Pourquoi incluons-nous des obligations dans les portefeuilles ?

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Bien qu’il s’agisse d’une question rĂ©currente depuis le lancement d’Indexa en dĂ©cembre 2015, nous recevons rĂ©cemment davantage de consultations sur les raisons pour lesquelles nous dĂ©tenons et maintenons des fonds obligataires dans nos portefeuilles. Dans cet article, nous allons expliquer pourquoi nous incorporons des obligations dans les portefeuilles.

Les raisons sont les suivantes :

  1. Il est nĂ©cessaire de rechercher un actif qui rĂ©duise le risque d’un portefeuille d’actions: la grande majoritĂ© des investisseurs n’a pas le profil de risque pour supporter un investissement Ă  100% en actions. Il est donc nĂ©cessaire d’ajouter au portefeuille une classe d’actifs qui diversifie le risque des actions.
  2. Elles constituent une classe d’actifs : les obligations constituent une classe d’actifs car, dans des conditions normales, elles gĂ©nèrent un rendement du capital, offrent une diversification Ă  un portefeuille d’actions et constituent un marchĂ© très profond.
  3. Il n’y a pas de meilleure alternative : bien que plusieurs segments des obligations aient une rentabilitĂ© espĂ©rĂ©e nĂ©gative en ce moment (par exemple, les obligations d’État europĂ©ennes), il n’y a pas de meilleure alternative pour rĂ©duire le risque d’un portefeuille d’actions.

Chacune de ces raisons est détaillée ci-dessous.

Mise à jour 28/08/2025 : en septembre 2025, après avoir constaté au fil des années que nos clients retirent moins que la moyenne en cas de baisses de marché et qu’ils sont capables d’assumer davantage de risques (grâce à leur formation et à leurs apports périodiques), nous avons augmenté le poids des actions dans les portefeuilles de fonds, et le portefeuille 10 passe à 100 % d’actions.

Il est nĂ©cessaire de rechercher un actif qui rĂ©duise le risque d’un portefeuille d’actions

La principale raison pour laquelle nous n’avons pas de portefeuilles investis Ă  100% en actions est la diversification. En gĂ©nĂ©ral, les annĂ©es boursières nĂ©gatives tendent Ă  l’ĂŞtre pour presque toutes les zones gĂ©ographiques et les actifs Ă  risque, et les baisses peuvent ĂŞtre de l’ordre de 40 % en un an. Très peu d’investisseurs sont capables de conserver un investissement de la totalitĂ© de leur patrimoine avec un tel niveau de volatilitĂ©. Si l’investissement est liquide (comme les portefeuilles de fonds), les investisseurs peuvent succomber Ă  la peur, et vendre au pire moment, gĂ©nĂ©rant un Ă©cart comportemental qui rĂ©duit la rentabilitĂ© pour les investisseurs d’environ 1,5 point de pourcentage par an en moyenne.

Pendant ces pĂ©riodes de chute des marchĂ©s boursiers, on assiste gĂ©nĂ©ralement Ă  un phĂ©nomène de flight to quality ou de fuite vers la qualitĂ©. Dans ces scĂ©narios, les investisseurs se ruent sur les actifs sĂ»rs tels que les obligations d’État, ce qui entraĂ®ne une forte apprĂ©ciation de ces dernières. Le graphique ci-dessous illustre cette corrĂ©lation nĂ©gative entre les actions et les obligations, en montrant les donnĂ©es mensuelles entre l’annĂ©e 2000 et 2021 de la rentabilitĂ© sur les 12 derniers mois d’un indice d’actions globales en euros (indice MSCI World) par rapport Ă  la rentabilitĂ© sur les 12 derniers mois d’un indice d’obligations globales couvertes en euros (indice LEGATREH).

Comme on peut le constater, il existe une légère corrélation négative entre le comportement des actions et des obligations. Cela implique que lorsque les actions montent, les obligations ont tendance à baisser et vice versa.

Chez Indexa, nous cherchons Ă  maximiser la rentabilitĂ© pondĂ©rĂ©e par le risque et Ă  rĂ©duire le biais comportemental de nos clients. Le meilleur moyen d’y parvenir est de crĂ©er des portefeuilles Ă©quilibrĂ©s par classe d’actifs. Nous incluons donc un minimum d’obligations dans nos portefeuilles de fonds, entre 21% d’obligations pour le portefeuille 10/10 et 86% d’obligations pour le portefeuille 1/10.

Pourquoi ce pourcentage de 21% d’obligations dans le portefeuille 10 ?

Pour dĂ©terminer le pourcentage maximal et minimal d’obligations dans les portefeuilles de nos fonds, lorsque nous avons dĂ©fini nos premiers portefeuilles en 2015, nous avons commencĂ© par dĂ©terminer un niveau maximal et minimal de risque (volatilitĂ©). Nous avons dĂ©cidĂ© de travailler avec 10 profils de risque, allant d’une volatilitĂ© d’environ 4% pour le profil 1, le plus conservateur, Ă  13% pour le profil 10, le plus agressif.

