Exposition de nos portefeuilles à la Russie

Depuis l’attaque de la Russie contre l’Ukraine il y a deux semaines (le 24/02/2022), certains clients nous ont posé les questions suivantes :

  • Quelle est l’exposition des portefeuilles d’Indexa à la Russie ?
  • Cherchons-nous à vendre les investissements en Russie?
  • Pouvons-nous offrir la possibilité de ne détenir aucune partie du portefeuille en Russie ?

Nous pensions attendre de pouvoir offrir des réponses complètes avant de publier cet article, mais en raison de la fréquence de ces différentes questions, nous avons préféré publier dès maintenant des réponses mêmes partielles, que nous serons amenés à compléter par la suite en fonction de l’évolution de la situation.

Exposition des portefeuilles de fonds à la Russie

L’exposition de nos portefeuilles de fonds à la Russie avant le début de la guerre se situait entre 0,1% et 0,4% du portefeuille, selon la taille du portefeuille et du profil d’investisseur du client.

Nous avions quatre fonds avec une exposition marginale à la Russie avant le début de la guerre en Ukraine :

Le fonds d’obligations globales à long terme, Vanguard Global Bnd Idx Eur -Ins, indexé sur l’indice Barclays GA Float Adjusted Bond, qui pèse entre 21 et 86% des portefeuilles de fonds de moins de 10 mille euros, était exposé à 0,4% aux obligations russes, ce qui équivaut à entre 0,1 et 0,3% du portefeuille.

Le fonds d’actions des pays émergents Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur -Ins, indexé sur l’indice MSCI Emerging Markets, qui pèse entre 0 et 10% des portefeuilles de fonds de 10 à 100 mille euros, et entre 2 et 9% des portefeuilles de fonds de plus de 100 mille euros selon le profil d’investissement du client, avait une exposition de 3,3% aux actions russes, équivalente à entre 0,1 et 0,3% du portefeuille .

Le fonds d’obligations d’entreprises européennes, Vanguard Euro Inv Gr Bnd Idx Eur -Ins, indexé sur l’indice Barclays Euro Non-Government Bond, qui pèse entre 4 et 16% des portefeuilles de fonds de 10 à 100 mille euros, et entre 14 et 79% des portefeuilles de fonds de plus de 100 mille euros selon le profil investisseur du client, avait une exposition de 0,3% à la Russie, ce qui équivaut moins de 0,1% du portefeuille.

Le fonds d’obligations de pays émergents couverts en euros iShares EM Gov Bnd Idx -I2 Eur Hdg, indexé sur l’indice EMBI Global Diversified publié par JP Morgan, qui pèse entre 2 et 3% des portefeuilles de fonds de plus de 100 mille euros, selon le profil investisseur du client, avait une exposition de 3,1% aux actions russes, ce qui équivaut à moins de 0,1% du portefeuille.

Quant au fonds d’actions globales dans les portefeuilles de fonds de moins de 10 mille euros, Vanguard Global Stk Idx Eur -Ins, indexé sur l’indice MSCI World, qui pèse entre 14% et 79% des portefeuilles de moins de 10 mille euros, n’avait aucune exposition à la Russie, ou avait une exposition de moins de 0,1%.

Il n’y a pas d’exposition à la Biélorussie

Les fonds de nos portefeuilles ne sont pas exposés aux titres biélorusses (certains clients nous ont également demandé si nos portefeuilles comprenaient des investissements en Biélorussie, allié de la Russie dans cette guerre).

Changement dans les indices

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022, les marchés boursiers et obligataires russes sont fermés. Comme en cas de chocs extrêmes provoquant un manque de demande pour répondre à l’offre (vendeurs d’actions ou d’obligations), les cotations sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. En conséquence de cette fermeture, les actions et obligations russes cotées sur les marchés russes deviennent illiquides, et si ce manque de liquidité perdure, elles se voient exclues des indices.

C’est ce qui s’est passé le 02 mars 2022 lorsque MSCI, le créateur des indices MSCI World et MSCI Emerging Markets, a exclu les titres russes des deux indices. Barclays n’a pas encore exclu les obligations russes de l’indice Barclays GA Float Adjusted Bond, sur lequel est indexé le fonds Vanguard Global Bnd Idx Eur -Ins dans nos portefeuilles de fonds de moins de 10 mille euros, et JP Morgan a décidé de conserver les obligations russes actuelles dans son indice obligataire des marchés émergents « EMBI Global Diversified Index » mais d’exclure les nouvelles émissions.

En conséquence de ce changement dans les indices, les fonds indexés sur ces indices devraient automatiquement vendre les titres exclus.

