’actif diversifiées et relativement peu corrélées. Pour ce faire, il faut considérer le couple rentabilité-risque historique des principales classes d’actif disponibles sur le marché. Nous évaluons également chaque classe d’actif sur sa corrélation avec les autres classes d’actif (diversification), sur sa protection contre l’inflation, sur la minimisation des coûts des fonds indexés et sur la minimisation des coûts de change. Les classes d’actif sont classées en 2 grandes familles : les actions (revenu variable) et les obligations (revenu fixe).

  • Les actions, malgré leur volatilité relativement importante, offrent aux investisseurs une exposition à la croissance économique et de meilleures attentes quant à la rentabilité à long terme.
  • Les obligations offrent des revenus plus sûrs, une rentabilité moindre que les actions mais aussi moins de risque et une corrélation relativement faible avec les actions.

Ci-dessous, une liste des classes d’actif utilisées par Indexa et les bénéfices qu’elles apportent au portefeuille.

Classes d’actif Avantages
Actions globales Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Etats-Unis Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Europe Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions économies émergentes Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Japon Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions Pacifique sauf Japon Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Actions globales de petite capitalisation Croissance à long terme, protection contre l’inflation
Obligations globales à long terme Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations Entreprises Européennes Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations Etats Européens Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations pays émergents couvertes en Euro Rendement du capital, exposition aux États émergents sans risque de devise, et diversification
Obligations européennes liées à l’inflation Rendement du capital, faible volatilité, diversification, protection contre l’inflation
Obligations États-Unis couvertes en euros Rendement du capital, faible volatilité, diversification
Obligations d’Entreprises États-Unis couvertes en euros Rendement du capital, faible volatilité, diversification

Nous détaillons ensuite la définition de ces classes d’actif et leurs principales caractéristiques.

Fonds indexés d’actions et d’obligations

Nos portefeuilles comprennent des fonds indexés qui sont composés d’une vaste sélection d’actions de divers continents. Votre argent est littéralement investi dans des milliers de sociétés. La proportion exacte d’actions dans chaque zone géographique dépend de votre niveau de risque.

De plus, nos portefeuilles comprennent divers fonds indexés d’obligations (dettes) qui s’équilibrent entre dettes de gouvernements et dettes d’entreprises, entre dettes à long terme et dettes à court terme, entre dettes émetteurs de différentes régions et obligations liées à l’inflation. Votre argent sera investi littéralement dans des centaines d’obligations de centaines d’émetteurs différents suivant des indices qui nous permettent d’offrir une très grande diversification. La proportion exacte de dettes dans chaque catégorie dépend de votre niveau de risque et de la taille du portefeuille.