Cette volatilité maximale de 13% équivaut à une perte annuelle de plus de 26% avec une probabilité de 95%, ce qui nous semble être un risque suffisant pour les clients les plus risqués de nos portefeuilles de fonds.

Pour atteindre cette volatilitĂ© maximale de 13%, avec les volatilitĂ©s historiques de 2000 Ă  2015, le pourcentage d’obligations requis Ă©tait de 21%. Nos portefeuilles comprennent donc un minimum de 21% d’obligations pour maintenir la perte annuelle en dessous de 26% avec une probabilitĂ© de 95%.

Les obligations sont une classe d’actifs

La dĂ©finition d’une classe d’actifs est sujette Ă  dĂ©bat, mais fondamentalement, une classe d’actifs doit remplir trois conditions:

  • Diversification: la classe d’actif doit offrir une diversification dans le portefeuille, son Ă©volution de prix doit ĂŞtre relativement peu corrĂ©lĂ©e avec le reste du portefeuille.
  • Retour: elle doit constituer une source de gĂ©nĂ©ration de rentabilitĂ© crĂ©dible.
  • Profondeur: elle doit ĂŞtre suffisamment importante pour constituer une part significative du portefeuille.

Dans le cas des obligations, deux sur trois (diversification et profondeur) sont conjoncturellement respectĂ©es pour certains segments tels que les obligations d’État europĂ©ens, mais habituellement les trois sont respectĂ©es :

  • Diversification : offre une diversification Ă  un portefeuille d’actions, par exemple.
  • RentabilitĂ© : offre une rentabilitĂ© Ă  long terme dĂ©rivĂ©e de la gĂ©nĂ©ration de liquiditĂ©s de la part des entreprises ou des gouvernements sous la forme de coupons et de remboursements du principal.
  • Profondeur : les marchĂ©s obligataires europĂ©ens se nĂ©gocient en milliers de milliards d’euros.

Si l’une des trois caractĂ©ristiques n’est pas remplie, il est raisonnable de chercher une alternative, mais il n’en existe pas de meilleure.

Il n’y a pas de meilleure alternative

Cinq alternatives liquides pourraient être envisagées : garder l’argent dans une banque, garder l’argent en billets, inclure des obligations à court terme, ou acheter des matières premières ou des cryptomonnaies. Toutes ces options présentent davantage de problèmes :

  • Argent dans une banque : l’option consistant Ă  laisser de l’argent en banque suppose, premièrement, un certain risque de crĂ©dit (bien qu’en dessous de 100 000 euros, il soit couvert par le fonds de garantie des dĂ©pĂ´ts), deuxièmement, l’argent en tant que tel n’a pas l’effet diversificateur lors de chutes boursières, que peuvent avoir les obligations Ă  long terme (qui tendent Ă  se revaloriser en cas de chute boursière), , et troisièmement, il est de plus en plus courant que les banques facturent les sommes laissĂ©es sur un compte courant (gĂ©nĂ©ralement 0,5 % par an).
  • Argent en billets : cette alternative assure une rentabilitĂ© espĂ©rĂ©e de 0% avec des billets de banque en euros, mais a des coĂ»ts de stockage et de sĂ©curitĂ©, prĂ©sente toujours un risque de vol. Nous ne la considĂ©rons donc pas comme une classe d’actifs car elle n’apporte pas une source de revenu. De plus les devises n’agissent pas comme diversificateur lors des chutes boursières.
  • Obligations Ă  court terme : les obligations Ă  court terme offrent une rentabilitĂ© espĂ©rĂ©e encore plus faible et diversifient Ă©galement moins bien le portefeuille d’actions (elles s’apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement moins lorsque les actions baissent).
  • Matières premières : par exemple, l’or. Les matières premières ne sont pas une solution face au manque de rentabilitĂ© car elles ne gĂ©nèrent pas de revenus, et ont Ă©galement tendance Ă  prĂ©senter une volatilitĂ© plus Ă©levĂ©e que les actions.
  • Cryptomonnaies : nous les excluons pour les mĂŞmes raisons que l’argent en banque ou en billets.

Dans certaines pĂ©riodes, comme en 2021, les obligations Ă  long terme afficheront des pertes, mais n’oubliez pas que cela se produit gĂ©nĂ©ralement en mĂŞme temps que la hausse des actions. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que l’on attend d’un actif diversifiant : il amĂ©liore le couple rendement / risque du portefeuille

Conclusion

Nous pensons qu’il n’y a pas de meilleure alternative que les obligations pour les investisseurs qui ont besoin de rĂ©duire le risque d’un portefeuille d’actions. Pour le moment, la rentabilitĂ© espĂ©rĂ©e de certains segments obligataires est nĂ©gative, mais Ă  un moment donnĂ©, cette situation reviendra Ă  la normale.

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