Les fonds ne peuvent pas vendre les valeurs qui sont sorties de l’indice

Toutefois, plusieurs raisons empêchent les fonds de vendre des actions ou des obligations russes en ce moment. La première est la fermeture des marchés russes, ce qui empêche la vente d’actions sur le marché. La deuxième est que, même si les marchés étaient ouverts, la Russie a interdit aux investisseurs étrangers la vente de titres russes. La troisième est, même si ces titres pouvaient être vendus en Russie, l’expulsion de la Russie du système interbancaire SWIFT qui empêcherait probablement les fonds d’investissement européens, domicilié en Irlande ou au Luxembourg, de pouvoir transférer l’argent en retour.

Une alternative pour les fonds serait de vendre ces titres, ou les droits économiques associés à ces titres, de manière privée, pour dénouer ces positions.

Les gestionnaires de fonds, Vanguard et iShares, n’ont pas encore publié ce qu’ils comptaient faire des titres russes. Il est fort probable qu’ils aient comptabilisé les investissements russes avec une valeur proche de zéro dans leur calcul quotidien de valeur liquidative des fonds. Nous ne manquerons pas de vous informer sur ce blog lorsqu’ils l’auront fait savoir.

Actualisation 11/03/2022: Vanguard a annoncé qu’ils procéderont à des ajustements des prix des sociétés russes en utilisant divers indicateurs de marché pour valoriser correctement les actifs, et qu’ils cesseront, lorsque cela sera possible, toute exposition aux actifs russes. D’autre part, iShares n’a pas encore publié sa procédure, mais il est fort probable qu’ils aient contabilisé les investissements russes avec une valeur théorique proche de zéro dans le calcul de la valeur liquidative quotidienne des fonds.

Aucun des fonds de nos portefeuilles a cessé d’être accessible pour la souscription ou le rachat

Les fonds d’investissement les plus exposés à la Russie ont dû cesser de publier leur valeur liquidative, et ne peuvent donc plus être souscrits ou rachetés. Ce n’est le cas d’aucun des fonds de nos portefeuilles, car ils étaient tous exposés à la Russie à hauteur de moins de 5 %.

Désormais, les fonds n’investissent plus dans les actions russes

En outre, les fonds qui comprenaient auparavant des actions ou des obligations russes n’y investissent plus, car elles sont sorties des indices qu’ils cherchaient à répliquer.

Les bénéfices de la diversification

Une fois de plus, les avantages de la diversification mondiale sont confirmés. Malgré une valeur proche de zéro d’une grande partie des actions et obligations russes, l’impact sur un portefeuille globalement diversifié géographiquement et par classe d’actif a été relativement réduit. Au cours des deux premiers mois de 2022, le portefeuille moyen d’Indexa (6/10) ne s’est déprécié que de 4,7%. Ces derniers jours, les obligations se sont à nouveau appréciées et ont servi de tampon contre la baisse.

Malgré tous les événements extrêmes du XXe siècle (comme par exemple la montée du communisme en Chine en 1949 ou la révolution soviétique en Russie en 1917), la rentabilité réelle (déduisant l’inflation) d’un investisseur indexé sur le monde entier de 1899 à 2018 a été de 5,0 % par an.

Cette malheureuse guerre de la Russie en Ukraine est un nouvel événement extrême qui a un impact sur la valeur des investissements, mais un portefeuille mondialement diversifié, géographiquement et par classe d’actif, est la meilleure option pour maximiser la rentabilité ajustée au risque à long terme.

Notre soutien aux victimes

Nous profitons de cette occasion pour adresser notre soutien, même si ce n’est que symbolique, à toutes les personnes qui souffrent de cette guerre et nous espérons qu’elle se terminera sous peu.

Les prêts de titres dans les fonds indexés

Les fonds d’investissement, et plus spécifiquement les fonds d’investissement indexés à réplication physique, prêtent certains titres (actions ou obligations) contenus dans leur portefeuille à d’autres entités contre un intérêt pour rémunérer le prêt de titres. Le but est d’augmenter la rentabilité du fonds, couvrir une partie des coûts du fonds et de cette manière s’approcher le plus possible de la rentabilité de l’indice. Le taux d’intérêts pour un prêt de titres sera d’autant plus élevé qu’il sera difficile d’obtenir un prêt pour l’action ou l’obligation en question.

Parfois, le gestionnaire de fonds garde totalement ou partiellement les intérêts du prêt de titres pour augmenter ses revenus. Dans le cas des fonds de Vanguard, que nous utilisons dans nos portefeuilles, le fonds indexé reçoit tous les gains du prêt, au bénéfice des porteurs de parts, les clients.

La raison des prêts de titres (actions ou obligations) est de permettre à d’autres investisseurs de pouvoir emprunter le titre et de le vendre au prix du marché avec l’espoir de le racheter plus tard à un prix moindre et de restituer le titre emprunté avec une plus-value. Ces investisseurs sont dits « vendeurs à découvert » (« short sellers ») de l’action ou l’obligation en question.