  1. Actions globales : participation dans le capital de sociétés mondiales. Investissement dans des économies développées (principalement aux États-Unis, en Europe et au Japon).
  2. Actions Europe : participation dans le capital de sociétés basées en Europe. Bien que l’économie européenne risque d’être confrontée à une situation très difficile dans les années à venir, l’Europe représente toujours une part très importante de l’économie mondiale et dispose d’entreprises de premier plan au niveau mondial. D’autre part, il s’agit d’une référence sur le marché actions pour les investisseurs en euros.
  3. Actions États-Unis : participation dans le capital de sociétés basées aux États-Unis. Les États-unis représentent la plus grande économie et la plus grande bourse du monde. Bien que son économie ait été durement touchée par la crise financière de 2008-2009 et que sa future croissance sera probablement inférieure à celle passée, l’économie américaine reste l’une des plus résistantes, novatrices et actives du monde.
  4. Actions Japon : participation dans le capital de sociétés basées au Japon. Le Japon souffre depuis plusieurs décennies d’une croissance et d’une inflation faibles mais la banque centrale japonaise a adopté une politique monétaire très expansive qui devrait stimuler la croissance et l’inflation à moyen terme. Le Japon représente une économie importante au niveau mondial, avec environ 10% de la capitalisation globale, et il possède des sociétés exportatrices de référence.
  5. Actions Pays Émergents : participation dans des sociétés basées dans des pays comme le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud ou Taïwan. Comparés aux économies de pays plus développés, ces pays ont une démographie plus jeune, une classe moyenne croissante et une croissance économique plus rapide. Ils représentent déjà la moitié du PIB mondial, et cette proportion devrait continuer à progresser à mesure que leur croissance se poursuit. Les actions des entreprises de ces pays sont plus volatiles, mais nous prévoyons qu’elles auront une rentabilité moyenne, à long terme, supérieure aux actions d’entreprises américaines ou européennes.
  6. Actions du Pacifique sauf Japon : participation dans des sociétés basées dans le Pacifique à l’exclusion du Japon, en particulier des sociétés de Singapour, de Hong Kong, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, qui se distinguent par la vigueur de leur secteur des matières premières, tandis que Hong Kong et Singapour ont connu une forte croissance économique au cours des dernières années.
  7. Actions globales de petite capitalisation : représentent une participation dans la propriété des entreprises de petite et moyenne capitalisation (moins de 55 milliards de dollars) dans des pays développés (principalement États-Unis, Europe et Japon). Les entreprises de petite capitalisation apportent une diversification, à travers leur exposition à des secteurs particuliers, volatiles, et de rentabilité plus élevée, associé à une liquidité moindre et des perspectives de croissance plus importantes à long terme.
  8. Obligations globales à long terme : obligations à long terme émises par des gouvernements et des sociétés de pays développés. Il s’agit principalement d’un investissement dans des obligations dont la notation de crédit est élevée, bien qu’une petite part soit investie dans des obligations avec un haut rendement.
  9. Obligations d’entreprises européennes :  il s’agit de la dette émise par les entreprises européennes ou étrangères (émise en euros), avec des notations de crédit « investment grade » (élevés) pour financer leurs activités. Ces obligations offrent une rentabilité supérieure à celle des obligations d’État en raison d’un risque de crédit plus élevé et d’une liquidité plus faible. Contrairement aux gouvernements de la zone euro, la grande majorité des entreprises européennes a connu un processus de désendettement et a renforcé son bilan ces dernières années.
  10. Obligations Pays Émergents couvertes en euros : Les obligations de pays émergents sont la dette émise par des gouvernements et des organisations quasi gouvernementales des pays émergents, tels le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et Taïwan en devises étrangères comme l’euro ou le dollar américain. Elles offrent des rendements supérieurs à ceux des obligations de marchés développés. Actuellement, les pays émergents, avec une démographie plus jeune, une croissance économique plus forte, un bilan sain et un ratio dette publique/PIB inférieur, sont moins exposés au risque de défaut de paiement que certains pays de la zone euro.
  11. Obligations d’États européens : dettes émises par les gouvernements de la zone euro (Italie, France, Allemagne, Espagne, Hollande et Belgique principalement) pour financer les budgets des États. Jusqu’à la crise de la zone euro, ce type d’actifs apportait des revenus stables, une faible volatilité historique et une faible corrélation avec les actions. Depuis la crise de la zone euro, les actifs de certains pays comme l’Italie ou l’Espagne sont devenus des actifs comportant un risque de crédit, de sorte que la volatilité et la corrélation ont augmenté, bien que les interventions de la Banque Centrale Européenne aient considérablement réduit ces risques. À l’heure actuelle, ces obligations offrent une rentabilité historiquement faible et il est estimé qu’elles produisent des rendements réels à peine positifs en raison de la politique des faibles taux d’intérêts de la Banque Centrale Européenne.
  12. Obligations européennes indexées sur l’inflation : obligations indexées sur l’inflation européenne (hors tabac) émises par les gouvernements de la zone euro (Allemagne, Italie, France et Espagne). Contrairement aux obligations nominales, le principal et les coupons de ces obligations sont ajustés périodiquement en fonction de l’indice des prix à la consommation (IPC). Bien que les obligations indexées sur l’inflation aient actuellement des rentabilités historiquement faibles, leur spécificité, leur indexation sur l’inflation et leur faible volatilité historique en font une classe d’actif pouvant procurer aux investisseurs des revenus et des garanties en cas d’inflation dont ils pourraient avoir besoin.
  13. Obligations d’États-Unis couvertes en euros : représentent la dette émise par les États-Unis pour financer les budgets de l’État, couverte en euros. Cette classe d’actif d’obligations étatsuniennes diversifie les obligations d’États européens et expose le portefeuille à l’inflation et à la croissance économique étatsunienne.
  14. Obligations d’Entreprises États-Unis couvertes en euros : il s’agit de la dette émise par les entreprises étatsuniennes avec des notations de crédit « investment grade » (élevés) pour financer leurs activités couvertes en euros. Ces obligations offrent une rentabilité plus élevée que celles d’États car elles supportent un risque de crédit plus important et une rentabilité moindre, tout en diversifiant l’exposition aux obligations d’entreprises européennes.

Les classes d’actif qui composent nos portefeuilles peuvent changer au fil du temps, selon l’évolution de l’économie à long terme et l’évolution des fonds indexés disponibles sur le marché. Aujourd’hui, il y a certaines classes d’actif qui ne peuvent pas être investies à travers des fonds indexés mais des fonds indexés apparaîtront sans nul doute pour couvrir ses besoins. Pour plus d’information, vous pouvez consulter l’historique des changements de nos portefeuilles.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min).

Si vous êtes déjà client : vous pouvez accéder à votre composition de portefeuille depuis votre espace personnel sur la page « Résumé » de chacun de vos comptes.

Suis-je en train d’épargner suffisamment pour ma retraite ?

Au fur et à mesure que les années passent, vous vous demanderez probablement si vous épargnez suffisamment pour votre retraite. Pour le savoir, d’une part, vous devrez connaître la valeur future de vos investissements actuels et de ceux que vous prévoyez de faire à l’avenir, d’autre part, vous devrez estimer ce dont vous aurez besoin à la retraite.

Pour les clients d’Indexa, nous avons un module de planification financière indexée que vous pouvez utiliser pour répondre aux questions suivantes :

Avec quel patrimoine pourrai-je prendre ma retraite si je continue à épargner et à investir avec mon profil d’investisseur actuel ?

Quel revenu mensuel pourrais-je avoir après ma retraite ?

Avec quelle probabilité ?

Suis-je sur la bonne ou la mauvaise voie pour atteindre mon objectif de rente à la retraite ?

Combien dois-je épargner et investir chaque mois pour atteindre mon objectif de revenu après la retraite ?

Comme vous pouvez le constater, l’une des principales variables permettant de déterminer si vous épargnez suffisamment est l’estimation du revenu mensuel dont vous aurez besoin après la retraite. Dans cet article, nous allons vous donner quelques indications pour connaître le montant du revenu dont vous aurez besoin et pour savoir si vous êtes sur la bonne voie ou non.

Estimer ce dont vous aurez besoin à la retraite

Les principales étapes de l’estimation du montant mensuel dont vous aurez besoin pour couvrir votre retraite sont les suivantes :

  1. Considérer votre style de vie souhaité et déterminer quelles seront vos dépenses mensuelles, y compris les frais de logement.
  2. Tenir compte de l’impact de l’inflation et des revenus attendus de votre pension.
  3. Faire la différence des revenus prévus et des dépenses et multiplier ce montant par le nombre estimé de mois de retraite.

Vos dépenses à la retraite

L’estimation de vos dépenses de retraite peut être très compliquée, c’est pourquoi nous avons élaboré un tableau des dépenses moyennes par ménage.

Dépenses mensuelles moyennes par ménage Montant (€ / mois)
De 16 à 25 ans  2.445
De 25 à 34 ans  3.720
De 35 à 54 ans  4.354
De 55 à 64 ans  3.932
65 ans et plus  2.564

Source : estimation Indexa sur base de données Insee 2006, Institut National de la Statistique et des Études Économiques en France.

Trois conclusions principales peuvent être tirées de ce tableau :

  1. Votre niveau de dépenses varie dans le temps.
  2. Le pic des dépenses se situe entre 35 et 54 ans, principalement en raison des dépenses du ménage et du logement.
  3. Les dépenses après 65 ans diminueront en moyenne de 35 % par rapport aux dépenses moyennes des 55-64 ans, de 41 % en moyenne par rapport aux dépenses des 35-54 ans et de 31% par rapport à celles des 25-34 ans.

Par ailleurs, il semble raisonnable de supposer que plus le niveau de dépenses pendant la vie active est élevé, plus le niveau de dépenses une foi à la retraite est élevé.

Dès lors, une bonne estimation de vos coûts futurs consiste à examiner vos coûts actuels et à les réduire de 35% si vous avez entre 55 et 64 ans, de 41% si vous avez entre 35 et 54 ans ou de 31 % si vous avez entre 25 et 34 ans.

Sécurité sociale

Il y a actuellement beaucoup d’incertitude sur le futur montant des pensions. En 2021, la pension mensuelle maximale (12 versements) est de 3 158 euros et la minimale de 764 euros.

Outre le fait qu’il s’agit d’un calcul qui prend en compte de nombreuses variables inconnues aujourd’hui, comme les futurs salaires et l’âge futur de la retraite, la méthode de calcul elle-même est susceptible de changer au fil du temps en raison du déséquilibre actuel entre les cotisations et les prestations.

Les avis sont nombreux sur l’avenir de la sécurité sociale, mais nous pensons qu’elle restera longtemps une part importante du revenu de retraite pour la plupart des retraités. Vous pouvez obtenir une estimation (approximative) de la pension que vous recevrez dans un simulateur online (comme par exemple celui proposé par BNP PARIBAS).