Dans le cas particulier des fonds indexés d’actions que nous utilisons chez Indexa, les prêts de titres ont généré en moyenne 0,019% de rentabilité annuelle supplémentaire au cours des trois dernières années (source : Vanguard, 2018-2020).

Fonds Augmentation de la rentabilité annuelle
ces 3 dernières années
Vanguard Japan Stk Idx Eur Acc 0,034%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur Acc 0,031%
Vanguard European Stk Idx Eur Acc 0,022%
Vanguard Global Stk Idx Eur Acc 0,016%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur Acc 0,009%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur Acc 0,001%
Moyenne 0,019%

Source : Vanguard 2018-2020

Comme n’importe quelle autre source de revenus, ces intérêts sont accompagnés d’un risque. Dans cet article, nous allons analyser en détail les risques pris, leur importance et les mécanismes utilisés pour les atténuer.

Prêter des titres entraine un risque de crédit (défaut de paiement)

Le processus de prêt de titres est relativement simple : le fonds indexé transfère temporairement la propriété du titre contre un intérêt pour un temps prédéfini. Comme dans tous les prêts, le risque existe que l’emprunteur, qui en général est une banque d’investissement, fasse faillite pendant la durée du prêt et ne rende pas le titre prêté au fonds indexé. Ce risque est appelé risque de crédit. Cela impliquerait, si 1% du fonds était prêté à une banque qui faisait faillite, le jour de la faillite, une chute d’environ 1% du fonds. Si le fonds avait prêté 10% alors sa chute serait d’environ 10%.

Quelle est l’importance du risque de crédit ?

Le risque de défaut de paiement dépend de l’exposition du fonds aux activités de prêt. Un fonds qui prêterait 100% de ses titres court un risque largement supérieur à celui qui prêterait 1% de ses titres. Dans le cas des fonds de Vanguard, le pourcentage moyen prêté a été de 1,5% au cours de ces trois dernières années :

Fonds Pourcentage du fonds prêté
ces 3 dernières années
Vanguard Japan Stk Idx Eur Acc 4,5%
Vanguard European Stk Idx Eur Acc 1,8%
Vanguard Global Stk Idx Eur Acc 1,1%
Vanguard Emrg Mk Stk Idx Eur Acc 1,0%
Vanguard Pacific Ex-Japan Stk Idx Eur Acc 0,4%
Vanguard US 500 Stk Idx Eur Acc 0,1%
Moyenne 1,5%

Source : Vanguard 2018-2020

Comment le risque de crédit est-il atténué ?

Deux options principales sont disponibles pour atténuer le risque de défaut de paiement.

La première consiste à s’engager dans des prêts avec de nombreuses contreparties de qualité (diversification). Si le fonds prête à des banques ayant une qualité de crédit élevée et en plus il répartit les prêts entre plusieurs d’entre elles, alors le risque de défaut de paiement se réduit significativement.

La deuxième option pour atténuer le risque est de demander une garantie appelée collatéral. De cette manière, si la banque faisait faillite, le collatéral reviendrait au fonds prêteur, et atténuerait ainsi la perte du fonds indexé. Le type de collatéral et le montant acceptés sont très importants. Garantir un prêt d’un million d’euro avec un collatéral d’un million d’euros en actions ou avec un collatéral de 1,1 million d’euros en obligations d’État allemand est très différent. En cas de défaut de paiement, la valeur des actions pourrait avoir chuté par rapport au début du prêt et avoir une valeur largement en dessous du montant du prêt tandis qu’avec des obligations d’État Allemand, la valeur n’aurait a priori que peu changée.
Dans le cas de Vanguard, les fonds demandent toujours comme collatéral 105% du montant prêté en obligations d’État de haute qualité de crédit (Allemagne ou États-Unis, par exemple).

Conclusion

Le prêt de titres réalisé par les fonds indexé à réplication physique apporte un peu de rentabilité supplémentaire contre un risque de crédit très contrôlé. Il est très important que vous vous assureriez que le bénéfice du prêt soit reçu par le fonds et ne soit pas gardé par le gestionnaire du fonds, puisque le risque de défaut de paiement est assumé par le fonds. Enfin, il est fortement recommandé de connaître en détail les mesures prises pour atténuer le risque de crédit.

Si vous n’êtes pas encore indexé avec nous, n’hésitez pas à effectuer notre bref test de profil investisseur (2 minutes) pour découvrir quel portefeuille de fonds d’investissement nous pouvons vous offrir.

Si vous êtes déjà indexé avec nous, n’hésitez pas à nous recommander à vos amis et votre famille pour obtenir chacun une remise sur vos portefeuilles de fonds.