Calculer le revenu total et soustraire les dépenses estimées

Pour calculer le revenu total dont vous disposerez à la retraite, il est nécessaire d’ajouter au revenu de la sécurité sociale tous les autres revenus que vous pensez percevoir. Pour connaître les besoins de revenu estimés à la retraite, il faut soustraire le revenu total des dépenses estimées. Si le résultat est négatif, il faudra financer par l’épargne la dépense mensuelle multipliée par 12 mois et par 20 ans (durée de vie moyenne après la retraite).

Si vous disposez déjà d’un portefeuille d’investissement, vous pouvez en désinvestir progressivement une partie pour compléter votre retraite. Dans le module de planification financière indexée auquel vous pouvez accéder dans votre espace personnel \ Choisissez un de vos comptes \ Plan \ Planification financière indexée, vous retrouverez en détail l’estimation que nous faisons chex Indexa. Nous calculons trois scénarios différents. Si, dans le scénario négatif, le patrimoine que nous estimons que vous aurez avant la retraite vous permet de financer 20 ans du revenu dont vous pensez avoir besoin, nous pensons que vous êtes sur la bonne voie. Si ce n’est pas le cas, nous vous indiquons le montant que vous devez verser.

Conclusion

Savoir si vous épargnez suffisamment pour votre retraite est un calcul relativement complexe, plein d’hypothèses et d’incertitudes. Cependant, il vaut la peine de faire au moins une estimation approximative pour voir si, selon un ensemble d’hypothèses raisonnables, vous êtes sur la bonne voie ou non.

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Les apports nets de nos clients ne suivent plus le marché

Par le passé, nous avons suivi et analysé l’écart comportemental de nos clients, autrement dit, la propension des investisseurs à rechercher le meilleur moment pour investir, même s’ils sont susceptibles de se tromper et investir à rebours. Dans l’article « Écart comportemental : mieux vaut ne pas choisir quand investir », nous avons passé en revue plusieurs études qui ont montré qu’en moyenne, les investisseurs perdent 1,5 % de rendement par an en essayant de choisir quand investir ou désinvestir.

En juin 2018, nous avons effectué une première analyse pour savoir si nos clients, dans leur ensemble, investissent indépendamment de la performance du marché, ou s’ils investissent après des hausses de marché dans nos portefeuilles et désinvestissent après des baisses. Pour répondre à cette question, nous avons analysé les performances mensuelles de deux variables :

  1. Les apports nets des clients : nous utilisons comme meilleure approximation la différence entre la croissance mensuelle des apports et les retraits, mesurée en pourcentage du total des encours sous gestion du mois précédent. Par exemple, en juin 2018, les clients ont apporté 6,1 millions d’euros et retiré 0,6 million d’euros sur les 95,2 millions d’euros gérés par Indexa à la fin du mois précédent, ce qui équivaut à des apports nets de 5,8 % des actifs.
  2. Performance du portefeuille : nous utilisons la rentabilité des 12 derniers mois du portefeuille 6/10 pour les montants compris entre 10.000 et 100.000 euros, ce qui correspond au portefeuille moyen de nos clients.

En conséquence, les apports de nos clients ont augmenté lorsque les portefeuilles se portaient bien (et inversement les apports ont baissé dans un contexte plus difficile), ce qui n’était pas optimal car cela signifiait que nos clients achetaient davantage lorsque les prix avaient augmenté. En particulier, nous avons observé un coefficient de corrélation de Pearson R2 de régression de 61% (un R2 de 100% signifie une corrélation parfaite entre les augmentations de portefeuille et les entrées nettes et 0% signifie une décorrélation parfaite).

Dès lors, nous avons continué à insister sur le message selon lequel il vaut mieux ne pas choisir le moment où l’on investit et qu’il vaut mieux investir chaque mois de manière régulière. Afin de réduire cette dépendance, nous avons lancé des initiatives telles que « le contrat avec vous-même ».

Depuis la mise en avant de cette information, nous observons toujours une certaine corrélation, mais celle-ci tend à diminuer. En juillet 2019, le R2 est tombé à 45 % et en mars 2020, à 30 %.

Nous avons à nouveau mis à jour ces données en octobre 2021 et le résultat est épatant : le R2 est tombé à seulement 6%, ce qui implique que nos clients placent de l’argent et en retirent indépendamment de l’évolution du marché. Cette décorrélation peut être observée avec le graphique ci-dessous, car les points ne montrent aucune une relation linéaire claire :

Nous montrons avec le graphique ci-dessous, l’évolution dans le temps de la corrélation entre les apports nets et la rentabilité passée, qui montre une nette tendance à la baisse:

Analyse de robustesse

Nous avons effectué une analyse de robustesse de ce modèle en modifiant la variable à expliquer (apports nets) et la variable explicative (rentabilité passée). En particulier, nous avons envisagé la possibilité que les investisseurs prennent un certain temps pour réagir à une mauvaise performance de marché. Nous avons donc analysé les apports après trois mois plutôt qu’un seul. Nous avons également examiné ce qui se passe si, au lieu de regarder les rentabilités de l’année dernière, nous regardons celles du dernier trimestre, car les investisseurs peuvent réagir davantage aux événements récents. Dans les deux cas, le R2 actuel est encore très faible (8% et 2% respectivement).

Les apports récurrents expliquent l’absence de relation

L’absence de relation entre les apports nets et les rentabilités passées s’explique principalement par les apports réguliers effectués par la majorité de nos clients (77% de nos clients), qui par définition ne dépendent pas de l’évolution du marché.

Nombre de comptes Pourcentage de comptes avec apports périodiques (1)
Portefeuilles de fonds 35.936 77%
Données en date du 04/10/2021

(1) Portefeuilles de fonds ayant fait l’objet d’un ou plusieurs apports au cours des 4 derniers mois.

Nous avons effectué la même analyse en août 2019 et, depuis, le pourcentage de clients versant des apports réguliers a légèrement augmenté, passant de 74 % à 77 %. Ainsi, non seulement le chiffre est bon, mais il s’améliore.

Analyse des retraits

Après avoir constaté que les apports nets ne dépendent pas du marché, nous avons aussi voulu analyser ce qui en était des retraits. Nous avons observé qu’ils dépendent de l’évolution du marché, mais dans une moindre mesure que les apports réguliers de 2018. En particulier, nous avons analysé les points suivants :

  1. Les retraits des clients : nous avons utilisé comme meilleure approximation la croissance mensuelle des retraits, mesurée en pourcentage du total des encours sous gestion du mois précédent. Par exemple, en juin 2018, les clients ont retiré 0,6 million d’euros sur les 95,2 millions d’euros sous gestion d’Indexa à la fin du mois précédent, ce qui équivaut à des apports réguliers de 0,6 % des encours.
  2. Performance du portefeuille : nous avons utilisé la rentabilité des 3 derniers mois du portefeuille 6/10 pour les montants compris entre 10.000 et 100.000 euros, ce qui correspond au portefeuille moyen de nos clients.

Nous avons constaté que les retraits diminuent lorsque la rentabilité augmente (et inversement les retraits augmentent lorsque la rentabilité diminue), avec un R2 de 22 % :

En tant que conseiller, nous devons essayer d’atténuer, autant que possible, ce comportement, car il pénalise la rentabilité des portefeuilles à long terme. Les retraits ont été les plus important (4,6 %) en mars 2020, en pleine crise du COVID, tandis que le rendement du portefeuille 6/10 au cours des 12 mois suivants a été le plus élevé de l’histoire d’Indexa (+24 %).

Conclusion et félicitations

Avec cette nouvelle étape, Indexa complète son expertise en proposant à ses clients des portefeuilles peu coûteux, mondialement diversifiés avec un profil de risque adapté et une exposition réduite aux biais comportementaux. La vocation d’Indexa était donc la suivante :

  1. Indexation : augmenter la rentabilité pour un risque donné en réduisant les coûts et en augmentant la diversification des portefeuilles de fonds indexés.
  2. Profilage du risque : à travers un profilage automatisé, attribuer le profil de risque approprié aux clients.
  3. Ecart comportemental : encourager les apports réguliers et souligner que l’avenir des marchés ne peut être prédit pour éviter les biais.

6 ans après notre création, nos clients ont des portefeuilles qui maximisent leurs rentabilités pour un risque donné, celui qu’ils sont capables et qu’ils souhaitent prendre. Nos clients ne suivent pas le marché avec leurs apports. Il ne reste plus qu’à éviter l’augmentation des retraits lorsque les rentabilités du portefeuille diminuent.

Il est possible que l’évolution à la baisse du coefficient de corrélation de Pearson R2 s’explique par une première estimation trop élevée en raison de la petite taille de l’échantillon, ou qu’elle était vraiment élevée et qu’elle a diminué. Dans les deux cas, nous tenons à vous féliciter.

Si vous n’êtes pas encore client d’Indexa Capital, découvrez quel portefeuille de fonds indexés mondialement diversifié nous vous recommandons en effectuant notre bref test de profil investisseur (2 min).